‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 160 sur 198 · Ibid., IX, 30, I · texte numérisé non relu

Ibid., IX, 30, I

L'AMAZONE DE STRONGYLION 389

de Praxitèle, est un artiste appartenant au dernier tiers du ve siècle et au premier tiers du ive. Le fait que ses œuvres étaient réunies à celles de Céphisodote inclinerait à croire que Géphisodote et Strongylion furent contemporains.

Ici, Pausanias donne un renseignement sur Strongylion : « C'était, dit-il, un homme qui sculptait à merveille les bœufs et les chevaux )) (àvâpèç (3ouç xat i'xtcouç àptaxa eîpYaaixévcu). Strongylion était donc célèbre comme animalier ; l'éloge de Pausanias fait songer à des œuvres du Ve siècle, la vache tant vantée de Myron et les incomparables chevaux de Calamis — eqttts semper sine aemulo expressis, comme dit Pline l.

Un cheval colossal, œuvre de Strongylion, était exposé sur l'Acropole d'Athènes. C'était une image en bronze du cheval de bois fabriqué par Athéné pour les Grecs à la fin du siège de Troie; dans son flanc était percée une ouverture à travers laquelle regardaient Ménesthée, Teucer et les fils de Thésée. Pausanias, qui décrit ce cheval, qu'on appelait le cheval de bois, âoûpeioç txxoç, ne dit pas qu'il fût l'œuvre de Strongylion2; mais le scholiaste d'Aristophane nous apprend que la base portaitune dédicace de Chérédème(Xa:péow.o<;EùaYY^su à/. KoîXyjç àv£6Yjx=v) et cette base a été retrouvée sur l'Acropole en plusieurs morceaux3. On y lit non seulement la dédicace mentionnée par le scholiaste, mais la signature de l'artiste : ^TpoYYuA''wv facoftjw». C'est une base longue de 3n,,50 environ. L'alphabet est celui qui fut en usage à Athènes avant la réforme d'Euclide (402); d'autre part, comme le S est à quatre branches, et non à trois branches, l'inscription est certainement postérieure à 446.

On peut préciser davantage la date du cheval de Strongylion grâce à un vers des Oiseaux d'Aristophane. Un messager y parle de murailles assez larges pour que deux chars, attelés de chevaux aussi grands que le cheval donrien, puissent s'y croiser :

i. Pline, Hist. Nai., XXXIV, 71.

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