‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 82 sur 198 · lbid., p · texte numérisé non relu

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étaient reçus parmi les Manichéens comme argent comptant1.

Concluons que cette singulière histoire était connue des Évangélistes, ou du moins de Marc et de Jean, qui en ont tenu compte et Font combattue chacun à sa manière, parce qu'ils la jugeaient avec raison dangereuse pour la doctrine chrétienne. Nous voudrions en savoir plus long sur la légende qui trouva ainsi des oreilles crédules dès le milieu du ier siècle, comme plus tard celles de la survie de Néron, de Jeanne d'Arc, de Louis XVII, toutes fondées sur l'hypothèse d'une substitution et rendant inutile celle de la Résurrection, à laquelle s'est attachée la grande Église dans le cas de son divin fondateur. Tout ce que nous pouvons supposer, en l'absence de témoignages précis, c'est que les partisans de la survie de Jésus le faisaient vivre pendant onze ou douze ans encore au milieu de ses disciples; tel serait le fondement de la chronologie d'Alexandre, évêque de Jérusalem vers l'an 210, qui disait avoir tiré ses indications chronologiques des a documents apostoliques » conservés dans la bibliothèque de Jérusalem (naissance de Jésus, 9; baptême, 46; mort, 58)'.

Si la mort de Jésus sur la croix avait été un fait historiquement avéré, on concevrait difficilement que les fils du seul témoin oculaire, du juif cyrénéen Simon, alors établi à Jérusalem, eussent pu trouver la moindre créance en la niant. En somme, ils paraissent avoir affirmé deux choses : que leur père Simon avait été mis en croix par les Romains ; qu'il l'.avait été, par erreur, à la place de Jésus. Le premier fait est sans doute historique, mais importe peu; le second est invraisemblable. Mais les considérations qui précèdent sont loin de venir à l'appui de l'opinion commune sur la crucifixion de Jésus; quelque étrange que cela puisse paraître, antérieurement à la triple version qui l'affirme, nous en distinguons une qui la nie.

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