‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 167 sur 232 · Lucain, Pharsale, VIII · texte numérisé non relu

Lucain, Pharsale, VIII

4 Plutarque, Pompée, LXXIX.

308 LE VOILE DE L'OBLAïlON

berté romaine et du Sénat. César, à la différence de Pompée, commença par lutter contre ses assassins en poussant de grands cris; puis, dit Plutarque, quand il vit Brutus lever son poignard sur lui, il ramena sa toge sur sa tète et vint expirer, frappé de coups, près du piédestal de la statue de Pompée*. César aussi, quand il se sentit perdu, mourut en Décius -.

Du rite romain du voilement de la tête, il faut, je crois, rapprocher celui du voilement de la main droite, qui est attesté dans le culte très ancien de Fides. En sacrifiant à cette divinité, on se couvrait la main droite d'un voile blanc ^. « C'est, dit Servius, parce que la Poi doit être secrète et voilée. » — « C'est, dit un savant moderne, parce que la Foi doit être pure et sans tache*. » Cette dernière explication approche seulement de la vérité ^ Fides est comme la personnification de la main di;pite, d'oix la formule de serment per Fideni, f>er liane dextrain. La main droite qui se tend vers elle doit non seulement être pure et sans tache, mais consacrée. Le sacrificateur fait l'oblation de sa main, oblation, il est vrai, toute symbolique ; mais l'histoire légendaire de Rome n'offre-t-elle pas un exemple, celui de Mucius Scaevola, où la main droite d'un héros avait été consumée par la flamme sur l'autel où il engageait sa foi de Romain"?

Arrivés à ce point, nous voudrions remonter plus haut en-

Page 1