‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 120 sur 232 · Claudien, De laud Stilich., I · texte numérisé non relu

Claudien, De laud Stilich., I

8. Maxime de Tyr, Dissert,, VIII. Cf. les textes réunis par Grimm, Deutsche Mythol., 4e éd., t. I, p. 68.

9. Mf» Philpot, ouvr, cité, p. 109, a réuni beaucoup de renseignements sur la conception quasi-universelle de l'arbre cosmique. Elle parait avoir été

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Yggdrasil {askr Yggdrasils) ' est un frêne, le plus grand et le meilleur des arbres, dont les branches s'étendent sur le monde entier et s'élèvent plus haut que le ciel, tandis que l'une de ses racines pénètre jusqu'aux Enfers ■'^. Sur les branches du frêne est posé un aigle, qui sait bien des choses. Entre les yeux de l'aigle se tient l'épervier Vedfolner (bon conseiller?); l'écureuil Ratatôskr bondit le long de l'arbre . . . Quatre cerfs sautent parmi les branches et mordent les bourgeons. Le serpent Nidhug ronge la racine d'Yggdrasil. — Toute cette ménagerie est inexpliquée ; nous ne savons pas à quelles conceptions répondent les hôtes divers d'Yggdrasil. Mais il est difficile, en lisant ce texte obscur, de ne pas songer à l'arbre de l'autel de Trêves. Le bûcheron même, absent de l'Edda, paraît dans quelques légendes de l'Europe du Nord, avec le caractère d'un génie bienfaisant. L'épopée finnoise du Kalevala rapporte ^ comment le dernier des arbres créés, le chêne, sortit du gland magique planté par le héros Wainamoinen. Bientôt l'arbre immense envahit le ciel; son feuillage épais dérobe à la terre la lumière du soleil et de la lune; il arrête, dans leur vol, les nuées légères et interrompt la course des grands nuages. Wainamoinen, épouvanté, supplie sa mère, esprit du vent; celle-ci envoie un esprit des eaux, un

familière aux Germains. Rodolphe de Fulda dit des Saxons païens : Tiunciim ijHoque ligni non parvae magnitudini'! in allum eitclum sub divo eolelianl, patrici eum lingua Ivminsul appellantes^ (juod latine dicitur universalis columna, guasi sustinens omnia {ap. Grimm, D. Mytkol., 4° éd., t. I, p. 97). Cf. ibid., p. 667, où Grimm affirme la parenté de V Irmenseule et de l'arbre cosmique Scandinave.

1. Grimm, t. I, p. 661. Pour les textes, voir K. Simrock, Die Edda, Stuttgart, 1861, p. 16, et Bcigmann, Le Messager de Skivnir, p. 253 (firimnismài, str. 31-32).

2. Virgile, Ceorg., Il, 291, dit précisément la même chose du frêne;

Aesculus in ptimis, (/uac tatituni vorlice ad auras

Aetheriiu^ tanttun radiée in Tartara tendit. Il y a là, sans doute, l'expression d'une croyance populaire; rien n'autorise à reconnaître dans l'Edda l'influence des deux vers des Géorgiqiies (Grimm, op. laud., p. 666).

3. Kalevala, deuxième rune, trad. Léouzon le Duc (Paris, 1897), p. 11; Mr» Philpot, onvr. cité, p. 121.

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nain haut d'un pouce qui, se transformant bientôt en géant, brandit une hache puissante et frappe l'arbre. Au troisième coup, le feu jaillit du tronc et l'arbre s'écroule, ébranlant de sa chute la terre et le ciel. Ceux qui ont recueilli les branches et les feuilles de l'arbre géant sont en possession du bonheur éternel et des secrets de la magie. — La même légende, modifiée dans un sens pratique et réaliste, paraît chez les Esthoniens '. Là encore, le chêne monstrueux est abattu par un nain qui se transforme en géant ; en tombant, l'arbre couvre la mer de ses branches et les hommes se hâtent d'en tirer parti. Du tronc de l'arbre on fait un pont à deux bras, l'un touchant à la Finlande, l'autre à une île voisine. On construit des vaisseaux avec la courone, des villes avec les racines ; ce qui reste du bois sert à élever des abris pour les vieillards, les veuves, les orphelins et enfin — car le poète ne s'oublie pas — une cabane pour le ménestrel.

Si l'arbre des autels de Paris et de Trêves rappelle ainsi, par certains traits, l'arbre cosmique, le taureau divin, associé à cet arbre, fait penser au taureau cosmique qu'on trouve dans plusieurs mythologies de l'antiquité ^. Sans sortir du domaine européen, nous pouvons rappeler le taureau d'airain sur lequel juraient les Cimbres, les taureaux à trois cornes (xp'.xâpa;, à rapprocher peut-être de /;-/^^;-fl««j?) dont on connaît plus de vingt spécimens en Gaule, la fréquence du taureau sur les monnaies celtiques où, suivant la remarque de Lelewel, il ne paraît pas dans les mêmes séries que le lion ^. » De Witte a déjà insisté sur le nom des Taurisci celtiques* et sur la légende du tyran gaulois Tauriscus; il incline à croire que le dieu triple des Celtes s'appelait, à l'origine, Tauriscus. Wankel, dans un travail d'ailleurs peu scientifique, a voulu que le culte du taureau ait été répandu en Europe par les Cimmériens. Le taureau de bronze découvert dans la grotte

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