Bronzez f^urci, p
CELTICA 267
Ce qui est absolument nouveau, c'est la physionomie du dieu. Alors que tous les exemplaires signalés jusqu'à présent, au nombre de plus de cent, sont barbus et donnent la même impression que le Jupiter Sérapis de l'art classique', le dieu au maillet de Fionie est un éphèbe souriant, d'un type voisin de ceux de Mercure et d'Apollon.
Comme tous les dieux au maillet ont été découverts en Gaule ou en pays celtique, il semble évident que celui de Fionie est sorti d'un atelier gallo-romain. S'il est imberbe, contre l'usage constant, c'est que l'atelier en question destinait cette figurine à un pays où le dieu du tonnerre était conçu comme jeune, tandis que la Gaule centrale, comme l'Italie et la Grèce, se le figuraient sous les traits d'un homme fait ou d'un vieillard.
La découverte du vase de Gundestrup, de fabrication indubitablement Scandinave, très différent de tous les produits gallo-romains ^, nous a fourni la preuve que plusieurs conceptions mythologiques de la Gaule romaine se retrouvaient dans la mythologie du Nord. Il y a, toutefois, une différence importante et de même ordre que celle que nous avons signalée : le dieu accroupi, à cornes de cerf, est imberbe sur le vase de Gundestrup ^, alors qu'il est barbu dans les monuments gallo-romains*.
Les archéologues qui se sont occupés avant moi du dieu au maillet, notamment M. Gaidoz ", ont insisté sur l'analogie de ce type avec celui du dieu Scandinave ïhor. S'ils ont raison, l'assimilation a dû être faite dès l'époque romaine ; les Scandinaves auront reconnu Thor dans le dieu tonnant des Gaulois, comme une autre de leurs divinités, dont nous ignorons le nom, dans le dieu gaulois cornu et accroupi, Cernunnos. Mais si le Thor Scandinave était conçu comme un éphèbe, les
1. La divinité de la stèle jde Nolay est certainement féminine: c'est la parédre du dieu au maillet (Bronzes figurés, p. 171).
2. NoMiske Fortidsviinder, t. II (seule publication complète).