Pausanias, VIII
LA FLAGELLATION nVVVElA.K 177
commis des fautes graves ; on ne conçoit pas qu'on les ait fouettés tous de cette manière, en rendant des honneurs à ceux qui supportaient le plus docilement l'épreuve.
Les modernes, jusqu'en ces derniers temps, se sont partagés entre deux opinions : les uns ont suivi l'explication de Pausanias et de Philostrate, admettant la substitution de la flagellation à l'immolation ; les autres, beaucoup plus nombreux, ont adopté l'opinion que Lucien met dans la bouche de Solon et ont déclamé — surtout au xvill^ siècle — sur la vertu des Lacédémoniens, la haute estime où ils tenaient le courage .physique et le soin qu'ils prenaient d'en entretenir la tradition.
"Mannhardt a longuement traité de la flagellation rituelle dans son beau mémoire sur les Lupercales ^ Comme ce tra-* vail n'a jamais été, que je sache, traduit ni même résumé en français -, je crois utile d'en dégager ici les idées principales, c'est-à-dire de recourir à la source où ont puisé MM. Frazer et Thomsen.
Les Luperques étaient des prêtres romains qui, le 15 février, couraient par la ville, vêtus seulement de peaux de chèvres, et qui frappaient sur le dos et sur les mains, avec des lanières en cuir de chèvre, les femmes qu'ils rencontraient. Cette flagellation, au devant de laquelle se portaient les Romaines, passait pour les rendre fécondes. La fête comportait d'autres rites de purification, tant des personnes que des choses, sur lesquels il est inutile de nous arrêter ■'. Elle fut supprimée en 496 seulement par le pape Gélase, qui la remplaça par la fête de la Purification de la "Vierge (2 février).
Pourquoi les Luperques frappent-ils avec leur lanière (/<?brumn), au lieu de se contenter de toucher? Ici interviennent les faits parallèles que Mannhardt a réunis et fait valoir. Dans \<t culte secret de Fauna, à Rome, on croyait assurer la fertilité aux femmes en les frappant avec une branche de myrte.