‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 141 sur 232 · Ibid , pi. IX · texte numérisé non relu

Ibid , pi. IX

4. Bronzes fif^uràs, p 185 et suiv. — On connaît, il est vrai, un exemple du dieu accroupi imberbe, la stèle de Vandœuvres (Bronzes figurés, p. Và^'l) ; mais c'est un dieu enfant.

.5. Revue archéol., 189<J, I, p. 172, 176.

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images du dieu au maillet fabriquées en Gaule ne pouvaient convenir aux habitants du Danemark; on comprend, dès lors, qu'ils en aient commandé une variante imberbe à leurs fournisseurs gallo-romains •.

Mais ïhor était il conçu sous les traits d'un éphèbe ? Dans

Fit;. 2. — Bas-reliuf du Musée de Besançon.

la mythologie germanique de date récente, la seule dont nous ayons quelque connaissance directe, Thor est un dieu jeune, ])()iirvu d'une barbe rousse'-. On jieut douter que ce dernier

1. f-'existence de ces « fournisseurs },'allo-romains > est mise liors de doute par la découver'e, faite au Vestmanland, d'un vase de bronze avec dédicace à Apollon Grannus (Montelius, of. /ami., fig. 212), comme aussi par celle de plusieurs objets émaillds de fabrique gallo-romaine (Montclius, <■/. laud.. p. 160).

2. Mogk, ap. Paul, (r'i iimiiiss, t. I, p. 1032 : « Von gros.ttm U'ui/is', schiinein Aiitlilz, jutig .... iihaail nher util totem /Sart^ > L'identification de Thor

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trait soit primitif; on peut aussi faire observer que l'art antique ne prête jamais de barbe aux dieux juvéniles et que, par suite, alors même qu'un Danois eût « commandé - en Gaule un dieu au maillet jeune, mais barbu, l'artiste n'aurait pu le satisfaire sans créer un type analogue à celui de Jésus adulte, cont l'art gréco-romain n'offre pas d'équivalent. Sur le vase de Gundestrup, il y a des personnages barbus et des personnages imberbes ; les premiers sont tous des vieillards, les seconds des hommes dans la force de l'âge. Même le dieu qui lutte avec un lion, reproduisant le motif classique d'Hercule qui combat le lion de Némée, est imberbe. Il semble donc qu'à une époque antérieure aux textes qui nous restent, les hommes du Nord aient considéré la face imberbe comme un attribut de la force et de l'activité divine. Évidemment, ce ne sont là que des hypothèses ; je demande seulement qu'on veuille bien reconnaître l'importance du nouvel élément qu'introduit la découverte de la statue de Fionie dans la question du Thor germanique et de ses rapports avec le Sucellus gallo-romain.

Par la même occasion, je crois utile de présenter à nos lecteurs un bas-relief du musée de Besançon, de provenance comtoise imprécise, qui a été publié par M. A. Vaissier sons ce titre un peu singulier; Une figuratijii inédite des dieux Mânes (fig. 2) '. Il s'agit d'un groupe comprenant, à gauche, une femme drapée qui tient un vase, à droite un homme en blouse, le bras gauche levé et tenant un vase dans la main droite. La comparaison de ce bas-relief avec celui de Sarrebourg- prouve que le couple représenté est celui de Sucellus et de Nantosvelta. Les deux mêmes personnages, non plu.s debout, mais

avec Jupiter et Hercule ne nous .ipprend rien sur son type phj'sique ; toutefois, lorsqu'on lit dans Adam de Brème (IV, 26) ; Thar ciiin sceftro yovtin siiniilare videhir, ou pourrait conclure de là que l'analoj^ie entre les deux dieux tenait moins à leur apparence qu'à leurs attributs. Mais que vaut un texte d'Adam de Brème ?

1. .)/t'«. de la Sor. d'ému', du Douhs, 189.T (t. X), p. 315.

2. Bien gravé dans le Guide illustré du Musée de Stiint-Gerinain^ fig. 52 ; cf. plus haut notre mémoire Sitcetlus el Nantosvelta.

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assis, paraissent sur une stèle découverte en 1895 à Vertillum par la Société archéologique du Ciiâtillonnais '.

Fig. 3. — Dieu au maillet imberbe, découvert en Belgique.

1. Rev. archéoh, 1900, I, p. 142. — Voici la liste des dieux au maillet dont j"ai eu connaissance depuis la publication des Bronzes figurés où j'en ai dressé la liste : Cher (?) Musée de Bourges. Statuette de bronze, Métn. de la Soc. des Antiq. du Centre, t. XXI, pi. III, p. 11. — Cô/e-d'Or. Bas-relief de l'ancienne collection Baudot de Pany-Ia- Ville, au Musée de Beaune. Femme assise tenant une corne d'abondance, à côté du dieu barbu assis tenant vase et maillet. Moulage ;\ Saint-Germain, n» 350.58. — Bas-relief, décrit plus haut, de Vertillum. — Statuette de bronze trouvée à Nuits, vendue à Dijon avec la collection Baudot, aujourd'hui chez moi. — Marne. Terre cuite blanche de la collection Habert à Reims : partie supérieure de la statuette d'un dieu barbu tenant un maillet. On en a signalé de semblables à Bourg et à Cologne (Siill. de la Soc. des Antiquaires, 16 mai 1900; Rev. <!/-<-/;., 19011,11, p. 461). - Nièvre. Bas-relief; dieu assis avec chien {Bull, Soc. Antiquaires, 13 mai 1903). — Haute-Saône. Statuette en bronze au Musée de Chalon-sur-Saône; le dieu lie t les bras abaissés. — Savoie. Partie supérieure d'une statuette de bionze trouvée à Viuz (Marteaux et Le Roux, Voie romaine de Boutae à Aquae, Annecy, 1901, p. 41, fig. 4). — Alsace-Lorraine. Stèle de Sarrebourg au Musée de Metz, avec Sucellus, Nantosvelta et un corbeau (AVy. celtujue, 1895, p. 45). — Suisse. Statuette de bronze à la Barfiisslerkirche de Bile (Musée d'antiquités). [Les statuettes énumérées ci dessus et quelques autres ont été gravées dans le t. III du Kéfertoire de la Statuaire (1904), p. 6-9, 227.]

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Addition au précédent article.

En 1904, M. L. Renard a publié, dans les Annales de la Société d'arcliéohgie de Bruxelles (t. XVIII), une statuette de bronze découverte dans le pays des Trévires, à Foy près Bastogne, où il a très justement reconnu le dieu au maillet, revêtu de la dépouille d'un loup (fig. 3). C'est le premier exemplaire de ce motif que l'on signale en Belgique. Or, ce dieu est imberbe, comme celui de Fionie. M. Renard, entrant dans ma manière de voir, se demande si, dans le pays des Trévires, le Dispater des Gaulois n'était pas conçu comme une divinité plus jeune qu'ailleurs. Il rappelle, à ce propos, une statuette publiée par M. Cumont, au type de Mars Ultor, qui a été découverte à Quevaucamps en Belgique et qui, détail exceptionnel, offre un menton glabre. Il n'y a aucune témérité à admettre que les types des divinités gallo-romaines se soient accommodés aux modes et aux légendes régionales ; celui du Sérapis alexandrin n'a-t-il pas subi une transformation analogue sur le sol gaulois, en revêtant la blouse ou caracalla celtique ? C'est d'un atelier du nord-est de la Gaule, de la Belgique actuelle, que proviendrait le Dispater imberbe du Danemark ; il ne serait même pas nécessaire d'admettre qu'une statuette imberbe de ce dieu eût été commandée à un atelier celtique par un Danois.

La Religion des Calâtes

11 est généralement admis que les Galates d'Asie Mineure, à l'époque im^périale, avaient tout à fait oublié la religion de leurs pères. Voici comment s'exprime à ce sujet M. Mommsen-:

♦ Une bonne partie des Galates, appelés Gallo-Grecs par les Romains dans les dernières années de la République, devait descendre des Phrygiens qui habitaient autrefois la contrée. Ce qui est plus important, c'est que la religion tics vivace dans le pays et le sacerdoce local n'ont rien de coniinnn avec les institutions sacrées des Celtes d'Europe. Non seulement la Magna Mater, dont les Romains, à l'époque d'Annibal, demandèrent l'image sainte aux Tolistobogii qui la leur envoyèrent, était d'origine phrygienne, mais encore les prêtres de cette divinité appartenaient presque tous à la noblesso galate ^. »

Dans le passage célèbre où Plutarque raconte l'histoire de l'héroïne galate Camma*, il dit que le prestige de cette femme était encore rehaussé par le fait qu'elle était prêtresse d'Artémis, divinité que les Galates ont en vénération particulière : STtffa-.e^xépav S' a'JTYjV jroisi v.ot tô t?,i; "Af,Tî[itôoç lépsiav elvst, v [j.â).'.OTa r7.X7.Tct lêoo'.ai. La suite du récit mentionne un temple, avec un autel et une image de la déesse: nous sommes donc en présence d'un culte, sinon hellénique d'origine, du moins hellénisé, et où rien ne rappelle les pratiques religieuses attribuées par les anciens aux Celtes de l'Europe.

1. [/\evue Cfltiijue. 1895, p. C61-267. J'ai remanié cet article.]

2- Mommsen, Histoire romaine, tiad. Cagnat et Toutain, t. X, p. 115.

3. Pour des exemples, voir Pcriot, Exploration de la Gaiatie, y. 185.

4. Plutarque, De Muliaum virlutibus, XX (éd. Didot, p. éil8'.

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