‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 35 sur 232 · Plutaïque, Mmius · texte numérisé non relu

Plutaïque, Mmius

propos du grand taureau qui orne le fond du vase d'argent d(> Gundestrup, monument dont l'époque est incertaine, mais dont le caractère celtique ne fait pas de doute ^ Non seulement les taureaux de bronze sont très fréquents en Gaule, mais on en connaît, comme ceux de Byciskala en Moravie, de Bvthin en Posnanie, de Hallstatt dans la Basse-Autriche, de Bibracte, de Troyes, etc.^, qui sont certainement antérieurs à l'époque romaine. En outre — et cela est décisif — il existe en Gaule, et en Gaule seulement, une série de représentations de taureaux à trois cornes ; dans mon Catalogue des bronzes du Musée de Saint-Germain, j'en ai énuméré 24, tant en bronze qu'en pierre, quelques unes de très grandes dimensions. Or, la zoologie, pas plus que la paléontologie, ne connaît de taureaux à trois cornes ; il s'agit donc là, bien certainement, de taureaux divins.

Les grues figurées sur le dos du taureau de l'autel de Paris sont également divines. Deux grues opposées forment l'épisème d'un bouclier gaulois parmi les trophées de l'arc d'Orange (p. 44, fig. 10) ''; on voit aussi trois grues perchées sur l'arbre sacré que cherche à abattre, sur un autel de Trêves, un personnage analogue à l'Esus de l'autel de Paris (p. 42, fig. 8) '. D'autre part, il faut se souvenir que la gTue a été souvent confondue avec la cigogne; dans Homère, le même mot, Yspavoç, désigne ces deux oiseaux, dont les anciens ont célébré à l'envi l'intelligence et les dons projahétiques ^ Or, en ce qui concerne la cigogne, nous avons un texte formel qui prouve qu'elle était totem en Thessalie. L'opuscule intitulé Alirabiles auscullationes nous apprend que les Thessaliens honorent les cigognes, qu'il est défendu de les tuer et que le meurtre d'une ci^^og-ne est

1. Al. Bertrand, La. religion des Gaulois, p. 377 et Sophus Millier, A'oidiske I-oitidsminder, 2 Hefte, pi. XIV.

2. Voir S. Reinacb, /,« sculpture en Euiofe avant les influences gréco-romaines, fig. 370, 373, 379; l^ Anthropologie, 1896, p. 553. Le spécimen de Bibracte est conservé au rauséc de Saint-Germain.

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