‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 26 sur 345 · Plularqup. Arislide. XI · texte numérisé non relu

Plularqup. Arislide. XI

2. Milllcr-Wienelcr, Denltiiimler, pi. XVII, 183 a;Dic:.dti antiguilét, t. |, p. S3, ag. 86.

dont le souvenir revèl un caractère analogue à ceux de l'Atys phrygien et d'Adonis en Syrie.

La mythologie, qui transforme les rites en mythes, assimile volontiers les mythes à l'histoire et chcrciu! h. le» situer dans te temps. L'evhémérisme n'est pas une maladie du génie grec à son déclin; c'est le principe même de toutes les mytliologies.

D'un événement qui se répète, qui constitue un usage du culte, l'exégî-se demi-savante tire un épisode qui se serait produit une seule fois et, par cet événement unique, elle cherche à juatilier l'existence delà coutume rituelle, du drame rehgieux. Là encore, comme dans les récils de métamorphoses, elle commet ce que les logiciens appellent un kystéron protéron; elle invertit l'onire des phénomènes en plaçant la légende à l'origine du rite. 11 appartient à une exégèse mieux informée d'intiTvertir ce rapport.

En l'espèce, nous conclurons du mythe d'Actéon-cerf au sacrifice périodique d'un cerf, qui s'eiïoctuait dans des conditions particulières; nous savons d'avance que ces conditions

1. Vite à Ogure» rouges du Uusâe SaDtaogttlo à Napl» [RtsuM areMologiqUÊ, 1S4S, pi. 100).

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doivent se refléter dans le récit mythique, parce qu'elles en ont nécessairement fourni le point de départ, et nous croyons possible de les en dégager à la lumière de faits religieux analogues, qui fournissent matière à des rapprochements instructifs.

Les diverses traditions sont d'accorJ pour nous apprendre qu*Actéon a été déchiré tout vif. Ce genre de mort horrible se retrouve dans plusieurs autres légendes, celles de Dionysos Zagreus, d'Orphée, de Penthée*. A Orchomène môme, où Acléon était Tobjet d'un culte, Plutarque nous parle des fêtes dionysiaques dites Agrionia, commémorant le déchirement du fils de Leucippe par les trois filles de Minyas*. Beaucoup de cultes bachiques, pratiqués en général par des femmes, comportaient le même rituel : non seulement la victime était déchirée vivante, ce qui constituait le 3ia(77:aa;ji; ou cjxapayiJLo^, mais elle était dévorée toute crue, ce qui constituait \{ù]xzox^{%* , Le (TxapaYiXG^ et TwiAo^avia vont de pair ; ce sont, à l'époque classique, les survivances d'un môme rituel primitif. Les anciens savaient que ce déchirement et cette manducation de l'animal pantelant s'étaient conservés dans certains cultes par l'eiïet de traditions mystérieuses, dont il ne convenait pas de parler trop clairement — xa-i Tivà àppT;T5v Xsyov, dit Photius*. 11 y avait là une sorte de discipline de l'arcane analogue à celle que s'imposaient les premiers chrétiens lorsqu'ils faisaient allusion à TEucharistie devant les catéchumènes ^ On lit dans les Canons d'Hippolyteia Les catéchumènes devront entendre seulement la prédication... Quant aux mystères de la vie, de la résurrection et du sacrifice, ils sont réservés aux seuls baptisés, à ceux qui appartiennent au

1. Voir d'autres exemples cités dans V Élite céramographique^ t. Il, p. 330.

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