Bossuet, Œuvres, éd. de 1846, t. VIII, p
2. B. Niese, Kritik t/er beiden Mahkabderbiicher, Berlin, 1900 (extr. de X Hermès, t. XXXV, p. 268, 453).
.3. II Macch., 2, 23; cf. 2, 26, 28.
au moins après les événements qu'il raconte, non sans y mêler déjà des fables, et qui se placent entre 173 et 160 av. J.-C. '. Mais si l'ouvrage que nous possédons est assez ancien, il n'a commencé que fort tard à exercer quelque influence sur la pensée juive. Le premier écrivain qui paraisse lavoir connu est le Juif égyptien Philon, lequel était âgé de trente ans environ lors de la naissance de Jésus. Josèphe, né l'an 37 de l'ère chrétienne, ne le connaît pas (du moins directement) et il ne s'en trouve aucune citation ni dans les Évangiles, ni dans les Actes, ni dans les Épîtres authentiques. La première allusion à ce livre, dans la littérature chrétienne, se lit dans l'Epître aux Hébreux, où l'on s'accorde à reconnaître l'œuvre d'un Paulinien d'Alexandrie, qui vivait vers l'an 80 de l'ère chrétienne '^. Tous ces témoignages, remarquons-le, nous ramènent à l'Egypte et, en particulier, à Alexandrie. On ne se trompe donc guère en admettant que l'opuscule en question reflète, dans sa partie dogmatique, non pas l'opinion générale du judaïsme, mais celle d'un petit cercle judéo-alexandrin.
Le second livre des Macchabées raconte ^ que les soldats de Judas avaient dépouillé les cadavres de quelques-uns de leurs compagnons, tombés dans un combat contre Gorgias, gouverneur de l'Idumée. Sous leurs tuniques, ils découvrirent des amulettes, choses interdites aux Juifs par la Loi. Alors Judas « pria pour que cette trangression fût eff^acée » et envoya à Jérusalem 2.000 drachmes pour les employer à un sacrifice expiatoire. L'auteur du récit ajoute : <- C'était une belle et louable action, en ce qu'il songeait à la résurrection ; car s'il n'avait pas espéré que ceux qui avaient été tués ressusciteraient, il aurait été superflu et ridicule de prier pour les morts *. »
Ce commentaire est évidemment tendancieux: c'est l'œuvre