Rpscber, Berichte der Sachs, Gesellschaft, 1891, p
CLELIA ET EPONA 57
était identique à celle de la Vernis equestri.s d'une époque postérieure*. Mais Vénus estime déesse tard-venue dans le Panthéon romain ; le type de Vénus équestre est bien plus tardif encore, môme dans l'art grec. Cluacina appartient aux litanies des Indigitammta et il est impossible d'imaginer pourquoi une déesse purificatrice aurait été représentée à cheval. Je croirais plutôt que Cloelia (Cluilia) est une épithète dérivée de ciuere, signifiant quelque chose comme inclita, « fameuse » ; la forme Clui/ia doit être rapprochée du nom de Dwlius, où l'on reconnît le mot bellum sous sa forme archaïque dueilum.
Il me semble que l'on peut expliquer facilement l'existence de deux statues archaïques de femmes à cheval tant à Laurente qu'à Rome, et cela sans faire intervenir Y Aphrodite ephippos qui appartient exclusivement à la période la plus florissante de l'art grec, où les exemples de ce type sont d'ailleurs fort rares2.
Pline connaissait à Rome des statues qu'il faisait remonter à l'époque de l'Arcadien Evandre3. Avait-il tort, avait-il raison de les croire si anciennes? C'est là une question qui ne doit pas m'arrêter ici ; le fait est que les savants grecs et romains avaient constaté des analogies remarquables entre la Rome primitive et l'Arcadie, en particulier entre la fête des Lupercales et celle des Lykeia, et qu'ils reconnaissaient des éléments arcadiens dans le rituel romain. L'existence de ces éléments arcadiens est indéniable, alors que le bon roi Evandre peut être aussi légendaire que semble l'impliquer la forme grecqne de son nom (eu œrr,p, le bon homme, opposé au méchant homme, Cacus). Ainsi nous avons le droit de parler,