‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 127 sur 232 · E. R. V. MO · texte numérisé non relu

E. R. V. MO

Schweighàuser m.\t. I, 49*. Ravenez, JII, 129, dicit in bibliotheca Argfntoratensi servari, ubi non inveni. Pro falsa inscriptionem haheo.

Brambach a déclaré faux, sans les avoir vus, le bas-relief et l'inscription. Mais l'inscription n'est pas conforme à la transcription qu'il en a donnée d'après Ravenez. Non seulement il n'y a pas trois points entre les lettres, mais il n'y en a aucun. La lettre V paraît bien encadrée de deux points qui peuvent éveiller l'idée de points de séparation ; toutefois, en regardant de près le moulage, on s'aperçoit que ces points ne sont pas à la même hauteur, qu'ils sont de forme irrégulière et que leur présence est purement accidentelle. Loin donc de chercher des mots dont les lettres E, R, V et le groupe MO

1. Cf. p. Ristelhuber, Dictionnaire du Haut et du Bas-Rhin, Strasbourg, 1865, p. 79; Rev. archèol, 1867, I, p. 159.

2. Voir le Dictionnaire archéologiijue de la Gaule, art. Brumath,

3. Schœpflinus (Jo. Daniel), Alsatia illuslrata celtica romana fraucica. Traduction de L.-W. Ravenez, I-V. Mulhouse (l'crrin), 1849 sqq., in-8.

4. Schweighiiuser, Antiquités du dcfartemeut du Bas-Rhin, I-IIT. Manuscrit in-fol. de la bibliothèque de Strasbourg, utilisé par Brambach (cf. Corp, inscr. rhénan., p. XXV).

seraient les expressions abrégées, il faut admettre que l'inscription est une dédicace au dieu, d'ailleurs tout à fait inconnu, dont le nom se présente ici sous la forme Erumo.

Ce nom de divinité ne figure ni dans le Sprachschats de M. Holder, ni dans V Onomasticon de V. 'de Vit, ni dans les listes de noms celtiques ou supposés tels qui ont été dressées par MM. Creuly et l'abbé Thédenat. Cela s'explique d'autant mieux que Brambach, dans l'index de son recueil, n'a pas renvoyé à Eruvio. Au musée de Saint-Germain, M, Al. Bertrand avait exposé le moulage du bas-relief de Brumath avec l'étiquette : « dédicace au dieu Erumus » ' ; il l'avait rapproché dans la salle XIX, consacré aux monuments de la mythologie gallo-romaine, de l'inscription du buste de Beaumont-le-Roger, qu'il lisait ESVMO PASCNVS- TlCVS, et oh. il reconnaissait un ex-voto « au dieu Esumus » (p. 253, fig. l). Il y aurait donc eu, suivant lui, deux divinités gauloises presque homonymes, Esumus dans l'Eure et Erumus dans le Bas-Rhin.

Cette manière de voir ne peut plus être admise aujourd'hui. Je crois avoir montré que l'inscription du buste de Beaumontle-Roger " doit se lire Esumopas C?iusticus, et que, par suite, le nom de dieu Esumus n'est attesté par aucun document. Reste donc seulement Erumo, forme fournie par une inscription dont la lecture est certaine et dont l'authenticité, quoi qu'en ait dit Brambach, ne peut être raisonnablement mise en doute.

Si Eruvio était écrit en grec, EPrMti, on n'hésiterait pas à y reconnaître l'épithète de Zeus, èpo[i,ôç, signifiant « protecteur » ' et apparentée au mot l'fio;j.a, «rempart» ou «abri ». Mais rien ne nous porte à croire qu'un mot analogue ait existé en celtique. En revanche, nous pouvons citer un certain nombre de thèmes celtiques en -om, -um\ tels sont: Ged-om-

1. Cf. mon Catalogue sommaire du musée de Saint-Germaht, p. 31.

2. Revue celtique, t. XV, p. 413; Bromes figurés, p. 231, no 223.

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