Daniel, XII, 2: cf. Schiirer, toc. /ami
2 Dans le IV» Esdras, qui date probablement de 97 après J.-C. et qui est l'œuvre d'un juif alexandrin, la doctrine de l'intercession est mentionnée comme une nouveauté théologique mal définie. < Seigneur, dit Esdras à l'ange, au jour du jugement, les justes pourront-ils intercéder pour les pécheurs aux yeux du Très-Haut ?» Et l'ange répond : « Il n'y aura personne qui rejette son fardeau sur son semblable, car chacun subira ce qu'il mérite et sera responsable de ses actions, > (Trad. Basset, p. 64.)
notre ère, pour se répandre de là dans toutes les églises chrétiennes jusqu'à la Réforme.
Comme le livre II des Macchabées est l'œuvre d'un Juif d'Alexandrie, que les deux premiers auteurs qui le citent sont des Juifs alexandrins, il est naturel que nos regards se tournent d'abord vers l'Egypte — non pas vers la vieille Egypte des Pharaons contemporains d'Abraham, mais vers l'Egypte hellénisée où les Juifs alexandrins ont vécu et dont ils ont subi l'influence.
Or, nous possédons, à ce sujet, un texte très important de Diodore de Sicile, qui visita l'Egypte vers l'an 50 av. J.-C. '. « Au moment, dit-il, où la caisse qui contient le mort est placée sur la barque, les survivants invoquent les dieux ïnferneiux et les supplient de l'admettre dans la demeure réservée aux Iiommes pieux. La foule y joint ses acclamations accompagnées de vœux pour que le défunt jouisse dans l'Hadis de la vie éternelle, dans la société des bons. » Ce texte peut être rapproché de certaines prières qui font partie des rituels égyptiens et qui avaient pour but d'aider le mort dans son voyage vers le séjour des bienheureux''. «C'est le moment solennel, écrit M. Maspero, celui où le mort, quittant la ville où il a vécu, commence le voyage d'outre-tombe. La multitude assemblée sur les berges le salue de ses souhaits: «Puisses-tu aborder en paix à l'Occident de Thèbes ! — En paix, en paix vers Abydos ! — Descends en paix vers Abydos, vers la mer de l'Ouest^! » Si les textes égyptiens, du moins à ma connaissance, n'offrent pas l'équivalent exact de la prière rapportée par Diodore, le dire de cet historien, témoin oculaire, n'en est pas moins très digne de foi. Il est d'ailleurs confirmé par toute une série d'épitaphes grecques d'Egypte, de l'époque impériale, mais pa'ïennes, où l'on trouve des formules comme celles-ci: «Sérapis! donne-lui la victoire sur ses ennemis! » (il s'agit des ennemis que le mort pouvait rencontrer dans son