Aristote, éd. Didot, t. III, p. 269, 7 et
8. Ibid., t. III, p. 144, 4; cf. Ceusorinus, De die natali, II, 7 (d'aprè3 Varron) ; Pline, Hist. nat., VII, 3.
formelle de la vie. Cet intervalle de quarante jours constituait, dans l'opinion des Grecs, une période critique de la vie humaine à ses débuts1. La longue épreuve subie par la mère comprenait sept de ces périodes de quarante jours, soit deux cent quatre-vingts jours, soit neuf mois de trente jours, plus dix jours. Après la première, l'enfant vit; il vient au monde après la septième; il rit après la huitième, qui marque également, pour la mère, la fin d'un état où le contact des choses sacrées lui est interdit. Il est vrai que la science grecque et la législation romaine admettaient aussi des grossesses de dix mois ! ; mais on convenait, comme d'une vérité d'expérience, que celles de neuf mois sont les plus ordinaires. Lors donc que Virgile écrit, dans sa quatrième églogue :
Incipe, parve puer, risu cognoscere matrem ; Matri longa decem tulerunt faslidia menses... Commence, jeune enfant, à sourire à ta mère; Elle a souffert pour toi dix longs mois de misère...
on peut se demander pourquoi il a choisi le mot decem, au lieu de novem, dont la quantité convenait aussi. C'est, dit un vieux scoliaste3, parce qu'il s'agissait d'un fils et que les garçons naissent au dixième mois, les filles au neuvième. On ne s'arrêtera pas à réfuter cette ineptie, imaginée pour les besoins de la cause. Virgile invite l'enfant à saluer sa mère d'un premier sourire (incipe... cognoscere); d'accord avec le savant Varron, il place le phénomène au quarantième jour aprèsTla naissance, c'est-à-dire au trois cent et dixième jour après le début de l'épreuve, ce qui fait dix mois bien comptés d'ennuis, de fastidia. Cette explication du chiffre decem me paraît évidente ; mais je ne vois pas que les commentateurs de Virgile s'en soient encore avisés *.
1. Voir W. Roscher, Die Tessarakonladen, Leipzig 1909, p. 22.