‹ Cultes, mythes, et religions (volume 3)Chapitre 97 sur 345 · ïbid., p. \ elBuiï., 10 et suiv · texte numérisé non relu

ïbid., p. \ elBuiï., 10 et suiv

3. Reinacb, Cuitfa HlusM, p. 7t. CF. le elictié dans Culte», mglAta el religiona, t. I, p, 51, oli j'ai déjà IdentiSé ce tricéphale à Mereare {p. 13).

MERCURE TRICÉPHALK IS3

romainos offrent plus d'un exemple'; mais c'est là corlaincmenl une erreur. Ce que l'on prend, au premier abord, pour les replia du corps d'un serpent, sont les plis du manteau que porte le dieu. D'autre part, comme la t^lc de bélier est fort semblable à celle du serpent k lèle de bélier qui paraît dans d'autres monuments, il est vraisemblable que cet animal fantastique était bien ligure sur le modèle d'après lequel travailla le sculpteur de Lutèce; seulement, au lieu de représenter un serpent, il Ggura les plis dun manteau.

Il y a quelques mois, IVl.

CatnillcJullian m'ayani prié d'examiner de près à Saint- Germain le moulage du tricépbalo do Carnavalet, je crus disiinguer, à ladroile du dieu, une grosse tortue posée sur le sol. Cette partie du bas-relief étant en très mauvais état, je me méGais avec raison de celte " découverte» et je renouvelai à plusieurs reprises mon examen, .^^ujourd'hui. je crois pouvoir afiirmcr, sans hêsilalion aucune, que le dieu tient de la main droite uD sac ou une bourse et qu'un petit bouc, dont on distingue les cornes et la barbe, est couché h ses pieds. Comme il arrive souvent en pareille matière, une fois qu'on a trouvé la véritable lecture de linéaments indistincts,

!. s. Reiuach, Brontei figttrii, p. 193.

Fi((. 2.— Mercurea

!64 MERCURE TRICÉPHALË

on se demande comment on a pu si longtemps la méconnaître. Mais j'ai sous les yeux un croquis dessiné par moi, il y a huit ou dix ans, d*après le moulage, et où la ligne du dos du bouc est très clairement marquée*.

Si la tête de bélier, que le dieu tient de la main gauche, pouvait déjà être considérée comme un attribut de Mercure, le bouc couché à sa droite ne laisse aucun doute à cet égard. II suffit de rappeler un Mercure gallo-romain debout, décorant une des faces d'un autel découvert à Paris en 1784% qui tient une bourse du bras droit abaissé et à droite duquel est couché un petit bouc (fig. 2). Le même attribut paraît souvent sur la droite d'images de Mercure trouvées en Gaule, à Paris même (Saint-Germain-desPrés)*, à Blanche -Fontaine près de Langres*, à Dampierre (Haute Marne)*, à Saint-Apollinaire (Kg. 3)', etc.

Il est donc désormais certain que le tricéphale de Carnavalet a été identifié par l'auteur même de la sculpture au Mercure romain ; c'est une image du Mercure gaulois et cette conclusion prend une importance singulière^ quand on réQéchit qu aucune des figures gallo-romaines qui s*écartent des types classiques n'a pu être désignée avec certitude sous le nom d'un dieu gréco-romain.

La sculpture qui nous occupe est de grande dimension (0",95 de haut) et d'un travail relativement soigné. Elle a fait partie, comme nous le verrons, d'un monument considérable qui existait dans la Cité et qui doit être contemporain des autels trouvés en 1710 sous le chevet de Notre-Dame de Paris, c'est-à-dire du règne de Tibère.

En général, je crois qu'il faut attribuer au i*' siècle de l'Empire tous les monuments gallo-romains de grande dimension où paraissent des images de divinités étrangères au pan-

1. Dans le t. I de Cultes, mythes et religions (1905, p. 73], j'ai écrit que le tricéphale de Paris était escorté d^im bélier.

2. Catalogue sommaire^ p. 33, n. 1225 (Grlvaud, Recueil, pi. XV, 1).

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