‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 137 sur 345 · Ci^iar. Itell. Hall., VI, 17 (Arlaud-LtmiiUre, p · texte numérisé non relu

Ci^iar. Itell. Hall., VI, 17 (Arlaud-LtmiiUre, p

Saliali caede animanliiim. quat magis quam omarasea pr^ieux de

m qu'il s'agit là d'une loi ou d'une coutume religieuse, sancionnéc parles peines les plus torribles. D'autres textes nous Ipprcnnent que les Gaulois bnUaicnt parfois le butin '; il leur irrivait aussi de le jeter dans dans lies lacs ou des étangs, par xempl^dans ceux des environs de Toulouse, où les Romains, DUS Q. Servilius Caepio en 105, firent une ample ril'colte d'or ild'argenl*. L'opinion commune, que ces étangs servaientde résors aux Tolosates, est naturellement inadmissible. Il no 'est pas moins que ces richesses fussent le produit du pillage te Delphes par les Tectosages ; mais cette légende contient une larl de vérité, en ce sens que l'or de Toulouse, aurwn Totosawm, provenait bien d'expéditions gueriiferes et avait été jeté tans des étangs à cause de son caractère sacré. J'ai déjà fait d>server que la sainteté des dépouilles menace d'un grave téril ceux qui touclient ou s'approprient les objets ainsi retiés de la circulation. Aussi, lorsque Cépion et son armée euent été anéantis on 105 par les Cimbres, attribua-Ion ce déastre au vol sacrilftge de l'or de Toulouse, opinion qui doit yo'iT pris naissance en Gaule et, de là, s'être propagée en talie, où l'on disait que l'or de Toulouse avait porté malheur à DUS ceux qui s'en emparèrent et même à leurs proches. Ce ont là les effets ordinaires de la violation d'un tabou '.

M. d'Arbois de Jubainville a récemment commenté ce tcxle lien connu de Diodoro sur les Celtes * : u Prenant les têtes des ennemis lues, ils les aLtachent au cou de leurs chevaux; ils abandonnent à leurs serviteurs les dépouilles sanglantes de ces morts et emportent comme butin les têtes en chantant leur triomphe et l'hymne do la victoire ". Parmi ces serviteurs, observe justement M. d'.\rbois, il devait y avoir beaucoup de Germains; ainsi s'explique que le mot celtique désignant la

1. C'eit saos doute ci Boleai vouent lea btdk vâennti, t. IV, p. B3.

!. StraboD, IV. I, 13; Justin, XXXll, 3, 9.

3, Plu» lard le» (iauloU, comma Jes ttomaius, eouiervËrenl nu^ai le butin I dei tEinpIe»: cf. Het«t de> Êludts anciennts, I. IV, p. S80 >q. Diod. Sic, V, M, 4. Cr. il'Arbois, Comptei Ttndui de CAcad. des (nier.,

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victoire, 'bheudi, soit devenu l'allemand beule, signifiant le butin. Diodore neditpasà quelles tribus celtiques il fattallusionet le fait qu'il cite ne peut avoir été général, puisqu'il cootredil le témoignage précis de César; toutefois il est permis de le retenir comme un exemple peut-ôtre local de la survivance religieuse qui inspirait aux Gaulois la crainte d'emporter les dépouilles dos ennemis. Dire que ces Gaulois se contentaient de la gloire de vaincre et méprisaient obevaleresquement les fruits mati^rielsde la victoire, c'est se laisserséduire par des idées toutes modernes; pareille chose est d'ailleurs arrivé à Ëngeltiardtqui, dans le passage cité plus haut, altribuail le mi^me désintéressement aux guerriers Scandinaves, qui précipitaient leur butin au Fond des lacs. Nous sommes ici sur le terrain de la superstition, non sur celui de l'éthique. Quand la superstition .s'affaiblit, quand le désir des biens matériels et des richesses prend le dessus, la crainte de toucher au butin cède à la passion de le posséder. Cet état d'esprit est celui des Germains du temps d'Auguste, qui immolent tous les officiers de l'armée de Varus, mais n'hésitent pas à s'enrichir de leurs dépouilles'. Tacite, racontant la campagne vengeresse de Gormanicus, parle à diverses reprises de l'avidité des soldats d'Arminius pour le butin'. Pourtant, ces Germains avaient conservé un souvenir des coutumes ancestralcs, de la consécration des dépouilles par la suspension, comme elle s'était longtemps pratiquée à Rome ; les enseignes de l'armée àt( Varus aviiientété lixées ainsi par Arminius aux vieux chânet de la forêt de Teulobourg*.

Pour conlirmcr et pour préciser ce quia été dit jusqu'à présent sur le caractère sacré des dépouilles prises à la guerre, sur l'aversion religieuse des peuples demi-barbares pour t'cra'

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