MARS
Mars est figuré parfois tenant d'une main une enseigne et de Tautre un bouclier ; il est assez naturel qu'on représente ainsi le dieu de la guerre. Par exemple, un type monétaire de Vitellius montre Mars Victor marchant à pas précipités et portant une victoire et une aigle romaine*. On peut citer encore
norum aram T. Flavius Feliz praefectus ex yoto posuit) [an ap. J.-C] ; — VI, a33; — VII, 44^^ (numini Augusti et Genio cohortis); io3o (Genio Domini Dostri et signorum Cob. I Vardullorum).
Oeniusalae; C. /. L.y VII, 5io (Matribus Campestribus et Genio alae primae Hispanorum Asturum... Agrippa praefectus templum a solo restituit).
Citons enfin quelques Génies militaires qui sont des adaptations du Genius locif si fréquent dans les documents épigrapbiques :
Gtnius praetorii; C, L L., VII, 704 (I. O. M. ceterisque dtis immortalibus et Genio praetorii), cf. 4^2 et 7o3.
Geniu8 castrorum legionis; C. I. L.,VIII, aSig (genio castrorum legionis III Augustae).
Genius castrorum peregrinorum ; CL L., VI, 23i (genio sancio castr. pereg.) ; cf. i3o (cette dernière dédicace faite par des milites frumeniarii prés de la troisième borne milliaire de la Via Appia ; l'autre trouvée dans un camp pérêgrin à Rome); ^ XIV, 7 (colonne de marbre au milieu de laquelle est sculpté un édicule sous lequel est un Génie faisant une libation près d*un autel ; au* dessous on lit : Genio castrorum peregrinorum).
Genius stationis ; C. I, L ^ VIII, 10718 (Jovi Optimo Maximo, Marti Victori, diis juvantibus, Genioque stationis Vazanitanae).
*■ Coll., I, p. 26 i, no 73; cf. I, p. 275 [Vcspasien] : Mars portant d*une main une baste et de l'autre une Aigle romaine. Cf. encore III, p. 38o [Caracalla] ; le dieu ne porte pas d'enseigne, il est vrai, mais deux signa se dressent près de lui.
une série intéressante de médailles d'Auguste * : les unes offrent au droit le Génie du peuple romain avec divers attributs et, au revers, Mars Ultor tenant un bouclier et une haste ou lançant un javelot ; dans certaines, le droit restant identique, au revers le dieu est remplacé par les enseignes romaines* ; une fois, c'est Mars Ultor qui est figuré au droit, et les enseignes avec Tautel au revers. Il y a donc échange de ces trois images pour symboliser le peuple romain : les enseignes militaires, la figure de Mars Ultor, le genius*.
GENILS
C'est aussi, à mon avis, le Génie du peuple romain, plutôt que celui de Tarmée, qui est représenté dans un type monétaire de Marc-Aurèle*; par contre, une monnaie de Trajan Dèce nous offre le Génie de l'armée Illyrienne sous les traits d'un homme à demi-nu, coiffé du modius et tenant une patère et une corne d'abondance ; à droite est plantée une enseigne militaire^. Des exemples analogues sont fournis par les monnaies de Claude II, d'Aurélien, de Carin, de Maximin II et de Lici-
niu8^
* Coh., I, p. loi-toa, n®»5o8 à 5i4 [ao av. J.-C.].
» Par exemple n*» 5ii ; revers : sigma p. n. — Aigle romaine avec une couronne dans le bec, entre deux si(^na; autel allumé.
3 Exceptionnellement les enseignes figurent à côté d'autres dieux importants ; ainsi Coh., t. III, p. Sig [Elagab.] lovi conservât. — Jupiter assis tient la foudre de la main droite et un sceptre de la gauche; à ses pieds, un aigle; h droite, deux signa. Du reste, nous avons affaire ici à une représentation divine de Tempercur.
* Coh., l. Il, p. 483 sq. [Marc-Aurèle] le type suivant revient plusieurs fois: le (lénie de l'armée [ou du peuple Romain?] tient une patère et une aigle légionnaire ; ù ses pieds, autel allumé (i5a ap. J.-C).
* /c/., t. IV, p. a35, n" a4, revers (plusieurs variantes).
* Id., t. V, p. 8o; I20, 343; t. VI, p. i, 47.
PROVINCES PERSaNNIFIÉES
Comme on Ta déjà vu à propos des insignes légionnaires, la Dacie et la Moesie sont représentées sous forme de femmes portant des enseignes ; ces étendards, en général, peuvent être assimilés à ceux des légions qui occupent le pays ^ Mais souvent d'autres provinces sont ainsi figurées, sans qu'on puisse déterminer avec précision la signification symbolique du signum qu'elles tiennent ou qui est planté à leur côté; ces figures de femmes porte-enseignes symbolisent les provinces romaines armées contre les Barbares ; elles deviennent banales à partir du n* siècle. Ainsi, à l'époque d'Hadrien, la Pannonie est représentée par une femme voilée, debout, levant la main droite et tenant de la main gauche un signum^; la Cappadoce, par une femme tourelée, qui tient d'une main une représentation du mont Argée et de l'autre un étendard^. Des monnaies d*Antonin le Pieux et de Commode présentent de même la Bretagne assise sur un rocher et portant d'une main une enseigne et de l'autre une haste*. Au i" siècle, les artistes ont plutôt une tendance à représenter les provinces vaincues et conquises par Rome, dans une attitude triste et humiliée ; les étendards figurent à côté d'elles, exceptionnellement du reste, à titre de trophées. Ainsi, dans les monnaies de Titus, on trouve de très nombreux types avec la Judée vaincue et en pleurs, assise sur
^ Voir première partie, chap. III, 4* Exceptionnellement les deux provinces sont figurées avec des vexilles sans numéro ni symbole, par exemple Cohen. t. IV, p. 234, n" 14 el 17 (Dacie).
* Ailleurs la Pannonie tourelée, tenant un étendard de la main droite et relevant de la gauche la draperie de sa robe; Coh., t. II, p. 271 sq. ; c/*. Coh., t. IV, p. 237, 344, 254, etc. [Trajan Dèce]; quelquefois les deux Pannonies sont figurées par deux femmes tournant le dos et portant chacune une enseigne ou par deux femmes se donnant la main, avec une enseigne dressée entre elles deux : Coh., t. IV, p. 237.
3 Coh., t. II, p. i85.
* /(/., t. II, p. 348 sq., t. III, p. io3.
une cuirasse au pied d'un palmier, un trophée est dressé à côté d'elle, mais Tétendard n'apparait que très rarement*. Sous Marc-Aurèle on peut signaler encore le même symbolisme : sur les monnaies de ce prince, TArménie esl figurée assise, dans une pose humble et mélancolique, avec un étendard et un arc devant elle 5. C'est un peu plus tard que commence à se généraliser le type des femmes porte-enseignes personnifiant les provinces, qui n'a rien de commun avec le précédent. Celuici n'est qu'une variante d'un autre type très commun : un monceau d'armes diverses, selon les exemplaires, parmi lesquelles figure souvent un signum, et qui symbolisent un peuple vaincu, indiqué quelquefois parla légende^.