‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 170 sur 198 · Waddington, Inscriptions de Syrie, n · texte numérisé non relu

Waddington, Inscriptions de Syrie, n

évidemment destinée à contenir aussi une matière de couleur*. Ce procédé a été appliqué aux sculptures en ronde bosse et en relief, à celles de pierre comme à celles de métal ; bien plus, il a été étendu parfois à toutes les parties d'une figure, en particulier dans certaines statuettes d'animaux remontant aux environs de l'an 3000 avant notre ère'. M. Heuzey a émis l'opinion que la toreutique grecque et la statuaire chryséléphantine sont sorties, après une longue évolution, de ces procédés de polychromie ou de polylithie chers aux vieux artistes chaldéens. En tous les cas, il est fort curieux d'en retrouver la trace, après plusieurs dizaines de siècles, dans cet Orient où les traditions sont si tenaces et de pouvoir comparer les sourcils évidés d'une tête gréco-romaine à ceux des têtes exhumées dans l'antique palais chaldéen de Goudéa. Les sourcils émaillés, dont on voudrait connaître la couleur, n'étaient pas la seule parure de la tête du Sphinx ; les oreilles sont percées pour recevoir des pendants et l'on aperçoit, sur la raie qui sépare les cheveux, deux trous régulièrement percés où devaient s'insérer des ornements en or Sans doute la tête de la grande statue était plus richement parée encore ; mais le vêtement est d'une grande simplicité, conforme aux belles traditions de l'art classique. La raideur des plis et des refends du manteau, modelés avec un sentiment insuffisant de la nature de 1 étoffe, contraste avec l'indication vraiment délicate de la tunique transparente au-dessous des seins L'auteur de cette statue colossale était bien un indigène, mais un indigène formé à bonne école et plus grec encore que syrien, alors que les sculpteurs des hautsreliefs de Palmyre se sont montrés plus syriens que grecs.

1. Heuzey, La sculpture à incrustation dans l'antiquité chaldéenne, in Slrena Helbigiana, p. 132.

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