‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 150 sur 198 · Baumeister, Denkmuler, fig · texte numérisé non relu

Baumeister, Denkmuler, fig

Fig. 5. — Statue dite Hestia.

Musée Torlonia à Rome.

la déesse guerrière, précisément parce qu'elle était guerrière'? Pour le démontrer, il faudrait des exemples plus archaïques que l'OEnomaos, le Silène dansant ne pouvant guère être allégué à cet effet. On peut se demander si le geste d'Athéna, la main sur la hanche, n'est pas l'effet d'une sorte de survivance du geste des Korai, chez lesquelles il était motivé par la nature du costume2. Nous avons un exemple d'une Athéna en costume ionien (celle de Bruxelles) qui porte la main à sa hanche. Lorsque, vers 470, le costume dorien tendit à remplacer à Athènes, surtout dans le vêtement de la déesse, la mode ionienne, le geste survécut à la cause et l'on représenta Athéna la main vers sa hanche, puis sur la hanche, dans une attitude qui plut par sa décision et sa « crânerie ». On expliquerait de même que certains artistes de troisième ordre, fondant ou sculptant des figures de petites dimensions comme celles d'Abydos et de la collection Chigi 3, aient simplement transféré le motif des Korai à l'image d'Athéna casquée et armée de l'égide.

Il faudrait donc distinguer : 1° le geste pour ainsi dire utilitaii^e des Korai; 2° l'attribution, rare et sporadique, de

Fig. 6. — Déesse la main sur la hanche. Peinture il 'un vase à figures rouges de slyle sévère {Rép., Il, p. 94.

1. Daus Aristophane {Ecoles., 259), Praxagora, pour déclarer qu'elle prendra une attitude virile, guerrière, dit : « Je mettrai les mains sur mes hauches comme celaa », ÈSayxwviiô <î>8ï. Je dois cette observation à M. Glotz; elle coniirme ce que je dis de l'origiue virile du geste en question, malgré l'exemple de la Hestia Giustiniani.

2. Alors même que le costume ionien est court, que le geste est devenu inutile, l'art continue à le figurer; voir les Caryatides de Tralles et de l'Erechtheion. M. Lechat me signale encore un exemple bien intéressant de cette survivance : c'est une Aphrodite soutenant un miroir {Bulletin de corresp. hellén., 1898, pi. I), où le peplos dorien est soutenu par la muiu gauche, comme s'il s'agissait d'un chiton ionien.

3. Copie romaine, mais probablement copie exacte d'un petit original grec.

ce geste à Alhéna ; 3° la modification légère de ce geste par la suppression des plis du vêtement pinces entre les doigts; 4° l'application pure et simple de la main gauche sur la hanche, influencée peut-être par des figures viriles du type de rQËnomaos.

Le dessinateur italien Politi a publié, de 1826 à 1841, un grand nombre de vases grecs1 ; il en avait dessiné beaucoup d'autres qui sont restés inédits. Un de ses dessins, conservé dans les portefeuilles de Braun à l'Institut de Rome, a été reproduit en 1897 par M. Petersen2 et deux fois depuis d'après la même gravure3. « On y voit une Athéna debout sur une colonne basse, devant laquelle est arrêté un homme barbu, le corps drapé dans son manteau, la main gauche appuyée sur son bâton, la droite levée comme s'il accompagnait d'un geste les paroles adressées par lui à la déesse. Point de doute que nous n'ayons là une statuette votive sur un piédestal. Or, entre cette représentation de statue et la statuette de l'Acropole, il y a une ressemblance évidente... Le dessin nous la montre complète, telle qu'elle se dressait parmi les autres offrandes de l'Acropole. » — « Voilà, concluait M. Lechat, une curieuse et heureuse rencontre; pourquoi n'y en a-t-il point de pareilles plus souvent? Sur quelle amphore peinte retrouvera-t on les bras de la Vénus de Milo?' »

M. Petersen ignorait la forme du vase dessiné par Politi et ne savait pas où il avait passé; sur le croquis, conservé à l'Institut allemand, il crut seulement déchiffrer ces mots : « Presso il signor Granet ». Il s'agit sans doute de Grasset, collectionneur mentionné dans les Céramiques de la Grèce propre de Dumont (t. II, p. 100); un beau lécythe blanc ayant appartenu à cet amateur a passé au British Muséum.

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