Saint-Germaio, n
5. Ibid., uo 27591 (Héron de Villefosse, Revue archéoL, 1883, il, p. 387). e. Ibid,, no 31755.
MEnCUnE TRICKPHALE 16B
Ltiéon classique — tricéphalcs, dieux accroupis, Morcures barbus el serpents cornus; avec les progrès do la romaniBation, qui s'acheva au ir siècle, ces vieux types s'elTacèrcnt devant ceux de l'art gréco-romain'.
Une fois que le dieu tncéi>hale d'un monument ofBciel a Hé assimilé à Mercure, il n'est pas téméraire d'affirmer que tous les tricéplialcB galloromains sont des images de Mercure , c'est- à-dire du dieu indigène que César identifia au Mercure romain et qu il considéra comme le dieu gaulois par excellence, celui qui comptait le plus de fidèles el dont le culte était manifesté par le plus de monuments [phirima simu/acra'). Quelque signification que César ait attachée au mot simu/acrum, il est digne de remarque que, dans la Gaule romaine, les images de Mer cure, tant en pierre qu'en bronze, sont de beaucoup plus nombreuses et plu.s g<!néralcment répandues
que celles de toute aulre " (Côie-dOr).
divinité. A cùté de ces
images, conformes aux modèles romains et qui n'ont de celtique que la provenance, d'autres semblent refléter des con-
i. Ausii me ranKcrais-je à l'opiaioa des saiantaqui plac«at le vaee deGundeilrup aa \" slicle si je crojaU qu'il a été tabriqaè ilaos la Gsule romalDe. Uiii, CD ilebora de la Gaule, lus coaccptionsde la mjUiologie celtique OQt pu durer beaucoup pliu longtemps et même se dËTeiopper. Le costume dec perloonage* lar ii a relieta de Gunde-itrup n'a riea, absolument rien de gaulais.
S, César, Bfll. Gall., Vi, 17, i.
fM
HERCl'RE TRICEPIIALE
ceptions indigènes que nous connaissons seulementpar elles. De ce nombre sont les tric^pliales. Sur toute une si5rie d'autels en pierre découverts à Reims, on voit la triple tête d'une divinité barbue avec trois nez, trois bouches et deux yeux; quatre de ces stèles sont ornées, h la partie supérieure, d'une tète do bélier, attribut do Mercure'. Dès 18S3. Uucher, qui connaissait les Iricéphales de Reims, et croyait même en trouver un sur une monnaie des flemi. proposait d'y voir h Gi^Tjon ou Hermès'. » De tous les Iriciïpitales connus, le plus intéressant est la statuette de bronze d'Autun, également remarquable par l'attitude des jambes croisées, les serpents ou plutôt les poissons h tête de bélier que le dieu lient sur ses genoux et qui l'enlacent, le caractère sacré du torques qu'il porte au cou et de celui qu'il semble oiïrir d ses animaux familiers. L'attitude les jambes croisées, que Bertrand qualiliait de bouddhique et que d'autres ont apjielée plus justement celtique, n'est pas particulière à une seule divinité, puisqu'on la Irouve également prêtée à des dieux et k dos déesses; mais l'animal fanlastiquo à tête de bélier, dont on connaît au moins quinze exemplaires, est bien un allribul Hc Mercure, ou plutAt la représentation zoomorphîque du dieu celtique identifié au Mercure romain. On peut aboutir à cotte conclusion par plusieurs voies, d'abord par celle que nous avons suivie — la tète de bélier étimt un attribut de Mercure dans le bas-relief de Paris et dans la slatucKo d'Autun. On peut aussi alléguer le grand Mercure en relief découvert à Reauvais, dans une niche dont les deux parois latérales sont décorées d'un serpent à léte de bélier*. Mais l'argument le plus décisif est fourni par l'autel de Mavilly (Savigny-Iès-Beaune), où j'ai démontré qu'un sculpteur gallo-romain des premiers temps de l'Empire avait grossièrement reproduit les images des douze dieux telles qu'elles devaient exister à Rome même, sur
l.S. Deinacli, Bronza figurtt, p. ISA.
3. Rewt mmiimatiqite, ]g53, p. 16; cf. ibid., 1S63, p. GS et J. de Wilte. fln>. arehiol., 1S7S, II. p. S8i.