‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 36 sur 232 · Ibid., t. XVIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. XVIII, p

5. Voir les textes aux mots y^pavô; et itEXafco; <îans l'excellent ouvrage de Wentworth Thompson, A glossary of Gr^ek liirds, Oxford, 1805.

assimilé chez eux à un homicide '. Ce sont là des faits de totémisme incontestables. L'auteur aristotélicien cherche à les expliquer en disant que les cigognes, ennemies des serpents, rendent de grands services aux Thessaliens ; des explications de ce genre, vraies ou fausses, ont constamment été alléguées par les anciens pour motiver des usages totémiques -. Quoi qu'il en soit, on admettra d'autant plus volontiers des grues totem en Gaule qu'on peut considérer comme prouvé le culte totémique de la cigogne en Thessalie.

Ce qui est vrai du taureau l'est également du sanglier, qui paraît avoir été un des totems les plus répandus dans l'ancien monde ^. Les enseignes gauloises, tant sur l'arc d'Orange que sur le vase de Gimdestrup et sur les monnaies, sont couronnées d'images de sangliers ; nous avons déjà rappelé le texte où Tacite, parlant de la population des Aestii fixée dans le nord-est de l'Allemagne, affirme le caractère religieux de leurs sangliers-enseignes {insig?ie superstitionis formas aprorum gestmif) *. Une statuette de bronze trouvée dans le Jura représente une divinité celtique court-vêtue, tenant un javelot, assise sur un sanglier qui paraît avoir couronné une enseigne (p. 45 fig. 11)''. Comme ce n'est pas là un motif emprunté à l'art grec et que les mortelles n'ont pas l'habitude de chevaucher des sangliers, il est évident que le sanglier, monture d'une déesse , n'est autre qu'une personnification plus ancienne de la déesse ellemême. Le sanglier est très fréquent sur les monnaies gauloises, en particulier dans la région belge, entre la Seine et l'Escaut, ainsi que dans le sud de l'Angleterre. Dès l'époque néolithique, on trouve des dents de sanglier employées comme amulettes et elles n'ont pas cessé de l'être à ce titre jusqu'à

1. Pseud. Arist., Mirab. Auscult., XXIII, 832 ; cf. Thompson, op laud., p. 128. Faut-il, comme on l'a déjà proposé, voir dans les Pélasges des hommes-cigognes? La Thessalie s'appelait anciennement \\i)mz-('.^ et il y un peuple de Cicones en Thrace.

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