Malala, XI, p
raissait compatible avec les témoignages historiques que nous possédons '.
Pour estimer l'importance et l'intérêt archéologique de cette statue, il faut tenir compte aujourd'hui non seulement du torse drapé qui est à Constantinople, mais de la tête de femme diadémée qui est parvenue au Louvre. Or, cette tête présente certains caractères singuliers qui méritent de nous arrêter quelques instants Le plus frappant est le travail des sourcils. Au lieu d être modelés en relief, ils offrent l'aspect de sillons brutalement creusés qui devaient être remplis, comme les orbites des yeux, de quelque substance émaillée. J'ai déjà eu l'occasion de signaler cette particularité de sourcils tracés en creux sur quelques monuments romains attribués à la fin du Ier ou au 11e siècle de l'Empire 2 et j'ai rappelé, à ce propos, que ce qui est exceptionnel dans l'art romain devient larègledansla sculpture palmyrénienne, où les sourcils, suivant l'expression de M. Helbig3, a sont indiqués par de simples courbes entaillées dans la pierre. » C'est bien ainsi que se présentent les sourcils de la tête du sphinxde Baalbek; mais, à ma connaissance, la cavité n'est jamais aussi prononcée, mêmedanslessculpturespalmyréniennes, ce qui fait qu'on n'avait pas encore pensé à y voir, comme nous y incline la tête du Louvre, des stries préparées pour recevoir un émail. Or, les statues palmyréniennes encalcaire datent toutes du nft et du 111e siècle après J.-C. et la proximité de Baalbek et de Palmyre permet a priori d'admettre un rapport de dépendance entre les écoles d'art de ces deux villes syriennes. On entrevoit dès à présent l'existence, aune siècle après J.-C, d'un groupede sculpteurs capables d'exécuter de grands travaux, comme l'étaient sans doute ces statues colossales des temples syriens dont le Zeus de Gaza, au Musée de Constantinople, est un des rares débris qui soient venus jusqu'à nous. A cette école ap-
1. Héliopolis a reçu sod nom grec des Séleucides; ou pourrait donc remonter jusqu'à cette époque pour la date d'une statue de cette provenance. Mon savant maître et ami, M. Heuzey, inclinerait vers cette opinion.