‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 49 sur 232 · Ploss et Bartels, Das Weib, 6» éd., t. I, p · texte numérisé non relu

Ploss et Bartels, Das Weib, 6» éd., t. I, p

gentilshommes espagnols avec moi et quelle aimerait mieux avoir perdu la vie qu'ils eussent vu ses pieds. Je m'éclatai de rire et je la priai de me les montrer, puisque j'étais sans conséquence' >.

Ailleurs-, M'"'' d'Aulnoy décrit un luxueux carrosse à Madrid : o II avait des portières comme à nos anciens carrosses ; elles se défont et le cuir en est ouvert par en bas, de telle sorte que, quand les dames veulent descendre — ■ elles ne veulent pas montrer leurs pieds - ~ on baisse cette portière jusqu'à terre pour cacher le soulier ».

Le costume des femmes espagnoles de ce temps-là se ressentait des mêmes scrupules' : « Les jupes sont si longues par devant et sur les côtés qu'elles traînent beaucoup, et elles ne traînent jamais par derrière. Elles les portent à flevir de terre, mais elles veulent marcher dessus, afiii qji on ne puisse voir leurs pieds qui sont la partie de leur corps qu'elles cachent le plus soigneusement. J'ai entendu dire qu'après qu'une dame a eu toutes les complaisances possibles pour un cavalier, c'est en lui montrant son pied qu'elle lui confirme sa tendresse, et c'est ce qu'on appelle ici la dernière faveur. »

La reine Louise de Savoie, première femme de Philippe V, ayant insisté pour que les dames raccourcissent leurs ji^pes, afin de soulever moins de poussière en marchant, « quelques maris poussèrent l'extravagance jusqu'à dire qu'ils aimeraient mieux voir leurs femmes mortes que de souffrir qu'on leur vît les pieds* ». Le désir de la reine finit néanmoins par l'emporter.

De tous ces pieds tabous, les plus tabous étaient naturellc;ment ceux de la reine. M"® d'Aulnoy en allègue plusieurs preuves dignes de mémoire :

« Quand la reine [Louise de Savoie, femme de Philippe V] va à la chasse (et vous observerez qu'elle est la preniièrc reine de toutes celles qui ont régné en Espagne qui ait eu celte

1. La Cour et la ville Je AJadiiti, éd. Carcy (Paris, 1874), t. I, p. 248.

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