‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 186 sur 232 · Dieterich, Nekyia, 1893, p. 172 et passitn · texte numérisé non relu

Dieterich, Nekyia, 1893, p. 172 et passitn

lequel nous sommes malheureusement peu renseignés, ccnnaissait les prières et les sacrifices pour les morts. Nous possédons, à ce sujet, deux textes, l'un de Platon, l'autre d'un poète orphique anonyme, où il est question de cérémonies pailesquelles les hommes croyaient racheter les fautes ou les crimes de leurs aïeux. Ces textes prêtent l'un et l'autre à contestation ' et je crois inutile d'y insister ici. Ce qui, à mes yeux, est plus concluant au point de vue du problème qui nous occupe, c'est le fait qu'Hérodote et Diodore ont signalé l'analogie entre les doctrines orphiques, pythagoriciennes et égj'ptiennes et que Diodore appuie particulièrement sur les emprunts faits par Orphée aux croyances des Égyptiens touchant la vie future^. «Au dire des Égyptiens, écrit-il-', Orphée a rapporté de son voyage les cérémonies et la plupart des rites mystiques célébrés en mémoire des courses de Cérès, aii:si que les mytiies de l'enfer. » Lorsque les anciens expliquent les analogies entre l'orphisme et la théologie égyptienne par l'hypothèse d'un voyage d'Orphée en Egypte, nous pouvons n'attacher à cette explication aucune importance; mais il n'en est pas de même des analogies elles-mêmes, constatées par des gens qui connaissaient beaucoup mieux que nous les rites et les doctrines qu'ils comparaient. Nous admettrons donc, non pas une influence égyptienne sur l'orphisme primitif — qui est possible, sans être démontrée — mais une ressemblance étroite entre les rites orphiques et les rites égyptiens. Sur un point, d'ailleurs, qui présente une importance considérable, nous sommes à même, depuis quelques années, de contrôler et de vérifier cette ressemblance. Dans plu.sieurs tombes du luo et du Jio siècle av. J.C, découvertes dans l'Italie méridionale et en Crète, on a trouvé les fragments d'un petit poème orphique, gravé sur des tablettes d'or, qui est comme un guide pour le défunt dans son voyage d'outre-

t. Platon, p. 364 E-3fi5 A; Orphica, éd. Abel, p. 237. J'ai discuté ces passages dans la Revue de Pkilulogie, 1899, p. 228, répondant aux doutes exprimés par M. Tannery, ibid., p. 126 [voir plus haut, p. 312-315.]

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