‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 55 sur 198 · Abel, Orphica, fragm. 236; Lobeck, Aglaophamus, p · texte numérisé non relu

Abel, Orphica, fragm. 236; Lobeck, Aglaophamus, p

tières si obscures pour nous, que les opinions des pythagoriciens, des orphiques et des initiés aux mystères de Dionysos étaient fort semblables à celles des Égyptiens1, il n'est pas étonnant de trouver la même idée en Egypte et dans l'hymne grec au Soleil cité par Proclus. On a d'autres exemples, plus nombreux, de la puissance des larmes divines : ainsi les larmes d'Isis, pleurant son époux, provoquaient la crue annuelle du Nil*; les pythagoriciens disaient que la mer était une larme de Kronos 3 ; Prométhée, en façonnant les hommes avec de l'argile, l'aurait humectée, non avec de l'eau, mais avec ses larmes*. Aujourd'hui encore, comme le faisait observer Lobeck, un excellent vin des environs de Naples s'appelle Lacri/ma Chris ti; il aurait pu ajouter que deux larmes du Sauveur, conservées dans les abbayes de Selincourt et de Vendôme, ont opéré, aux siècles passés, de nombreux miracles5. On peut constater ainsi, à travers les âges, le caractère magique et théurgique attribué au rire et aux larmes des dieux. Il est singulier qu'on en trouve une trace jusque dans la Bible japonaise, le Kojiki, où il est question d'un dieu naissant des larmes du dieu Izenaghi, affligé de la mort de sa mère qu'a brûlée par imprudence le dieu du feu6.

Les dieux, ayant formé les hommes à leur image — nous savons qu'en vérité c'est juste le contraire — leur ont donné la précieuse faculté de rire ; les anciens avaient remarqué que, seuls de tous les animaux, les hommes rient et que le rire est « le propre de l'homme ' » . Mais l'enfant, suivant Aristote, ne rit à l'état de veille que le quarantième jour après sa naissance 8 ; c'est comme une prise de possession

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