Bulletin de la Modèle d'Anthropologie, 1891, p
r.A PBÉTENDCE fl\CE JUIVE (S5
lions qui les cnvironnciil el que riMis du Non) sc^ disliiiffiipnl aussi tii^Uumetilde reux du Midi que lesOermains des Lutins. Il n'y a pas de raco pure; celle des .luifs l'est seulement un peu plus que les aulnes, parce qu'ayant été partout persécutés et forcés de vivre k part pendant de lonf^s siècles, ils se sont moins mélanfiés que les autres i^lémi^nts ethniques au milieu desquels ils ont vécu pen<iant toute l'ère chrétienne. Mais, antérieurement, les Juifs éluient peul-ètro bien moins caractérisés qu'aujourd'liui. Pendant les derniers siècles avant l'ère chrétienne, ils ont fait partout de nombreux prosélytes. Chaque colonie juive s'est recrutée chez les populations ambiantes. C'est surtout et peut-être seulement depuis qu'ils ont été persécutés par les chrétiens que leur type s'est caractérisé et fixé, parce que, dès ce moment, ils ne se sont plus alliés qu'entre eux. »
Cette doctrine est^ peu près conforme h celle cjue Itenun développait en 18^3, doctrine qui a été également soutenue par des hébraïsants comme Loeb et Neubauer, par des
I «ilhropologîstes comme Topinard etRipiey'.
I Prenons les Hébreux au moment où ils paraissent dans l'histoire, bu sortir de la période légendaire, lors de la conqut^te de la Palestine. La Bible nous apprend que celle conquête fut très longue, que les indigènes ne furent pua exterminés et que les envahisseurs épousèrent des femmes du pays'. Ces conquérants de la Palesline étaient unis par un lien religieux et politique ; mais aucun liislorien ne voudra croire qu'ils aient tous été des descendants d'.Vbraham. Admettons-le pourtant, pour faire la part belle aux contradicteurs. De mi'^me que les Francs se noyèronl dans la population celtique et romaine de la Gaule, tout en imposant leur nom au pays qui est devenu ta France, de même l'élément hébreu, supposé homogène, tendit à se fondre dans la lopulation indigène du pays qui est devenu la Judée. Or,
1. Oa trouvera uue biblingrapliie trè* ubooilante liaut le lirre de J -H.Judl, ~ Iê Judtn ail liatic, Berila, 1903, p. !3i.at0.
1. Voir, outre anlres i>«s»age», DcuUroaome, xi, 14; m. Il ; lïiir. 8 ; Jagt», in, 6; Chron., tr, 33.
ni.
4Ô6 La prétendue hACE JtiVE
nous ne savons pas au juste ce qu'était cette population indigène ; mais nous sommes sûrs qu'elle n'était pas homogène, qu'elle comprenait notamment des tribus venues de l'Est, c'est-à-dire de l'Asie, et d'autres venues de l'Ouest, c'est-àdire des îles de l'Archipel et probablement des côtes de Grèce et d'Afrique. Il est possible que les Philistins aient été des Cretois ; c'était déjà l'opinion des anciens et il est à noter qu'un vieux culte du Jupiter crétois existait à Gaza en Philistide. D'autre part, ceux que la Bible appelle les Hittites avaient pénétré en Palestine par le Nord et semblent, d'après les monuments égyptiens, avoir présenté certains caractères du type mongolique. En un mot, le littoral syrien était peuplé par des gens de toute provenance, résidus d'invasions successives venues par terre et par mer'. C'est au milieu de cette poussière humaine que vinrent s'établir les envahisseurs hébreux. Alors même que ces envahisseurs eussent été tous les descendants d'im même père, le mélange ethnique résultant de la conquête ne put avoir rien de commun avec celte famille élargie qu'on appelle une race.
On a voulu parfois découvrir, dans cette macédoine de peuplades placées sous Thégémonie juive vers l'an 1000, les éléments anthropologiques des Juifs actuels; on a dit que le vieux fonds bédouin élait responsable des grands bruns dolirh()('éplial(*s, (|ue les blonds étaient les descendants des Ainorrhéens, les nez épatés ceux des Hittites'. Ce sont là des hypothèses graluites, c.ir nous ne connaissons les peuples indigènes de la Palestincîque par de rares et très insuffisantes représentations sur les monuments égyptiens. Qh" uous dit que le type afliné du Bédouin actuel existât à cette époque? C'est même très invraisemblable, puisqu'il existe aujourd'hui et que, pareil à toute chose humaine, il est le produit d'une évolution.
\. u Mieux nous scrous reust-if^nés sur l'ctat de la Syrie au temps de?; ruuquùtcs égyptieuues, plus il uous faudra coustater le mélange des races el leur morcellemeut presque iufini ». (Maspero, //w/oi>« ancienne des peuples de rOrient, t. 1, p. 148).
2. V. Jacques, daus la lievue des Éludes Juives, Paris, 1893, p. liv.
Los tribus juives sont conduites en captivité; celles d'Israël disparaissent — des rêveurs ont voulu de nos jours les retrouver en Angleterre et en Amérique — celles du royaume de Juda retournent dans lem* patrie. Puis, après Alexandre le Grand, les Juifs commencent à se répandre dans tout le monde méditerranéen (*t font partout des prosélytes; beaucoup de Grecs et d'Asiatiques, c'est-à-dire de gens parlant d'autres langues que l'bébreu, deviennent Juifs et font soucbe de Juifs. Arrivent la guerre avec les Romains, la destruction du Temple, le massacre de centaines de milliers de Juifs, la réduction de centaines de milliers d'autres en esclavage, une dispersion nouvelle des survivants à travers le monde. Malgré la concurrence du cbristianisme, le judaïsme n'avait pas perdu sa force expansive; il y (Uil de nouvelles conversions, de nouveaux mariages entre Juifs et non-Juifs, à tel point que hîs Conciles durent s'en préoccuper à diverses reprises, interdire les mariages mixtes et les conversions au judaïsme. Au viii*' siècle, dans le sud-est de la Russie, une grande partie du peuple turc des Chazares se convertit au judaïsme*. On a prétendu que ces Cbazares étaient la souche des millions de Juifs qui peuplent actuellement la Russie; d'autres veulent qu'ils soient seulement les ancêtres des Caraïtes, Juifs russes qui rejettent le Talmud et ne se marient pas avec les Juifs talmudistes. En réalité, personne n'en sait rien. On ne sait même pas comment s'est formée la grande population juive de la Russie actuelle; si le jargon qu'elle parle incline à croire qu'elle est venue de l'Ouest, c'est-à-dire d'Allemagne, il est, d'autre part, certiiin qu'il y avait, dès le début de l'ère chrétienne, des communautés juives dans le sud de la Russie. Le jargon peut fort bien être une langue commerciale, développée par les nécessités des relations avec l'Europe centrale, et non la langue maternelle de tous les Juifs russes. Toujours est-il que lîi conversion des dur/ares, et bien d'autres conversions moins importantes dont l'histoire n'a pas gardé le souvenir.
1. Voir, sur cette question, un boa article dans le Jewish Encyclopxdia^ t. IV (New- York, 1903).
M Là PRÉTENDUE RACE JUIVE
ont dû introduire dans la masse déjà si confuse de la population juive une foule d'éléments hétérogènes qu'il est absolument impossible de débrouiller.
Vous voyez combien est légitime la conclusion ainsi formulée par M. Topinard : « Les Juifs ne sont qu'une fédération religieuse. Ils ne sont ni une nation ni une race ».
Toutefois, il y a deux faits importants qui ne doivent pas être négligés. Le premier est d'ordre historique : les Juife, longtemps parqués dans les ghettos, soumis aux mêmes conditions d'existence, presque toujours misérables, se sont généralement, depuis mille ans au moins, mariés entre eux ; les conversions au judaïsme, bien que plus nombreuses aujourd'hui même qu'on ne le croit, surtout en Russie, n'ont pu exercer, à cet égard, qu'une faible influence; on peut en dire autant des uniops illégitimes ou clandestines avec des non-Juifs. Le second fait est d'ordre anthropologique. Les Juifs, bien que très différents entre eux, ont cependant un faciès particulier qui permet à tout homme un peu exercé de les reconnaître ; il ne les reconnaîtra pas à coup sûr, mais — l'expérience a été tentée en Russie — il ne se trompera pas plus de trente fois sur cent.
Ces deux faits sont connexes. Les Juifs ne présentent pas un type unique, mais un nombre relativement limité de types, ce qui est un résultat naturel et inévitable de l'endogamie, c'est-à-dire de Thabitude de se marier entre eux. Certains types prévalent dans certains pays, en Pologne, par exemple, ou à Salonique, parce que, malgré la facilité actuelle des déplacements, le gros de la population juive des grands centres s'intermarie et que, dans la lutte pour la vie qui s'établit ainsi entre les types, ce sont tantôt ceux-ci, tantôt ceux-là qui remportent'. Dans cette lutte, dans cette sélection pour mieux dire, les conditions de milieu et de climat exercent naturellement une grande influence. Or, le
1. La même apparence d'homogénéité relative, due simplemeot à Tendogarnie, a été constatée dans certaines vallées isolées des montagnes suisses par Martin {C Anthropologie y 1897, p. 91). Cf. ce que dit M. Mahoudeau des Juifs aif^éricus {bulletin de la Société d' Anthropologie, 1901, p. 543).
l.\ PRETRNruiE HACF. JUIVE «9
milieu et le climal, dans chaipH* pays, sont favorahles ii la prédominance d'un ou de plusieurs types, au Kr^nti lype blond dtins le Nord de l'Europe, au petit type brun sur la Mi^diterpanée. Si donc tant de Juifs anglais ressemblent à des Anglais et tant de Juifs russes à des Busses, cela ne s'explique pas par des unions légitimes ou clandestines entre Russes, Anglais et Juives, mais simplement parce que le milieu anglais est favorable à la production du type ou des types anglais, le milieu russe à la production des types russes. Ces types ne sortent pas de terre, bien entendu, mais ils tendent n prévaloir par suite de l'élimination progressive des autres, qui sont, pour des motifs qui nous écliappent, moins adaptf's au milieu.
Les Américains ont acbeté à des prix élevés nos plus beaux étalons du Percbe ; leur ambition était d'avoir une race de grands cbevaux, alors que ceux du Nouveau-Monde sont petits. Eh bien ! au bout de quelques générations, il n'y avait plus de percherons en Amérique; ils avaient perdu le cnrnctère essentiel de la race, qui est la taille. Le lype indigène avait prévalu.
Après vous avoir cité les percherons, pourrais-je, sans manquer de respect, vous parler des Parisiennes? Que n'at-on dit de ces êtres charmants, spirituels, raffiné-s. qui savent s'habiller comme des reines avec des chilTons et qui marchent comme ne savent pas marcher toutes les reines? Or, les Parisiennes comprennent des femmes de toute provenance — mCmes des Juives — dont bien peu sont nées à Paris, dont aucune peut-être ne compte trois générations d'ancêtres parisiens. Quand on décide une de ces Parisiennes exquises, qui se trouve avoir appris le métier do couturière ou de modiste, îi émigrer aux Ëtats-Unîs, les liltes qu'elle y peut avoir d'un Parisien immigré sont des Yankees, non des Parisiennes; bien plus, au bout do dix ou dou7.c ans, peutêtre plus lût, elle-même a perdu ses qualités de Parisienne, sa grAce particulière et son génie inventif. Il ne faut pus croire que cette action souveraine des milieux soit restée inconnue (iiis anciens; ce sont les modernes qui l'ont méconnue long-
temps. Voici, à cet égard, une phrase bien curieuse que j'extrais de YAgricola de Tacite : « Parmi les Bretons (de la Grande-Bretagne), les uns ressemblent aux Germains, les autres aux Ibères, les plus proches des Gaules ressemblent aux Gaulois, soit par Tinfluence persistante de Torigine, soit que l'île, s'avançant de divers côtés, la nature seule et le climat aient marqué les Bretons de ces caractères variés » (positio caeli cor/jori/ms habitum dedit^). Tacite hésite entre la théorie de la race et celle de Tambiance; mais on voit qu'il est déjà familier avec la seconde et sait que la ressemblance des types physiques peut s'expliquer par celle des milieux.
Le ghetto aussi est un milieu, et un triste milieu, dont rinfluence se transmet par l'hérédité. Parmi les Juifs émancipés de nos pays, fds et parfois petit-fils d'émancipés, on en voit encore dont la petite taille, l'air craintif, la nervosité apparente décèlent l'héritage de longs siècles d'oppression. Ces Juifs-là sont un acte vivant d'accusation contre un régime blasphémateur de l'Évangile, dont le maintien sur quelques points du globe, à l'heure où je vous parle, est une des tristesses et une des hontes de l'humanité.
Honan, en 1883, avait conclu qu'il n'y a pas de race juive, (|iril n'y a pas un typi» juif, mais des types juifs^ Ce grand sni^c îïvait raison. Mais on peut se demander si, avec les sièrles, les Juifs eontinuani à se marier entre eux, ne donneront pas naissance à une vrai(^ race, c'est-à-dire à un gi'oupe d'hommes possédant ce ([u'ils ne possèdent jias encore, certains caractères physicpies conmiuns et bien définis. En théorie, cela serait très «ulmissible. Prenez, comme 1(» disait Uenan, trois cents individus sur le boulevard, enfermez-les dans une \\v déserte et laissez-les s'in/ermari/'r prndant cinc} ^énc'ralions ou davantage; au bout de quelques siècles, un typt» dominant se formera, qui tendra à dominer (le plus en plus, et vous pourrez dire que vous avez créé,