‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 2 sur 198 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Je pensais que ce quatrième volume paraîtrait sans préface, parce que le premier essai qu'on y peut lire forme lui-même comme une introduction, un bref exposé de l'histoire ancienne et récente des études auxquelles ressortit — en partie du moins — cette nouvelle collection de mémoires. Mais, au moment où je l'imprimais, paraissait un livre qui démentait fort heureusement les conclusions uu peu pessimistes du début (p. 27). Je voyais déjà la nouvelle exégèse — qu'on l'appelle anthropologique ou sociologique, peu importe, puisque l'homme ne se conçoit pas sans la société — perdre du terrain et menacer ruine sous la double pression de l'exégèse orthodoxe, redevenue agressive, et des dissensions intestines où se complaît, par sa nature même, l'exégèse sans credo. Le chef de l'école sociologique en France a dissipé cette crainte : emicuit Stiliconis apex. Nous devons à M. Durkheim un ouvrage dogmatique de premier ordre qui consolide bien des idées flottantes et en remet au point beaucoup d'autres. Après avoir lu ce livre sans sauter une ligne, j'en ai rendu compte deux fois, d'abord très brièvement, puis avec un peu plus de détail. Ces comptes-rendus ont, à mes yeux, la qualité d'être les échos immédiats d'une lecture sérieuse; c'est pourquoi je me permets de les réimprimer, quitte à y ajouter quelques réflexions.

Revue archéologique, 19 12, II, p. 180 :

Emile Durkheim. Les formes élémentaires de la vie religieuse. Le système totémique en Australie. Paris, Alcan, 1912. In-8, 647 p., avec une carte. — L'idée maîtresse de cet admirable livre — où ce ne sont pas les idées qui manquent — est que le premier rudiment d'État a été une Eglise, dont les fidèles étaient groupés, disciplinés, fortifiés, exaltés au besoin par le culte totémique, le totem étant non seulement l'emblème commun, le signe de ralliement, mais, par les vertus qui lui sont attribuées, quelque chose comme la projection dans le monde sensible du principe actif de l'Eglise- État. Dans le domaine du sacré, opposé à celui du profane qui le pénètre, tout ce qui est individuel est tardif, surajouté; intellectuellement, moralement,

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