Voir les textes dans Neutestam. Apokr., p
2. Voir Harnack, Gesch. der Altchristl. Literatur, t. 1, p. 505 et suiv. ; Dobschùtz, Texte und Untersuchungen, t. XI, p. 144.
Une source biblique du Docétisme1.
On sait que l'évangile de Pierre était accusé par les anciens de docétisme*. Dans le fragment qui nous en reste, cette tendance a été signalée au § 4, où il est écrit : « Ils amenèrent deux malfaiteurs et ils crucifièrent le Seigneur entre eux. Mais Jésus gardait le silence, comme s'il ne sentait aucune douleur » (aùxcç oà èotwica o>ç \xrph xovov h/un). Le silence de Jésus — il s'est tu déjà devant Pilate etHérode — accomplit la parole d'Isaïe (lui, 7) : « On le presse et on l'accable, il n'a pas ouvert la bouche ». Plus loin (§ 5), le fait que Jésus ne dit pas : « J'ai soif », comme dans le récit de S. Jean3, a été considéré comme une autre marque de docétisme4. Si, dans l'Évangile de Pierre, on donne au Crucifié du vinaigre et du fiel à boire, c'est pour accomplir les prophéties, non pour répondre à un désir du Crucifié : « Et l'un deux dit : Donnez-lui à boire du fiel avec du vinaigre, et ayant fait ce mélange ils le lui versèrent et accomplirent ainsi toutes choses », Comparez Jean, xix, 28-30 : « Après cela, Jésus, sachant que tout allait être consommé, afin que l'Ecriture fût accomplie, dit : J ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Eux donc, ayant rempli de vinaigre et de fiel5 une éponge et l'ayant mise sur une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche. Et quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli ».
La prophétie visée est un verset du Psaume LXXI, 22 : « Ils m'ont donné du fiel à mon repas et dans ma soif ils