Cf. Foncarl, Bu/l. decorretp. helléii., l. Vil, p
7. Ces ciilles pouvaieot origiuairement être ideollque». On tait par Thu-
LES SYCOPHANTES ET LES MYSTÈRES DE Lt FIGUE 101
lichios est un adjectif, comme par exemple l'^pithMe de Poséidon, hipfiios. chevalin; ces deux épilliÈles. comme mille I autres, sont le produit d'une époque d'adaptation etdesyncré- ' tisme où les dieux du Panthéon grec, enfin constitui^, absorbèrent, en se les partageant, les vieilles divinit(^s animales et végétales, le cheval sacré, ritxoç, comme le figuier sacré, ^iChtys-i, Donc, le démon des Phytalides est le figuier, comme le démon des Ëumolpidos e^ le blé. Le parallélisme est presque complet entre les deux légendes. A Eleusis comme à Hiéra Syké, la divinité féconde est reçue par le héros local et le récompense par le don d'un produit du soi ; à Eleusis comme à Hiéra Syké, on célèbre le souvenir de ce don précieux, qui civilisa les hommes, leur enseigna les rîles sacrés et les nourrit'. Mais I l'analogie ne pouvait s'arrétnr là.
Si la culture du blé suppose le labourage, invention de l'hôte éleusinien de Démêler, Triptolème, la culture du figuier comporte une opération plus délicate et plus difficile, la caprilicalion, encore usitée de nos jours. Le liguier sauvage est un arbre fi lleurs mâles : il était appelé botic, Tpifo;', en Messénîe, et caprificiis, c'est-à-dire « figuier-bouc » par les Romains. Pour faire mûrir les fruits du figuier cullivé, ficus carica, on imagina très anciennement de les soumettre à l'inllucnce des Heurs et des branches du ligriîer sauvage, parce que ces dernières nourrissent des pucerons qui percent de trous la sur-
cydlde et d'aulree auteurs que les Diahia se célébraient bors d'AtbËne» et l'oD eft CDOveou d'en placer le théâtre sur le eoun de l'Iliaiut; mais celle localiaatioQ D'est nullement démonlrée et les Diaitia ont pu (ort bien £tre célébrées â Hiéra Syki (cf. Judekb, Topographie von Alhm, p. 362). Aug. Hommaen n'admet pas la confunion des rlles de Melticbloa aiec les Diaisies, mais il croit à l'eiisli^ncé de Illaisies ruitiqaei, de petites Diaisies à cAlé des grandes \Fate der Sladt Alhen, p. 423).
l.Cr. sur la ualure des bienfaits de Dâmét^r {xipngfips;, (l£a)ia;Apac), Isocr.. Parytg.. 28. On eu disait autant U'Osiris et d'Isis en Egypte IPoucirt, 1, p. IS).
a. Pbus , iv, 2n, 1-3.
LES SYCOPHANTES ET LES S face du fruit cultivé et en facilitent ainsi la maturation'. L'opération, qui comporte de nombreuses variantes, ressemble beaucoup à celle que représentent des bas-reliefs assyriens, où un génie ailé ou un roi-prélro' procède à la fécondation arlilicielle du dattier. Je ne cherche pas à savoir si la capri/icalian est un procédé vraiment utile, ou si ce n'est qu une vieille superstition de jardiniers ; je laisse cette discussionaux botanistes qui ne se sont pas encore, que je sache, rais d accord k ce sujet. Mais ce qui est certain et ce qui importe ici, c'est que pareille opération n'a pu ni être suggérée par le hasard, ni instituée par des raisons théoriques, sous l'influence, d'idées plus ou moins exactes sur la physiologie des végétaux. Toute explication de ce genre impliquerait un anachronisme : la priorité de la science sur la religion. L'opération caprifîque, comme celle de la fécondation des palmiers, est religieuse, et elle a été religieuse, exclusivement rcligieuse.avant de devenir scientîTique. Ce n'est qu'un de ces nombreux exemples de niarriages sacrés, de hiérogamies, instituées par les hommea vue d'accroître et de multiplier les forces naturelles et donti quelques-unes sont restées en usage parce que le hasard voulu que les elTets en fussent utiles'. Si les Grecs ont admis' que le premier figuier cultivé avait poussé et porté des Iruil prés du Céphise, c'est qu'il y avait là un très ancien cnll dont le figuier était l'objet. Avant de devenir article de coi merce, la figue sacrée a dû être réservée à des cér5moni< religieuses, à des banquets solennels; en la mangeant, !■
t. PtlDB, XIV. 21 (trad. LiUrè) : > La figue, leule eolre tous les frutU, arrive d'uoe taqoa merTeilleiiee à la matiirilé... Ou aom^Xle caprifiqut le figuier Bsuvaiie, qui ne mdrit jamaU, inaU qui douue aux autr»» re qu'il n'a pas lui-meiiie. Ce figuier engeadre dea moucberous; ces iasectes volent sur le figuier cullivé et, criblaat de morsures la figue, c'est-à-dire ouvrant les pore* du fruit, ils Introduiseut te soleil et l'air récoodaut. C'est pourquoi dan* Ica plHDtatinDsde figuiers ou place un caprifique aa-deasus du vent, pour qna le sDurfle emporte sur les Qgues le vol de^ mouchepue. Partant de là. on k imagiué d'apporter d'ailleurs des liges de capriQque, de les attacher eusemble et de leâ jeter sur le Sgiiier domestique ..
2. Cf. Kraicr, Early origin ofKingthip, p. ISS. L'eipllcation de ces baa-r«tieh a Ati donuee eo 1SS0 par le prof. Tjlar.
l,ES SÏCOPHAMtS tvr LES MVSTlïRES UE LA FltiUE 107
fidèles croyaient s'assimiler la substance du dieu. Ils avaient donc toute raison de soigner leurs figuiers, de favoriser Ja multiplicaiion do leurs fruits ; ils le firent par dévotion, avant de le faire par intérêt,
L'équivalent, à Eleusis, de ce mariage magique qui conduisit à la découverte de la caprilication sur les bords du Céphise (et sans doute aussi ailleurs), est tout simplement le labourage. On a vainement cherché à découvrir ce qu'on pourrait appeler les oriijines laïquei do la charrue ; il n'y a d'origine laïque pour aucune des grandes inventions, parce que l'humanité, aux débuts de la civilisation, n'est pas laïque, mais entièrement religieuse. Le soc de la première charrue qui laboura les champs rarteus n'était naturellement pas un symbole, car il ne pouvait alors être question de symbolisme; c'était vraiment, aux yeux de ces sauvages d'avenir, l'instrument qui ouvrait le sein de la grande Mère pour la féconder. Le premier savant qui ait dit cela clairement. Hahn, écrivait en (89S<; si les grandes découvertes sont bien anciennes, les premières tentatives raisonnables pour les expliquer datent d'hier.
Ce mode primitif d'hiérogaiiiie passa dans l'usage et, devenant utilitaire, se laïcisa. Mais la magie ne perdit pas ses droits. Elle imagina une nouvelle biérogamie, fondée sur le principe quasi-universeldcla magie sympathique ou imilallve. Le commerce des sexes Tut proposé en exemple aux forces de la nature et censé agir sur elles comme un stimulant. Nous avons trouvé une hiérogamie de ce genre à Eleusis, commémorant l'union charnelle de Démêler et de Kéléos'; quelque chose d'ana-
I, E. HftbQ, Denteler tind Baube, LQbeck, tSS8 (Toïr axaa compte rendu de ee livre (Jani la. Revue erilique, 189», It ,p. ISl). - • P. iS : DU litrrtehfnde VortleUung iil data die Ackererde den Schott der grouen GStlin, der Allmutttrerdc darslillt... Ebeato mird der getchleebUictie Vtrkehr mil dtm Wtibe bei flen G'-iecIten mit der Aeker/lur und dem Pflilgea oerylichen... Daim itl die Khnàdendt Pflugseliaar dai Symhoi d'i Phallus, der den Scliosa der Erde aufrtiat und lit lO iwFruchlbarki.ll miingl ■.
3. Gr«g. Nu., Oral., 39. t ; Sctxil. Ariil,, p. S2. OcméUr demande i K«léo«, p6re de Triptalàme, où eil la Bile; pour obleoir la réponse qu'il sollicite, •lia M doDoe k lui et le rteompense eu outre par la rAfélalloa du bit ((ustà* avraU iitoîitiiiai T^î nnïÛBfui; lôï oTteVi npùtov àt{s)Lw; avïï«Biiiïii Kùtâ t»