Loiseleur, p
Rappelons d'abord les termes précis d'un article de la première enquête (articulo super quibus inquiretur contra ordinem Templi1) : « Que les chevaliers, dans les diverses provinces, avaient des idoles, à savoir des têtes, dont quelquesunes à trois faces et d'autres à une seule; d'autres possédaient un crâne humain. Ces idoles ou cette idole étaient adorées... Les chevaliers disaient que cette tête pouvait les sauver, les rendre riches, qu'elle fait fleurir les arbres, qu'elle fait germer les moissons; les chevaliers ceignaient ou touchaient avec des cordelettes une certaine tête de ces idoles et ensuite ils se ceignaient avec cette cordelette, soit au-dessus de la chemise, soit sur la peau. »
Voici maintenant la déposition faite en présence de deux évêques par le notaire public, apostolica et imperiali auctoritate, Antonio Sicci (Antonius Sycusl de VerceiF. Notaire des Templiers en Syrie pendant quarante ans, il avait déjà été interrogé, au cours de l'instruction, par les inquisiteurs parisiens.
« Au sujet de l'article faisant mention de la tête, j'ai plusieurs fois entendu raconter ce qui suit dans la ville de Sidon. Un certain noble de cette ville aurait aimé une certaine femme noble d'Arménie; il ne la connut jamais de son vivant, mais, quand elle fut morte, il la viola secrètement dans sa tombe, la nuit même du jour où elle avait été enterrée. L'acte accompli, il entendit une voix qui lui disait : « Reviens quand le temps de l'enfantement sera venu, car tu trouveras alors une tête, fille de tes œuvres ». Le temps accompli, le chevalier susdit {praedictus miles) revint au tombeau et trouva une tête humaine entre les jambes de la femme ensevelie. La voix se fit entendre de nouveau et lui dit : a Garde bien cette tête, parce que tous les biens te viendront d'elle ». A l'époque où j'ai entendu cela, le précepteur de ce lieu (Sidon),