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Pline, lbid

Vm ATHÉNA ARCHAÏQUE 381

L'Acropole d'Athènes, placée sous la protection d'Athéna, n'a vraiment pu attendre le milieu du Ve siècle, date présumée de la grande Athéna de bronze dite Promachos, pour posséder une image de la déesse. N'en point élever une en cet endroit, aussitôt que leur ressources le permirent, eût été, de la part des Athéniens, une étrange et téméraire ingratitude1. Or, les textes ne mentionnent, à cette époque, qu'une seule statue d'Athéna, œuvre d'un sculpteur athénien, dont on a tout lieu de croire qu'elle fut sculptée â Athènes : c'est précisément celle d'Hégias.

J'émets l'hypothèse que l'Athéna tigurée sur le vase, de type presque identique à la petite Athéna en marbre de l'Acropole, n'est autre que l'Athéna d'Hégias mentionnée par Pline, et qu'une statue analogue, également du début du ve siècle, fut transférée plus tard à Constantinople, où elle périt en

Dès le xe siècle, un savant grec, Aréthas, dans unescholie sur un discours d'Aristide où il est question de l'Athéna de bronze de Phidias, exprimait l'opinion que cette statue était identique à celle qui figurait à Constantinople devant le Sénat. Aréthas se trompait; la statue en question, qui est bien celle dont parle Nicétas, n'est pas la Promachos, par cette raison, qui dispense de toute autre, que la Promachos, au témoignage des monnaies, avait le bras droit abaissé, tandis que la statue du forum de Constantin tenait le bras étendu. M. Gurlitt, dans un ingénieux mémoire, publié en 1893, s'est trompé à la suite d'Aréthas et a voulu attribuer à Phidias jeune un colosse d'Athéna en bronze du type des Korai. Mais son travail a eu l'heureux résultat d'appeler

1. Alors qu'Athènes faisait remplacer le groupe des Tyruunicides, qu'elle élevait une statue à Zeus Eleuthérios, que tous les Grecs consacraient à Olympie un Zeus haut de cinq mètres! M. Lechat m'écrit qu'il considère aussi comme certaine l'existence d'une grande statue de bronze sur l'Acropole, peu après 479. Si les textes n'en parlent pas, c'est que la grande Athéna de hronze, œuvre de Phidias, fut bientôt seule à attirer les regards.

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l'attention sur le texte de Nicétas et de débarrasser l'histoire de l'art d'une erreur, popularisée par Overbeck, qui faisait figurer TAthéna Parthénos de Phidias, en plein moyen âge, sur le forum de Constantin; on avait mal lu ou mal transcrit la glose d'Aréthas '.

Il serait tentant de supposer, avec M. Gurlitt, que la statue détruite en 1203 était venue d'Athènes à Constantinople, comme tant d'autres, vers la fin du ve siècle après l'ère chrétisnne. Mais M. Théodore Reinach, en 1896, a donné de bonnes raisons de croire que l'Athéna décrite par Nicétas était originaire de Lindos à Rhodes. Elle est décrite, tout auprès du Sénat, par Constantin le Rhodien, sur la colonne même dont Nicétas fait mention :

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Cette provenance, alléguée d'une façon si positive par Constantin le Rhodien, est confirmée par Cedrenus'; ce dernier ajoute que la statue placée vis-à-vis, représentant Amphitrite, avait, elle aussi, été apportée de Rhodes. Le riche temple d'Athéna Lindia, où l'on montrait de très anciennes offrandes, attribuées à Danaos et à Hélène, paraît

1. Gurlitt, Analecta Grsecieniia, Vienne, 1893, p. 101; cf. Rerl. Phil. Woch., 1893, p. 1186; mes Chroniques d'Orient, t. II, p. 208; Peterseu, Rôm. MitlhnL, 1893, p. 350; Furtwœngler, Masterpieces, p. 31-32. — Pour la glose d'Aréthas, publiée d'abord par Aogelo Mai (Overbeck, SchrifLquellen, n° 690), voir une uote décisive à la fin du mémoire de M. Gurlitt, p. 121. Dans le ms. Laur., LX, 3, le lerame 'A0r)vSv x-rçv èXs;?xvt!vï)v ri existe pas: c'est une interpolation du copiste du Vaticaous, n. 1298, ou peut-être d'Angelo Mai lui-même.

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