Schwegler, Romische Geschichte, t. II, p
2. Voir Mylonas, 'Eçt)(x. àp)jatoX., 1893, p. 218 et Beruoulli, Aphrodite, p. 412.
3. Pline, XXXIX, 16, 23. Cf. Cultes, mythes et religions, t. III, p. 210 sq.
58 CLELIA ET EPONA
comme le faisaient les anciens, de l'établissement d'Evandre dans le Latium, entendant par là une migration ou une influence arcadienne, et cela même alors qu'Evandre n'aurait jamais existé.
Remarquons ici que Denys d'Halicarnasse, qui nous instruit de l'établissement d'Evandre sur le Palatin, delà civilisation introduite par lui dans le Latium, de l'autel qui lui fut érigé près de la Porte Trigemina (I, 32», lui attribue, entre autres institutions, la fondation du culte de Poséidon Hippios (Neptunus equester) à Rome. Poséidon cavalier doit nécessairement avoir eu une compagne ; il est assez naturel de supposer que cette compagne était elle-même une déesse équestre. Or, cette hypothèse peut s'appuyer de certains témoignages explicites relatifs à la mythologie arcadienne. Nous trouvons en Arcadie, à Phénéos, Poséidon Hippios associé à Artémis Hippia ou Heurippa1. Une légende rapportait qu'Odysseus, retrouvant à Phénéos ses cavales égarées, y dédia un temple à Artémis Heurippa et une statue à Poséidon Hippios. Heurippa peut être une corruption d'Euhippa ; quoi qu'il en soit, il est évident que Poséidon et l'Artémis de Phénéos étaient l'un et l'autre des divinités chevalines. La Déméter arcadienne est également chevaline, par exemple à Phigalie, où elle était figurée avec une tête de jument'; à Thelpusa en Arcadie, nous trouvons une Erinys chevaline 3, et nous apprenons l'histoire de Déméter transformée en cavale qui accorda ses faveurs à Poséidon changé en cheval *. Le couple Poseidon-Hippios et Déméter n'est pas seulement mentionné à Thelpusa, à Phigalie et à Mantinée, mais à Pallantion, la patrie même d'Evandre; cela semble résulter d'un passage de Denys d'Halicarnasse 5.
Artémis, Déméter et Poséidon sont des noms donnés postérieurement à des divinités très primitives. La vieille reli-