‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 257 sur 345 · Mal. XXI. p. i4l · texte numérisé non relu

Mal. XXI. p. i4l

+. S«lmou, Yonnt. p. E3.

S. Ac:. V, p. 41. Uèiuc idée daus la Cliareale-lnrérieure, Mui-z-et, p. Ut, duiB riudre, Astoc. /ranç. 1877, p. 692 (1^ propriétaire qui permettra de fouiller k innauineut perdra uu de aea proches). Daii« la Gironde, il e^l quealiou de tuinulus gardée par des cbiens qui dévoreal ceux i|ui veuleut J toucher {ibid.).

<i. Mia. IV, p, 63. Eu Algérie, Péraud attribue la coueervatiou des dolmeaa moina i la paresse des iudigèuea, « quau respect superstitieux qui est te

■ ours attacbi à ce que la main des paleas a édiUé. • {Ba. l:

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même source : la croyance aux rapports qui exislcraicnt entre elles et le monde des esprits*.

La durée ou plutôt la continuité du culte des pierres est attestée non seulement par les survivances dont nous nous occuperons plus loin, mais par d*autres témoignages que Ton peut classer sous trois chefs :

a) Certains textes du haut moyen âge ;

b) Les transformations et les transferts que les monuments en pierre brute ont subis;

c) L'existence de chapelles chrétiennes, élevées tout auprès de monuments en pierres brutes.

Nous allons examiner ces divers témoignages avant de passer à l'étude des survivances et des superstitions.

a) Les conciles d'Arles (452), de Tours (567), de Nantes (658) condamnent le culle rendu aux arbres, aux fontaines et aux pierres; le dernier même prescrit aux évoques de démolir ou de faire transporter au loin les pierres qui sont l'objet de pratiques idolâtriques". Charlemagne, en 789, ordonne de traiter comme sacrilèges ceux qui ne feraient pas disparaître de leurs champs les simulacres qui y sont dressés et qui s'opposeraient à leur destruction'. En Espagne, les conciles de Tolède fulminèrent, en 681 et 682, contre las veneralores lapidum*. On n a pas signalé d'interdictions do ce genre dans les pays où il n'y a pas de monuments mégalithiques; aussi est-il très probable que les textes en question se rapportent bien aux menhirs et aux pierres sacrées. Encore vénérés de

1. Il s'en faut que ces croyances soient encore vivacesdans toute la France. En 1833, dans un travail sur les monuments celtiques des Pyrénées-Orientales, le maire de Pontella, Jaubert de Réart, dit que ces monuments, jadis si redoutables, ont perdu tout prestige : « Le pâtre de la montagne n'y Toit que de simples cabanes pour lui servir d'abri dans un temps de pluie. »» {Msa. XI, p. 7.)

2. Lapides quos in i^uinosis locis et silvestrihus, daemonum /udificaiionibus decepli, veuerantur, ubi et vota vovent et deferunt^ funditus effodianlur atgue in tati toco projicianfur nhi vnnquam a cul toribus suis inveniri possinl. (Labbe, t. IX, col. 468 )

\. KeyslcT^ Antig. sep tenir ionaies^ Hanovre, 1720, c. Ii ; Ferg. p. 23 sq. ; Mat. \X, p. 320; KIoury, Aisne, t. I. p. 97. 4. Kerg. p. 388.

t.BS JIO.VLMICNTS in: PlEIlBK BllUTK

nos jours, comment ne l'auraicnt-ils pas 616 au vu' siècle? Lukis a copendanl objeclé que, s'il en il'tail ainsi, il n'y aurait plus tant de menhirs dobout aujourd'hui'; suivant lui, les canons des conciles s'appliquaient à des pierres plus petites, analogues à certaines grossières statues en granit trouvées à Gucrnesey'- Il pense que les mcohirs ont été respectés parce qu'on les consiiI(^'rait comme des monuments funéraires ; mais cette dernière opinion est certainement erronée, l'idée que les menhirs sont des tombeaux n'ayant laissé que bien peu de Iraces dans les désignations populaires de ces monuments '■ Quant il l'objection principale de Lukis, elle s'élail déjii présentée aux archéolognes du commencement de ce siècle. Baudouin Maison-Glanche y n répondu ' : « La hache et le fer, dit-il, secondaient les prédications du clergé contre les chênes,..., mais l:i cho*o éhiit plus difilcile à l'égard de»

colonnes Pour en détruire le culte superstitieux, le clergé

fut réduit à placer sur leur sommet des croix que l'on y voyait encore au commencemeni de la Révolution. »

6) Ces « surfrappes n ou •• surcharges » de monuments mégalithiques remontent îi une époquo très ancienne. Sans parler du menhir de Poitiers, dont linscription celtique est encore obscure % on trouve des divinités du panthéon grécoromain sculptées après coup sur le menhir do Kernu?.'. Quelques transformations de ce genre apparlican^nt il une époque tout à fait récente : Schwcigbacuscr a raconté qu'en 1787, îi la suite d'un viru fait par des marchands de bois, on sculpta les douze apôtres en relief sur un menhir d'Alsace dit lireilmulpiti^. En iS5'A encore, une statue de

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