‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 10 sur 232 · Cf. Frazer, Pausanias, t. IV, p · texte numérisé non relu

Cf. Frazer, Pausanias, t. IV, p

les récits détaillés des voyageurs qui ont étudié le totémisme chez les sauvages modernes. Toutefois, si l'on se borne aux faits le plus souvent observés chez ces derniers, il est possible de composer une sorte de Code totémiqne dont les articles (usages ou croyances) se retrouvent, en plus ou moins grand nombre, dans les religions des peuples classiques comme dans les autres. Il y a là comme une vérification expérimentale de l'universalité primitive du totémisme; car si l'arbre se reconnaît à ses fruits, il n'est pas moins certain que l'identité originaire des doctrines s'affirme par celle des iisages fossilisés qui en sont les conséquences logiques. Voici comment nous proposerions de formuler le Code du totémisme:

1° Certains animaux ne sont ni tués, ni mangés, mais les hommes en élèvent des spécimens et leur donnent des soins.

Tels sont la vache, le chat, le mouton, l'épervier. etc., en Egypte ; l'oie, la poule et le lièvre chez les Celtes de Bretagne ' ; les poissons en Syrie ^ ; l'ours chez les Aïnos (dont les femmes allaitent parfois des oursons), l'anguille et l'écrevisse à Samoa, le chien chez les Kalangs de Java, l'aigle chez les Moquis de l' Arizona \ Dans les pays helléniques, il y a de fréquents exemples d'animaux tabous que l'on nourrit et qu'on élève en les considérant comme la propriété d'une divinité: tels sont les moiitons consacrés à Hélios, à Apollonie en Épire; les génisses consacrées à Perséphone, à Cyzique*; les souris d'Apollon, à Hamaxitos en Troade ^ ; les ours, les aigles, les chpvaux et les bœufs à Hiérapolis^; les oies de Junon sur le Capitole à Rome, etc. Il est évident que l'idée de propriété divine est secondaire, n'ayant pu naître qu'à une époque où un sacerdoce organisé gérait à son profit les propriétés attribuées au dieu. A l'origine, ce sont des animaux

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