Maspero, Ilisloire ancienne, t. I, p
TARVOS TRIGARANUS 241
manifester en certaines occasions: il sortait alors du tronc sa tète ou son corps tout entier. » Dans le Livre des Morts, le défunt se trouve en présence du sycomore de Nouit. « Une déesse . . . sortant du feuillage à mi-corps, lui tendait un plat couvert de fruits et de pains, un vase rempli d'eau *. » Une curieuse peinture égyptienne ^ représente Nouit émergeant ainsi à moitié de l'arbre dont elle est l'âme ^. L'art grec offre aussi des représentations de Dionysos svSsvSpoç, tantôt figuré à moitié comme un arbre, tantôt attaché à un arbre comme à sa demeure. J'ai publié, en 18^0, un oracle de la Pythie de Delphes, adressé aux habitants de Magnésie du Méandre qui avaient découvert une image de Dionysos à l'intérieur d'un platane fendu par l'orage ^. « Un surnom de Dionysos, qui nous a été conservé par une glose d'Hésychius, est particulièrement instructif à cet égard : sv5=vSpoç, sapa 'PoSioiç Zsôç %aî û'-ôvo^r»; h Boiutîa. Ici, Dionysos n'est plus seulement la divinité tutélaire de l'arbre : il est dans F arhre ■'. » A Rhodes c'est le dieu suprême, Zeus, qui était è'vSsvSpoç " ; il en fut de même en pays celtique, robora yiuniinis instar barbarici ', Spûç ^•{àK\i.v. Aiôç * — sans que l'on puisse, en Gaule, tracer une démarcation exacte entre Tarbre symbole et l'arbre demeure du dieu.
Une des traditions les plus répandues dans le monde — elle se trouve même en Amérique — est celle de l'arbre cosmique, dont l'Yggdrasil Scandinave est le type le plus connu '.