‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 316 sur 345 · Harnack, Mitsion and Ausbreilung des ChrisUnlums, p · texte numérisé non relu

Harnack, Mitsion and Ausbreilung des ChrisUnlums, p

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4h6 LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE LtOî*

« A Lyon, dit il, du temps d'Irénée, il ne parait pas y avoir eu beaucoup de Juifs ; c'est pourquoi Irénée ne semble pas connaître directement de Judéo-chrétiens*, w Le motif allégué est faible, d'autant plus qu'Irénée est très sobre de détails sur Tétat des choses lyonnaises à son époque; mais on voit que la réserve de M. Ilarnack porte seulement sur l'importance de la communauté juive de Lyon, dont il considère Texistence comme assurée.

Je pense que Ton peut apporter quelque précision à cette manière de voir par l'analyse de la fameuse lettre des Églises de Vienne et de Lyon aux chrétiens d'Asie et de Phrygie, lettre dont des fragments considérables nous ont été conservés par Eusèbe*, qui l'avait insérée en entier dans son ouvrage perdu sur les martyrs.

Cette lettre raconte les persécutions violentes dont les chrétiens de Lyon furent l'objet en 177. Ces chrétiens étaient, pour la plupart, d'origine asiatique; mais il y avait aussi parmi eux des Gallo-Romains, entre autres un jeune homme de famille noble, Vettius Epagathus. Ils n'étaient pas pauvres, puisqu'ils avaient des esclaves païens qui les accusèrent et qu'ils offrirent en vain de l'argent pour racheter les corps de leur martyrs ; ils ne vivaient pas retirés et isolés, puisque, au début de la persécution, on les exclut des bains publics et du forum, que jusqu(^-là ils fro(]uontaicnt librement; tous n'exer(;aient pas de petits métiers; l'un d'eux, depuis longtemps établi en Gaule, était un inrdecin phrygien, (jnelque peu visionnaire, nommé Alexandre; un autre, Attalede Pergame, qui passait pour la « colonne » de la petite Kglise, était citoyen romain et parlait le latiîi avec aisance. Leur évéque, en 177, était un vieillard nonagénaire, prédéc(îsseur de saint Irénée, Puthin. Hicn n'autorise à croire que cette communauté fût de formation toute récente, qu'elle fût le produit d'une émigration collective partie de la côte d'Asie*. Au con-

i. HarDiick, ibid., p. 2.

2. Eueèbe, Uist. ecclca., V, 1-3; je cite d'après le texte publié par 0. von Gebhardt, Ac la martyr um selecta, Berlin, 1902, p. 28-43.

3. Ilypolht^que gratuite de Kenan {L'Eghse chrétienne^ p. 467), qui fait par-

t.\ COMHlIN.VL'Th: JL'IVE DIC LYON Kl

traire, le rang assigné, <Ians t'intitule de la lettre, h l'i-'glisc de Vienne, qui est mentionnée uvant celle de Lyon, donne il penser que; le chrislinnisme s'était répandu de proche en proche, remontant la vallée du Hliône depuis Marseille et fondant de petites communautés là où l'existence de synagogues plus anciennes ouvrait un champ et fournissait un public aux prédicateurs. Un des martyrs de l^yori, le diacre Sanctns, était de Vienne; il est probable qu'il gouvernait cette ICglise, plus ancienne, mais moins considérable que celle do Lyon, au nom de l'évfiqnc Potbin. La langue des chrétiens lyonnais était le grec; mois ils devaient aussi parler, comme Irénéc, le latin et le celtique'. On a même cru trouver la trace de latinismes dans la grécité des fragments de la Lettre tran:mis par Eusèbc*.

Les chrétiens de Lyon n'étaient pas nombreux; cela ressort de dilTérenls passages do la Lettre, combinés avec des textes de Grégoire de Tours et des vieux martyrologes, qui ont été soigneusement étudiés par M. 0. Hirschfeld'. Bien quota persécution ait été très violente et très générale, le nombre de ceux qui en soulfrirent fut restreint, quarantehuit au maximum; encore M. Hirschfeld fait-il observer que ce chiffre est probablement trop fort, car certains noms (i/oitUicia et cagnomino) paraissent faire double emploi dans la liste des victimes qu'il lui a été possible de reconstituer.

Une communauté aussi restreinte, comprenant peut-être une quarantaine de familles, pouvait posséder un chef spirituel, un lieu de réunion, une cuisse de charité, un cimetière, mais non pas un abattoir et une boucherie. Or, on ne conçoit pas qu'un petit groupe de chrétiens ail acheté de la viande aux boucheries païennes; c'eût été risquer de manger de la chair qui avait été consacrée aux idoles, de la viande non

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.. IréuCe, C. Haerei., prête ItugUL- celtique.

. Robiuion, Ttxlâ and iludiei, I, [ SUsungjberiehIe de Berlin. 18195. p. 390.

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