‹ Cultes, mythes et religionsChapitre 90 sur 232 · Revue celtujiie, 1897, p · texte numérisé non relu

Revue celtujiie, 1897, p

2. H. Martin, Histoire de France, t. I (4* éd.), p. 64: < Le plus fameux de tous les collèges de druidesses est celui de l'île de Sein ou de Sena, près de la côte des Corisopites (Cornouaille française). Sur ce rocher presque inabordable, jeté dans la haute mer en face du Kaz de Plogoff, de ce vaste promontoire de granit oii le continent européen vient tnourir tristement dans un océan sans bornes, résident neuf prêtresses vouées, comme les vestales de Home, à une perpétuelle virginité... Ces neuf vierges semblent, dans la C'oyance populaire, la plus grande puissance religieuse des Gaules. » Cette dernière assertion n'est fondée sur rien.

H. H. d'Arbois de Jubainville, Deux manières iPéerire ^histoire (Paris, Bouillon, 189(), p. 2."i.

marquer que le nom attribué aux prêtresses est incertain '. Quelques-uns impriment GalHctuas, d'autres Barriginas, qui signifierait /'r/r//7//(^i■'-, ou Galli Seitas \vocani\ en deux mots ■'. Comme on sait aujourd'hui* que tous nos manuscrits de Mêla dérivent d'un seul, le Vaticanus 4929 i xo siècle) et que ce manuscrit porte l'inintelligible Gallizenas, la question du nom des prêtresses de Scna doit être considérée, jusqu'à nouvel ordre, comme insoluble ''.

Sena in Britannico mari, Osisuiicis advcrsa litoribus, Gallici numinis oracnlo insignis est: eu jus antistites, perpétua virginitate sanctae, numéro IX esse traduntur. Gallicenas (?) vocant putantque ingeniis singularihus praeditas, maria ac ventos concitare carminihus, seqiie in quae velint auimalia z'ertere, sanare quae apud alios iusaiiabilia sunt, scire ventura et praedicare, sid nonnisi deditas navigantihus et in id tantuni, ut se coHSulerent, projectis. »

Mêla est un rhéteur qui a compilé un précis de géographie. 11 cite deux fois Cornélius Nepos ", sans doute pour l'avoir lu ; une fois Hannon, Eudoxe et peut-être Hipparque, dont les témoignages lui viennent de Seconde main ". Sa source principale doit être quelque compilation grecque dont il n'a rien dit. Dans le passage qui nous occupe, le mot tmduntur indique clairement qu'il tire son information de quelque livre *; il est évident que cette expression, qui implique une réserve,

1. Voir la longue note de Xzschiicke dans son ijd. de Mêla, t. IV, p. 159. 1. GronoviuB prétendait que le mot baragoin dérivait du nom de ces Barrigenae ou Biirgiiinae.

3. C'est la lecture de ïurnèl)e, adoptée par A. Thierry; ces prêtresses auraient porté le même nom que leur île.

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