Wissowa, a/. Roscher, Lexikon der MythoL, art, Fides
5. Le voilement de la main droite et du pied droit païaît avoir été pratiqué, en Grèce, dans quelques cérémonies d'initiation ; cf. Photius, Lexiknn, s. v. y.f/cc/'j'jv. 11 y a trace d'un voilnnent du ventre dans les mystères de Samothrace (Schol. ApoU., Argon,, I, 917).
0. On ne peut alléguer le passage d'Eschyle sur le sacrifice d'Iphig(!me (Agam., 233), parce que les voiles convenaient toujours à une jeune fille.
core et savoir pourquoi le voilement répond à l'idée de la dévotion. Mais ici, plusieurs hypothèses sont possibles et le terrain se dérobe. On peut dire, d'une manière générale, que le voile convient aux choses sacrées, parce qu'elles sont «mises à part » pour les dieux, réservées à leur usage, et, en conséquence, isolées du monde. Peut-être aussi, à une époque très ancienne, les victimes humaines étaient-elles sacrifiées avec un voile, comme on voile encore, dans certains pavs, les condamnés à la peine capitale' ; mais les textes classiques sont muets à cet égard. On songe plus volontiers à la corrélation qui existe encore aujourd'hui entre la purification, la pénitence et le deuil. Quelle que soit, d'ailleurs, l'idée première, on ne s'étonnera pas qu'elle ait suggéré des idées accessoires, une fois que le voile fut devenu comme l'emblème de la consécration religieuse. Ainsi, dans les mystères, le voile semble symboliser l'obscurité de la nuit où s'opère la purification, à laquelle la lumière de l'initiation doit succéder. On sait qu'à Eleusis les initiés passaient subitement d'une obscurité profonde et pleine d'angoisses à une clarté radieuse '-. Dans les initiations privées, comme le prouvent le vase pubïlé par la comtesse Lovatelli ' et un curieux épisode des bas-reliefs en stuc de la Farnésine*, l'obscurité, au moment de la purification, était obtenue à l'aide d'un voile''. Ce rite semble avoir passé dans le christianisme primitif. A Jérusalem, le candidat au baptême était exorcisé la lète couver le et les yeux voilés ; c'est ce qu'affirme expressément saint Cyrille ^ Junilius, au vi» siècle, dit que le catéchumène.
1 C n voilait, dans l'ancienne Rome, les condamnés à mort (Liv , I, 26 ; Cic , Rabir., 4 : Ciiptit n/mubito.)
2. Voir les textes réunis par Lobecl;, Aglaophamus, p. 5!) et suiv.
ii. Biillettino délia commisswne nrcheologica camujiale, 1879, pi. II-ÏII.