Vaie k Qg. rouges {Eiite céramographiqut, t. Il, pi. US
ACTEON
Jupiter liumi(l(; et froid, a pu donner naissance à la tradition d'un chasseur dévor^'î par ses chiens. Je suis surtout frappé de voir (ju(» cette; lutte s'accomplit sous i'intluence de la déesse Artémis-Lune; la lune, comme on sait, joue un rôle important dans les phénomènes atmosphériques... Serait-il téméraire de supposer que la stérilité et les maladies amenées par la canicule aient été personnifiées par les chiens dévorants d'Actéon? » liisum tcneatis. Lenormant et J. de Witte écrivent fçravemetit <|u*Actéon est un emblème du soleil couchant ou
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Kir.. r>. — Le chàliuicut d'Actéon*.
du soleil brumal: il veut faire violence à la chaste Diane, qui n'esl autre que la Lune et que la déesse infernale*. Knlin, voici IV.xéirèse do feu Decharme en 4879, inspirée de celle des mythoj^raphes allemands FI. D. Millier et IVeller : u Actéon est, comme Orion, un héros sidéral et la fui^on donl il meurl semble indiquer qu'il esl identiqueà Sirios. Aoléon, le cliasseur dévoré par sa meule, c'est la constellation même du Chien, qui péril consumée par ses propres feux, qui disparaît à Thorizon en présence de la lune dont elle s\'sl approchée el ilonl elle a lenlé d'éclipser 1 éclat* »>.
Laissons ces belles explication:^ à ceux qui croient pouvoir les comprendre et revenons au mythe lui-même pour lui demander ce qu'il siguilie.
I. V«5o à ti^. rou^^cs^ du Moj^èe de BoMoo. Acl<^o, Artèmis, Ly^sa ^t Zec* *o«t d^sii^no* jvjur dw i a *iTj plions ^S. Reiuach. Hep. dti vases, t. I.p. ±±Si, %y.
ACTëUN 31
Kn cherchant à interpréter la fatilu d'Actéon, c'cst-à-diru k
l.Vaie à Bgnres rouges. ActéoD e*t a>»iUi par «es cbieui eu pr^s* d'ArtémU et d'ua Put) {Élite ciramographique, t. Il, pi. 100).
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la ramener à sa forme la plus ancienne, nous devons d'abord éliminer, comme adventice et banale, l'histoire d'Artémis surprise au bain. Nous avons montré qu'elle n'est pas ancienne et pourquoi cette explication du courroux de la déesse a dû se présenter, parmi beaucoup d'autres, à l'esprit ingénieux et galant des Grecs.
Restent deux éléments qui se retrouvent ensemble dans toutes les versions littéraires : la transformation du chasseur en cerf et le déchirement du chasseur tout vif par ses chiens — une métamorphose et un sparagmos.
Les récits poétiques de métamorphoses ont tous pour ob^et d'expliquer l'affinité de certains personnages de la fable avec des animaux, des végétaux ou même des objets inanimés. Cette affinité, qui va jusqu'à l'identité, esl attestée par des usages rituels ou des représentations figurées; tel est le point de départ de la légende. En vérité, il y a bien eu métamorphose, ou quelque chose d^approchant, quand le culte du laurier, par exemple, est devenu celui de Daphné; seulement, la légende à transposé les phénomènes et attribué la priorité dans le temps à la forme anthropomorphi«)ue qui est, au contraire, le produit d'une lente évolution. Tout récit de métamorphose recouvre et implique la transformation anthropomorphique de l'objet d'un culte; on peut dire que c'est de rhistoire religieuse contée à rebours.
Appliquons ce principe au cas d'Actéon; on en conclura sans hésiter que, dans la légende primitive ou dans le rite plus ancien encore d'oii est née la légende, Actéon n'était pas un chasseur de cerfs, mais un cerf.
Plus tard, avec les progrès de l'anthropomorphisme, il devint un des nombreux héros chasseurs de la fable, objet, en Béotie, d'une vénération mêlée de crainte et d'un culte public dans plusieurs villes. On racontait à Orchomène que la contrée avait été autrefois infestée par le spectre d'Actéon; les habitants consultèreat Toracle, qui leur enjoignit de recueillir ses restes, de les ensevelir avec honneur et de fixer par des chaînes à un rocher — celui sans doute où apparais-
sait le spectre — l'imageen bronzu de ce fantûmc vagabond'. Ji; noierai, à ce propos, que M. Frazer, dans sa grande édition de Pausanias, cite encore, d'après le Dictionnaire des Anliquilés, une monnaie d'Orchomènc, sur laquelle ligurcrait, d'un c6Ié, Arlémis nue, agenouillée pour tirer à l'arc, et, de l'autre, l'image d'Actéon enctiaînée à un rocher. Celle monnaie a été souvent décrite et reproduite, mais toujours d'après un dessin de fantaisie publié par l'abbé Seslini. L'ori> ginal, qui faisait partie de la collection Gousinéry et a passé au Cabinet de Munich, est fort indistinct; mais un exemplaire
Fig. 7. -- L« baiu d'ArlOtiiii*.
meilleur, acquis par le Musée de Berlin, apermis à Friedlacnder de reconnaître, dès 186i', que l'Artémis prétendue nue était velue dune tunique de chasse et que la ligure du revers était féminine, l'indication des chaînes résultant d'une méprise de Sestini. Celte monnaie d'Orchomëne, qui appartient d'ailleurs h l'Arcadie, non h la Béotîe, n'a donc rien à voir avec Actéon'.