‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 115 sur 232 · RiV. archéul., 1880, I, pi. .\I · texte numérisé non relu

RiV. archéul., 1880, I, pi. .\I

.S. Desjardins, Géogr, de la GaitU, t. III, p. 216.

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même qu'une des formes du Pluton celtique identifié par César à Dispater '.

1. Le dieu accroupi est un dieu de l'aboudance, caractère qui convient fort bieu aux divinités infernales. Si le dieu appelé Dispater par César était aussi un dieu de la fécondité et de la végétation, ou comprendrait encore plus facilement qu'il ait parfois été identifié à Silvain.

Tarvos Trigaranus

Un des autels découverts à Paris en 1710, gous le chevet de Notre-Dame, porte, sur ses quatre faces, les représentations suivantes :

1° Jupiter debout, tenant le sceptre de la main gauche levée, vêtu d'une longue tunique qui laisse le côté droit du torse à découvert. Sur le sol, à la droite du dieu, est posé un aigle. Au-dessus de la figure, sur le cadre, on lit lOVIS.

2" Vulcain debout, vêtu d'une courte tunique d'artisan qui laisse à découvert la partie droite du torse, le bras droit tout entier et la partie inférieure du bras gauche: la main gauche tient des tenailles. Inscription VOLCANVS.

3" Un bûcheron, vêtu exactement comme Vulcain, tenant de la main droite levée une hache avec laquelle il s'apprête à porter un coup dans un saule au tronc noueux dont il saisit une branche de la main gauche. Inscription ESVS.

4" Un taureau, portant sur le dos une longue housse {(forsualè) ', debout sous un arbre dont le feuillage est identique à celui que frappe le bûcheron et qui continue ce feuillage. Une grue est placée sur sa tête ; deux autres sont adossées sur la croupe de l'animal. Inscription TARVOS • TRIGA- RAXVS.

Pendant plus d'un siècle et demi, ce monument célèbre (fig. 1-4) était resté isolé dans la série des représentations figurées relatives à la mythologie gallo-romaine. Le Musée de Saint-Germain possède, il est vrai, mais n'expose pas, un

■1. Voir ce mot dans le Dictionnaire des Antii], (article de M. Mowat).

TARVOS TRIGARANUS

petit autel qui reproduit grossièrement les mêmes motifs ; c'est évidemment l'œuvre d'un faussaire. Mais voici un hkj-

I''it;. 1-4. — Les quatre faces de \'aiitel de Notre-Dame.

iiument authentique qui, s'il ne résout pas les multiples j|uestions soulevées par l'autel de Paris, contribue du moins

TARVOS TRIGARAXUS 235

à en préciser le caractère. Il a été découvert, au mois de décembre 1895, sur la rive gauche de la Moselle, en amont de Trêves, sur la route qui conduit à Luxembourg et à Metz par Igel. Données par M. Levinstein au Musée de Trêves, les sculptures qui vont nous occuper ont été moulées en 1896 ; il en existe des reproductions en plâtre au Musée de Strasbourg, au Musée de Saint-Germain-en-Laye et sans doute ailleurs encore. La première publication en est due à M. Lehner'; les dessins qui accompagnent cet article ont été reproduits dans le recueil de Bonn - et dans celui de ITnstitut allemand-*. Pour l'intelligence de ce qui suit, nous publions ici des similigravures d'après les moulages exposés à Saint-Germain (Hg. 5 et 6).

L'autel, en calcaire coquillier de Metz, mesure 2"\20 de haut, et, sur les côtés, 0'",92 et 0'",56 La conservation en est très défectueuse ; il a évidemment été l'objet, dès l'antiquité, de tentatives visant à la destruction des sculptures et 4,e la pierre elle-même. Trois faces sont ornées de ba.s-reliefs ; la quatrième paraît être restée brute, sans que le mauvais état du monument permette d'être affirmatit à cet égard.

Sur la face principale on voit deux personnages debout, de part et d'autre d'un objet rectangulaire faisant saillie. Ici se présente une première difficulté. Cet objet est-il un autel ? M. Hettner, suivi par M. Lehner. veut que ce soit une sorte de coffre ouvert ; il appelle l'attention sur ime saillie horizontale qui pourrait, en effet, être considérée comme la charnière du couvercle. Mais, en mesurant la largeur de ce couvercle, on s'aperçoit que, rabattu sur le coffret, il déborderait assez sensiblement sur la surface verticale. Par ce motif, et d"aprês l'analogie de nombreux monuments gallo-romains sur lesquels figurent de petits autels, je croirais plutôt qu'il s'agit ici d'un autel, muni d'une sorte de parapet peut-être mobile.

Le personnage placé à droite du spectateur est Mercure, tenant le caducée de la main gauche, une grande bourse sus-

1. KoiresponJenzblatt i/er M'cstdeulschen Zeifsihri/l, 181)6, p. 35.

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