Cedrenus, p
IÎNE ATtfÉNA ARCHAÏQUE 383
avoir été systématiquement pillé par Constantin pour orner sa nouvelle résidence1. On doit cependant observer qu'un homme aussi instruit qu'Aréthas n'aurait guère pu identifier l'Athéna du forum de Constantin à la Promachos de l'Acropole d'Athènes si la provenance du premier de ces bronzes avait été assurée. En outre, il est certain que Cedrenus s'est servi du poème de Constantin le Rhodien; s'il ajoute que la statue d'Amphitrite provient également de Rhodes, cela peut s'expliquer comme une simple conjecture. Enfin, comme l'a déjà remarqué M. Th. Reinach, Constantin étant rhodien lui-même, on pourrait tirer parti de ce fait soit pour contester son témoignage, soit, au contraire, pour en relever l'autorité. L'hésitation est donc permise; mais il y a tout au moins une forte présomption en faveur de la provenance rhodienne et il y aurait désormais manque de rigueur historique à l'oublier.
L'archaïsme du colosse de bronze vu par Nicétas ressort de sa description, alors môme qu'on modifie un peu avec nous ce qui concerne le geste de la main gauche. Nicétas place la statue sur une colonne ; celle du vase athénien s également une colonne pour piédestal ; c'est un usage bien connu de la fin du vie siècle et du commencement du ve. Les traits essentiels de la description de l'historien grec se retrouvent non seulement sur l'image peinte, mais sur la statuette de l'Acropole (fig. 3), qui est une petite copie en marbre du même original.
Il est vrai que M. Petersen, suivi par M. Lechat. a pensé que la petite copie en question était l'original même que le peintre du vase eut sous les yeux. Assurément, si l'on mesure l'Athéna du vase à l'échelle du vieillard placé auprès, cette opinion pourrait se soutenir, la statuette de l'Acropole n'ayant qu'un mètre de haut environ. Mais je crois cela tout à fait inadmissible. On ne me persuadera jamais qu'un peintre do vase athénien, représentant un donateur ou un fidèle devant une statue de divinité sur une colonne, n'ait