Marlial, IX, 51 ; cf. Il, 77 et XIV
L'AMAZONE DE STRONGYLION 391
sages, Pline parle d'une statuette d'Amazone en bronze, œuvre de Strongylion, qui était surnommée eucnemos, « aux belles jambes », et dit que Néron la faisait transporter avec lui dans ses voyages'. Il y a d'autres exemples de statuettes de bronze, attribuées à des artistes grecs, dont leurs possesseurs romains ne voulaient jamais se séparer : tels l'Héraklès epitrapezios de Lysippe, qui aurait appartenu à Sylla, et le sphinx d'Hortensius, cadeau de son client Verres'. Ces statuettes étaient évidemment des copies réduites de statues célèbres, auxquelles restaient attachés les noms des auteurs des originaux. L'affection plus ou moins sincère des grands personnages romains pour ces figures explique que l'on ait trouvé, en Gaule notamment, tant d'admirables bronzes de travail grec, certainement antérieurs à la conquête de la Gaule par les Romains. Il suffit de rappeler l'Athéna de Chantilly, découverte en Franche-Comté, les bronzes de Chalon-sur-Saône, à la Bibliothèque Nationale, et l'éphèbe polyclétéen de la collection Dutuit, provenant des Fins d'Annecy en Savoie.
Strongylion étant très estimé comme animalier, on a supposé que l'Amazone de Néron devait être montée et l'on a voulu en reconnaître une copie ou une réplique dans un petit bronze d'Herculanum conservé à Naples'. Ce bronze représente une Amazone sur un très petit cheval qui se cabre; les jambes de l'Amazone sont nues et dépassent de beaucoup la ligne du ventre de sa monture. La structure du cheval et, en particulier, la forme de la tête, accusent une époque antérieure à celle de la frise du Parthénon ; d'autre part, l'Amazone est positivement disgracieuse. Ces caractères ne peuvent être le fait d'un copiste, qui aurait plutôt fait effort pour les atténuer. Je pense donc, avec M. Amelung', que l'Amazone de Naples ne reproduit pas une œuvre de Strongylion, mais un motif remontant au milieu du ve siècle et plutôt dorien qu'at-