‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 58 sur 198 · Servius, éd. Thilo, p · texte numérisé non relu

Servius, éd. Thilo, p

4. Un an après la publication de mon mémoire, qu'il ignorait, la lecture de celui de M. Roscher sur les Tetsaraconlades a suggéré la même explication à

La loi commune de notre espèce, c'est que l'enfant vagit et pleure en venant au monde et que le sens de la joie ne se manifeste en lui qu'au quarantième jour'. Un seul homme, disait Pline2, copié par Solin, rit en naissant : ce fut le sage Zoroastre. Virgile, selon Suétone, ne vagit point en naissant et son visage de nouveau-né avait une expression très douce3 ; mais on n'allait pas jusqu'à prétendre qu'il eût ri.

Quelques commentateurs de Virgile, croyant que le poète s'adressait à un enfant nouveau-né, inventèrent une histoire dont on trouve l'écho dans une scholie de Servius \ L'enfant mystérieux, annoncé dans la quatrième églogue, aurait été Saloninus, fils d'Asinius Pollion; il rit en naissant, ce qui fut considéré comme un mauvais présage, et, en effet, il mourut presque aussitôt. Si cette anecdote avait été connue de Pline et de Solin, ils n'auraient pas dit que Zoroastre eût été le seul à rire en naissant. Du fait qu'elle est postérieure au premier siècle de l'Empire, on peut conclure qu'elle est sans autorité.

Un autre exemple du rire rituel est fourni, je crois, par l'épisode de Baubo, dont le nom, suivant Empédocle, signifiait le sein maternel5. Déméter, errante et désolée à la suite de la disparition de sa fille, refusant toute boisson et toute nourriture, est tirée soudain de sa tristesse, dont la nature entière subit le contre-coup, par le geste impudent d'une aubergiste d'Eleusis, la nommée Baubo. Ayant ri, elle accepte déboire le cycéon, breuvage magique dont les anciens ont diversement indiqué la composition, prescrite par la déesse elle-même, et que les initiés aux mystères d'Eleusis buvaient

M. l'abbé Lejay [Revue de Philologie, janvier {912, p. 5 et suiv.); averti par moi, il a loyalement reconuu que j'avais vu la vérité avant lui (ibid., p. 133)

1. Solin, t. I, 72 (éd. Momuisen, p. 21) : Laetitiae sensus differlur in quadragesimum diem.

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