‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 11 sur 232 · Lucien, De Dca Syria · texte numérisé non relu

Lucien, De Dca Syria

totémiques, comme les chiens rouges des Kalangs de Java.

2° On porte le deuil dtin animal mort accidentellement et on T enterre avec les mentes honneurs que les membres du clan.

Il en était ainsi d'un crustacé à Sériphos i, du loup à Athènes -, de la génisse en Egypte'', du bouc à Mendès*, de la gazelle en Arabie, du hibou à Samoa, de la hyène chez les Wanika de l'Afrique occidentale, du cobra à ïravancore '', de la poule chez certaines tribus indiennes de l'Amérique du Sud ". Le fait que plusieurs de ces animaux ne sont pas domestiques, mais malfaisants, exclut l'hypothèse, d'ailleurs invraisemblable a priori, d'un culte de reconnaissance.

3° L'interdiction alimentaire ne porte quelquefois que sur une partie du corps d'un animal.

La Genèse mentionne et explique par une légende l'interdiction de manger le tendon de la cuisse'': Hérodote nous apprend que les Égyptiens ne mangent jamais la tête d'un animal '. Chez les Omahas de l'Amérique du Nord, les membres du clan des Épaules noires ne doivent pas manger de langues de buffle; le clan de l'Aigle ne doit pas toucher à une tête de buffle; le clan Hanga ne doit pas manger de côtes de buffle, etc. " Ces tabous partiels sont des compromis, nés de nécessités pratiques, avec l'interdiction absolue qui est primitive.

4° Quand les animaux qtt'oîi s'abstient de tuer ordinairement le sont sous l'empire d'une nécessité urgente, on leur adresse des excuses ou l'on s' efforce, par divers artifices, d'atténuer la violation du tabou, c'est à-dire le meurtre.

Ainsi s'explique le rituel des Bouphonia à Athènes'"; le bœuf, en mangeant les gâteaux sacrés, va lui-même au-devant

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