Porphyr., lie Aistin., I, 14 ; Hérodien, V, G
l'avaient en horreur autant que les Juifs K En Inde, d'après les lois de Manou, le sanglier peut être mangé, mais on ne doit pas toucher au porc domestique -. D'autres textes attestent la même interdiction chez les Libyens ^, les Éthiopiens *, les Arabes ■'', les Scythes^. La preuve qu'il a y là des survivances d'un totémisme très ancien et très répandu, et non pas l'effet d'une propagande juive ou syrienne, c'est que l'abstinence du porc est encore de règle parmi les Yakoutes de la Sibérie et les Votiaks du gouvernement de Vologda, qui ne sont ni les uns ni les autres des Musulmans '.
La sainteté particulière attribuée au sanglier ou au porc par les vieux rituels est attestée par les sacrifices où il figure. En Grèce, les purifications les plus solennelles comportaient le sacrifice d'un porc, ^^otpoy.tov'.i x f'apjioi **. Sur un cratère de la collection Campana, conservé au Louvre, est représentée la purification d'OresteàDelplies (p.4(i,fig. l2); le parricide est assis sur l'autel, tandis qu'Apollon, placé derrière lui, agite un goret audessus de sa tête pour l'asperger du sang de l'animal •'. Nous savons par Pausanias, Xénophon et F"estus que le sacrifice du porc était un acte essentiel, dans la conclusion des traités, chez les Grecs des plus anciens temps, les Perses et les Latins. Or, aux époques primitives, tout sacrifice suppose un banquet, qui fait participer les assistants à la sainteté de la victime immolée et établit entre eux, par cette sorte de communion, un lien particulièrement efficace. Il arrive que la victime est précisément un de ces animaux qui, dans les circonstances ordinaires, ne doivent pas être mangés, c'est-à-dire un totem. Or, on connaît plusieurs exemples où l'animal interdit, sacrifié à
1. Hérod., II, 47; Sext. Empiric, Hyfotyp., III, 123; l'iut , Quaesl. Conviv., IV, 5 ; lie Iside, 8 ; Elien, llist. anim., X, 16.