Matth., XXVIII
4. Bossnct, Défense de la /ratlition, éd. de 1846, t. VIII, p. 301.
Hadrien, et que les chrétiens l'avaient empruntée non aux Juifs, mais aux Livres Sibyllins, forgés par un imposteur sous le règne d'Antonin le Pieux. A quoi Bossuet répond : 1° Que rien, dans le discours d'Akiba, ne marque que la prière pour les morts fût chose nouvelle ; 2 ° Qu'on la trouve, avant l'Evangile, dans le second livre des Macchabées.
Il faut nous arrêter un instant sur ces deux témoignages, en préciser la signification et la date.
Voici la tradition relative à Akiba, telle que Bossuet l'a exposée d'après une traduction latine':
« Un jour, Rabbi Akiba se promenant rencontra un homme « chargé de bois ; et le fardeau était si pesant qu'il excédait <• la charge d'un âne ou d'un cheval. Rabbi Akiba lui demanda « s'il était un homme ou un spectre ; l'autre répondit qu'il > était un homme mort depuis quelque temps et qu'il était ' obligé de porter tous les jours une pareille charge de bois « en Purgatoire -, où il était brûlé à cause des péchés qu'il « avait commis en ce monde. Rabbi Akiba lui demanda s'il « n'avait point laissé d'enfants, le nom de sa femme, de ses « enfants et le lieu de leur demeure» Après que le spectre eut <■ répondu à toutes ces questions, Rabbi Akiba alla chercher « le fils du défunt, lui apprit la prière qui commence par le « mot Kadiscli, c'est-à-dire Sdiiit, et qui se trouve dans les « rituels des Juifs, lui promettant que son père serait délivré ■» du Purgatoire s'il la récitait tous les jours. Au bout de « quelque temps, le défunt apparut en songe à Rabbi Akiba, '■ le remercia et lui dit que par ce moyen il avait été délivré « du Purgatoire et qu'il était dans le jardin d'Iîden, c'est-à- ■ dire (ajoute Bossuet) dans le Paradis terrestre, où les Juifs ♦ supposent que vont les âmes de leurs bienheureux-'.»
1. Bossuet cite « la Gcmava du Talmud, au traité Calla ». Cette indication est exacte ; cf. Hamburger. Real. Encyklop. fur Talmud, art. Kaddisch, p. 607. Mais ce traité ne fait pas partie du Talmud. — Pour les passages des talraudistes, qui impliquent l'idée de l'intercession des vivants en faveur des morts, je renvoie à l'article cité de M. Isr. Lévi, p. 61.
2. M. Isr. Lévi veut bien m'apprendre que cette expression n'est pas dans l'hébreu.