‹ Culture du Chasselas a ThomeryChapitre 6 sur 14 · COI.TUES OU CHASSELAS · texte numérisé non relu

COI.TUES OU CHASSELAS

Nous sommes le seul, parmi lescoltivatears deThomery, qui semions les pépins du raisin, et encore sur une petite échelle, en vue d'obtenir des gains. Il y a une quinzaine d'années que nous pratiquons ce mode de reproduction. Il ne nous a valu jusqu'à présent que deux ou trois bons gains, mais nous nous empressons d'ajouter que d'autres sujets à Tétude nous donnent des espérances. Voici de quelle manière nous procédons:

Nous prenons les pépins lorsque les raisins sont bien mûrs; nous les oonsenrons en lieu frais, dans une boite, sans autre précaution, et, au mois de février, nous semons les graines en question, une à une, dans de petits godets remplis de terre franche mêlée de terreau ; puis nous mettons ces godets en serre ou en bâche. Nous arrosons tous les jours.

Au bout de six semaines ou un peu plus, les plantes lèvent, et dès qu'elles ont environ iO centimètres, on les ôte des godets, on les replace dans des pots plus grands, et vers la fin de mai, on peut les sortir de la serre et les mettre à Tair en les abritant. L'année suivante, au mois de mars, on peut les transplanter en pleine terre. Au bout de cinq ou six ans, les plus précoces commencent à fructifier. Cependant, quand on est pressé de connaître les résultats d'un semis, — et on l'est presque toujours, — rien n'empêche de satisfaire son désir en greffant le jeune plant, en approche, vers le mois d'avril, sur un cep vigoureux. Si Ton n'a pas de grappes la même année, au moins est-on sûr d*en avoir Tannée suivante.

CONNAISSANCES BSSBNTI1LLI8 AUX TineCLTBmS. 1 7

Dans la pépinière» nous considérons, comme sujels d'espérance, les pieds qui offrent un bois fort, dis bourres rapprochées , de gros nœuds et de larges feuilles portas p9r de gros pétioles.

Nous croyons avoir dit du semis tout ce qu'il est nécessaire d'en savoir pour Texécuter aussi bien que nous; voyons à présent le second mode de mullipli-

calioii : le bouturage^ autrement dit la reproduction par voie' de bouture.

On nomme bouture, un boutderameaumunid'yeux on bourres (ou mieux encore bourgeons rudimentaires), et pouvant reproduire, en toute fidélité, le sujet ou type sur lequel on Ta pris. Nous distinguons les boutures en boutures êimptei ou sarments de Tan* n ée , e l en crosse t (es , q u a nd on laisse du vieux bois au talon de ces sarments de l'année. Dès qu'elles ont émis des racines, les bou- ^^9-^- Bouuire /•ï^.a.-r.run-

- , «impie. Mite.

tures en question deviennent des plants chevelés. C'est au mois de mars, c'està-dire à l'époque de la taille, que nous nous approvisionnons de boutures. A cet effet, on choisit les rameaux de vigne les plus forts; les plus sains ; on les

f GULTUAX OU CUASSKLàS.

coupe à 50 centimètres environ de longueur ; on en forme de petites bottes que l'on enterre partieUement« on mtenx complètement pendant nn mois et demi on deux mois^ c'est-à-dire jusqu'au moment convenable pour la plantation ; après qooi, avant de planter, on les met deux jours dans l'eau par le pied, à la profondeur d'environ 20 centimètres. Gela fait, en vue de ramollir les tissns et de TaToriser Tenracinement, on enlève deux lanières d'écorce à la base de chaque bouture sur une longueur de 8 à 10 centimètres, et, bien entendu, dans les parties opposées aux bourres^

Pour ce qui est de la plantation des boutures, on

commence par ouvrir une tranchée de 30 centimètres de largeur sur centimètres de profondeur; on y plante obliquement les boutures i 5 ou 6 centimètres l'une de l'autre, et de façon que deux yeux sortent de terre. Tout aussitôt, on répand dans la tranchée du terreau de couches ou un mélange de terre et de fumier consommé; on recouvre avec la terre ordinaire extraite de la fosse, on la foule légèrement, autrement dit, on la plombe; puis on paille la surface du terrain pour y conserver la fraîcheur nécessaire, et dans le courant de Tannée, on sarde au besoin.

Dès l'automne ou au printemps suivant, on peut, à la rigueur, mettre en place les plus forts piants che^ teléêy mais il est préférable d'attendre une année de plus.

Pour épargner le sarment, quand on n'en possède

que très-peu d'une variété, il est d'usage de faire des

OONHAISSANCIS SS8B1ITISLLSS AUX ?1TICULT£UBS. 19

boutures de Tautaisie à un ou deux ^eux, eu pots. Ou les appelle boutures anglaiêes. Chacune d'elles consiste

en une moitié de sarment divisé dans le sens longitn-

dioal et portant un œil vers son milieu. La partie coupée s'appuie sur le sol et toate la bouture est reoou'* verte de terre, à Texceptioii de l'œil, ooDune dans le pot (fig. 4).

h^mareoitagê^ qui est un troisième mode de multi*

plication, diflère du bouturage, en ce que les rameaux ou sarments destinés à l'enracinement ne sont point détachés du pied mère.

On marcotte en mars ou avril avec les rameaux des ceps de contre-espaliers. On prend i chaque pied un ou deux sarments, selon la vigueur de la souche, et, bien entendu, les sarments les plus rapprochés du

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%0 CULTURE BU CUASSBUS.

8ol. Oa les courbe avec précauliou et on les couche dans «ne fosse de 15 ceotimèlrea envi rem de profondeur etde manière à enterrer les cinq on six yeux du milieu du sarment. On recouvre de terre; ou appuie

/"t'y. ft. — ]Idre«ilU limple.

avec le pied, on redresse l'extrémité de chaque sarment, au moyen d'un tuteur, et Ton rogne au-dessus de la troisième bourre. Ceci est la marcoUe simple, appelée dans le pajrs ehevelie simple {fig, 5).

Nous laissons partir ou se développer les trois bourres de la marcotte, et à Tépoqne de Tébourgeonne* ment, e'est-i-dire quand les pousses ont de iO à 12 centimètres de longueur, nous conservons les deux plus fortes et supprimons la plus faible. Dès que nos deux rameaux restants ont 50 centimètres de hauteur, nous les accolons à un tuteur unique ou échalas, ou bien encore au fil de fer des contre-espaliei's, si nous avons

CONNAISSANCES BSSSNTIEILKS AVX vmCTLTEURS. SI

pris les sarments sur ces contre-espaliers. Nous laissons ensuite partir nos marcottes, mais dès qu'elles

atteignent i mètre ou i'",20 de développement, nous les pinçons, autrement dit nous rognons leurs extrémités. Pendant le cours de la végétation, nous enle* vous les vrilles et aussi les rameaux stipulaires que nous appelons entre^cœurs ou fmtx bourgeons.

A rautomne ou au printemps .suivant, la marcotte simple est bonne a être livrée au commerce. Nous la sevrons donc en un seul coup, au moment de Tenle* ver, et une fois arrachée, nous supprimons le plus faible de ses deux sarments, aCn de rendre moins volumineux les ballots destinés à l'expédition {fig, 5).

Nous ne nous bornons pas à faire des marcottes simples; nous faisons, en outre, la marcotte en panier, ou chevelée en panier de Tliomery. Nous procédons pour celle-ci comme pour le marcottage simple ; seulement, au lieu de coucher le sarment dans la« terre, nous le couchons dans un panier contenant du terreau an tiers de sa hauteur, ou dans un mélange de terreau et de bonne terre. La marcotte se trouve engagée à travers les osiers de la base du panier qui n'est enterré qu'à la profondeur de iO centimètres.

Les paniers destinés au marcottage n'ont qu'une anse. Us mesurent ^ centimètres de longueur sur 20 de largeur au sommet, 19 de longueur sur 14 de largeur à la partie inférieure, et i6 de profondeur.

A Tautomne ou au printemps suivant, nous sevrons en A (fig, 6) au moment d'arracher et d'expédier; et comme alors les paniers sont un peu détériores^ nous

s s cuinnuB du ghassbus.

le» plaçons tels quels dans des paniers neub, capables de résister an transport. Pur oe moyen, les plants ap-

Fig» 6. — CbcTelée ea panier.

rivent en mottes à destination, sans être aucunement

endommagés.

Le quatrième mode de multiplication de la vigne consiste dans le greffage.

Nous greffons toutes les fois que nous avons à substituer une bonne variété à une variété défectueuse ou à un plant dégénéré ; nous greffons aussi lorsque nous voulons bâter la fructification d'un plant nouveau. Autrefois, on greffait en fente, ce qui ne réussit ' jms très-bien j maintenant on a changé de uietLode,

GQN5AIS6ANCES ESSBHTIEUES AUX VITJGCLTBUBS. SB

Cl les cultivateurs de Thckiiiery ont adopté celle qui iMius est propre, nieeonsiste en ceci : On rabat le cep

le plus ordinairement à âO ou 35 centimètres du sol et Ton ouvre une rainure {fig, 9) sur le côté le plus lisse de ce cep, à l'aide de la gouge courbée que nous figurons ici. La rainure exécutée, nous prenons un plant enraciné et nous v ajustons le sarment, après l'avoir écorcé du coté de rentaille, c'esl-à-dire dans

14 CULTURE BU CBASSBU8.

la partie qui doit s y eogager davantage. En somme, c'est tout bonnement le greffage par approche, un peu

modifié. Le vieux cep sert de sujet, et le plant enraciné, que l'on met à côté, sert de greffe. La reprise des radnes de ce plant favorise évidemment la sou-

Fig* 9. — Greffe par boiitare. Fig, 10. — > Greffe pir eheveléc.

dure des tissus au point de rencontre du jeune bois avec le vieux bois.

Rien n'erapêcbe, à défaut de plant raeineux, de greffer de la même manière une simple bouture.

Il n'est pas absolument nécessaire de raccourcir le

oep pour exécuter l'opération ; on peut très-bien greffer ainsi à différentes hauteurs et sur une même vigne, autant de variétés qu'on le désire. Ce travail se fait au moment où la séve commence à remuer.

Dès que les greffes sont appliquées dans les rainures ou entailles ouvertes à la gouge, on les maintient avec de la laine corde et on recouvre la plaie d'une cire liquide ou d'un mastic quelconque. Nous laissons deux ou trois bourres à nos grefies, au-dessus du point de soudure {fig. 10).

La reprise a lieu dans le courant de juin. Alors tous les bourgeons partent, et quand les pousses ont 10 ou

centimètres de longueur, nous supprimons la plus faible et laissons les deux plus fortes. Pendant le cours de la végétation, il est essentiel de ne pas enlever les entre-cœurs^ ii suffît de les pincer au-dessus de la première feuille, autrement les yeux pourraient se développer par anticipation.

Préparation du terrain, engrais et plantation. — S'agit-il de planter de la vigne en espalier, nous défonçons le terrain avec la tournée {fig. 1 1), à i mètre de profondeur sur â'",50 de largeur au moins. Le mieux est d'exécuter ce travail en été pour planter à l'automne. Parfois, cependant, ce qui vaut moins, on Texécute avant l'hiver pour planter au printemps.

Lorsque nos lorrains sont très-légers, nous y transportons de l'argile^ en vue de les amender, de leur donner du corps; lorsqu'ils sont caillouteux, nous leur appliquons également des terres rapportées.

Pour ce qui est de l'engrais, nous nous en tenons

iti CLLTt'K£ DU CHASb£LAS.

le plu8 ordioaifement an fimier de dieval et de vacshe,

inélaDgé à peu près par parties égales de Tun et de l'autre. Cooime noua n'avons ni le temps ni les re»-

l' ig. 11. -> Touroce.

sources fourragères nécessaires à l'élève du bétail,

nous achetons le fumier au dehors, à Montcreau priacipalement, et ne remployons qu'a demi consommé. Rendu àThomery, il nous revient au moins à 15 francs le mètre cube. Nous nous en servons de deux manières : tantôt, on l'enterre, tantôt on l'applique en couverture à la surface du sol. Se propose-t-on de Tenterrer, on ouvre sur la longueur de la plate-bande, à iO centimètresseulement de la treille, une tranchée de 15 centimètres environ de profondeur, sur 50 à GO de largeur, et Ton y met le fumier sans le tasser, sur une épaisseur de 10 centimètres. On recouvre immédiatement Tengrais. Quand on Télend en couverture, on l'enterre nécessairement eo labourant le terrain.

GONNAISSANGSS £SS£liTIE|«I.BS AUX VITIGOLTEUAS, 17

Après le fumier qui est, sans aucun doute, notre engrais par exoeUence, nous reoommandaDS Vengrais d'Avbervilliers^ celai qui est composé spëdalemenl pour la vigne. Personne autre que nous ne Ta encore employé à Thomeryt mais nous nous en trouvons bien. Nous l'appliquons comme le fumier de ferme, mais à plus petite dose. D'après la déclaration du mareband, cet engrais d'Aoberviliiers contiendrait 4 p. 100 d'azote, 45 p. 400 de phosphate et 5 de potasse. Les iOO kilogrammes rendus à la gare de Thomery nous coûtent 21 francs.

Personnellement, nous avons essayé de divers autres engrais du commerce, du guano proprement dit et (Je quelques guanos artificiels. Tous, sans exception, valent peu de chose, à notre avis, et, dans le nombre, il en est un qui communique au raisin une saveur de lessive liùs-désagréable.

La culture forcée nous permet d'utiliser en compost les feuilles de chêne qui ont formé nos accots en hiver. Nous nous servons de ce .compost à la manière du patUis, c'esl-à-dire en couverture, et n'avons qu'à nous en louer.

Nous savons très-bien qu'en dehors des engrais que nous employons, il y en a d'auti'cs propres à la vigne, mais la difficulté de se les procurer ici et leur prix élevé nous en interdisent l'usage. D'ailleurs, on voudra bien remarquer que nous n'écrivons pas un traité complet de viticulture, et que nous entendons nous renfermer dans les pratiques spéciales à Thom^.

Quelques amateurs, parmi ceux qui, à diverses re-

28 GULTUIB DU CHASSBLAS

prises, nous oai honoré de Wur visite, onl dit cl écrit qoe nous devions une partie de nos succès au pavage du terrain occupé par nos treilles. Cette assertion, il faut le reconnaître, n'est pas exacte. U n'y a de pavés que dans les cours de notre maison d'habitation, et par conséquent autour des ceps qui en garnissent les murs intérieurement. Nous ne nous en plaignons pas, loin de là ; ils entretiennent la fraîcheur, ils empêchent que l'on ne dérange les radicelles et s'opposent aux ravages des vers blancs, ou larves de hannetons ; mais nous prenons la liberté de faire observer que nos pavés sont disjoints, et que les vides permettent à Tair et à Teau de s'introduire dans le sol. Des pavés iqui seraient réunis avec du mortier de chaux ou de larges dalles étroitement rapprochées les unes des autres, se* raient d'un mauvais effet. Il y a lieu de croire aussi que dans un terrain maigre et avide d'engrais, le pavage deviendrait à la longue plus nuisible qu'utile aux treilles, attendu qu'il s'oppose aux fumures copieuses, et que les avantages dont nous parlions tout à l'heure, ne rachèteraient pas le gros inconvénient que nous venons de signaler.

En définitive, le pavage ne saurait être rangé parmi nos procédés de culture. Nous pavons nos cours bien qu'il s'y trouve des treilles, mais non dans le but de les favoriser.

n est évident que si le pavage avait l'influence qu'on lui prête, il faudrait bien vite paver toutes les plates-bandes de nos jardins de Thomery. Nous n'aurions plus ni labours à faire ni engrais à acheter.

Il y a quelqae chose de préférable aux parés dans

les cours où Ton élève des treilles : c'est la grève ou gros sable de rivière. Il entretient la fraîcheur et équivaut presque à un pailiis.

A présent que notre terrain est défonce, préparé, et

Fig. It. — PlanUtioii de U e1ieTelé« en panier.

que nous savons à quoi nous en tenir sur le mérite des engrais, arrivons aux détails de la plantation. On plante la cheveléeen panier de façon que Tex-

Ircinité d[i pied enraciné si; trouve à un mètre du mur, et l'on a soin de briser, ou mieux do fendre la partie du panier rapprochée de ce mur, afin de faciliter le con^ chagc de4a tige qu'où relève au pied de l'espalier, en laissant deux ou trois yeux ou bourres sortir de terre. La tranchée que Ton ouvre avec la houe (fig. 13) ou la tournée, ^elon la nature du sol, est de 1"',S0 de Ion-

so COLTUaS DU CHABSBUS.

gueur transversalement à la plate-bande, de O^^^aO de profondeur en moyenne ol de 0^*^40 de largeur

pour chaque chcvcicc. Miiis ceci ne s'applique rigoureusement qu'à uue piaulatioa de détail, quand il s'agit de regarnir un mur de loin en loin. Lorsqu'on fait une plaiilAlioa d ensemble, ce qui a lieu au début

Fig. 13. — Houe.

d'une culture, on n'ouvre pas une fosse ou tranchée pour cbaqué plant isolément. Comme les cbcvelécs ne doivent être qu'à 40 cenlimètres Tune de l'autre, il devient plus simple d'ouvrir la tranebée sur toute la longueur du mur que de s'embarrssseren mesurant et ménageant de petits intervalles. D'ailleurs, il ; a profit à remuer tout le terrain.

Lue fois celte opération principale terminée, on plante à la dislance convenue, et après la plantation, on met sur toute l'étendue de la tranchée de 8 à 10 cenliaiètresde terreau; puis là-dessus 8 ou 10 cen-

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OONNAISSARGBS ESSErrriEtLES AUX YITIGrLTBimS. Il

timètres de terre ordinaire, pas davantage. Cette couverture de 46 à 20 centiinètres suffit pour la première année. Les paniers qui renferment les chevelées ne , 80Dt donc que tout juste recouverts. Il va sans dire que, pendant les sécheresses, on pourra étendre un paillis et arroser au besoin.

Nous allions omettre une recommandation essentielle. Lorsque les chevelées en panier, destinées à la plantation, ont deux sannents (ce qui arrive presque toujours, tandis qu'il n'en est jamais ainsi avec les chevelées simples), on supprime le plus faible au moment du couchage. Le plus gros, relevé à son extrémité et non taillé, si la plantation a lieu en automne, sera allaché à un lu leur. La taille n'aura lieu qu'au mois de mars, à trois yeux au-dessus de terre.

La seconde année après la plantation, on jette dans la tranchée 8 ou 10 centimètres de bon fumier consumé, et immédiatement on recouvre de terre jusqu'au niveau du sol.

Ce que nous venons de dire s'applique exclusiven^ent à la plantation des chevelées en panier.

Pour ce qui est des chevelées simples, on doit les planter à 30 centimètres de profondeur, et de façon que l'extrémité de la partie enracinée soit à 1 mètre du mur. On couche chaque chevelée jusqu'à 40 ou 50 centimètres de ce mur, puis on relève Textrémilé du sarment et on l'attache à un tuteur, après avoir toutefois, comme pour la chevelée en pauier, nus d'abord rengrais et la terre. Une année on deux plus tard, selon le plus ou moins de vigueur de la végétation,, on

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tt CULTURE OU CHASSELAS.

termine le couchage jusqu'au pied du mur, on relève l'extrémité du sarmeot contre un tuteur et ou taille comme sur la chevelée en panier.

Taille de la vigne. — La laille est la première opération qui suit la plantation de la vigne. Ainsi,

ftg, 14. — Séettenr de Digard.

procédons avec ordre et parlons de cette taille, que nous exécutons avec un sécateur de Digard aussi estimé à Tbomery que Test celui de Lemaîgnen à Montreuil.

La taille pour les espaliers commence vers le 1**' février, si le temps le permet Autant que possible, on ne doit pas tailler pendant les gelées.

CONNAISSANCES ESSENTmrXBS AUX TlTICULTErBS. tS

Pour les coalre-espaliersy nous ne tailloos qu'au mois de mars, lorsque le travail est fini sur les espaliers.

La maitolte nous a donné ses deux pousses de Tannée, c'est-à-dire deux sarments. Nous supprimons le plus faible à sa base, et nous taillons le plus fort au niveau du premier fil de fer qui est à 30 centimètres du sol. Après cela, nous attachons le sarment taillé au tuteur de dressage, avec de Tosier. Plus loin, nous indiquerons les opérations de taille nécessaires pour donner aux treilles les diverses formes adoptées.

Maintenant que nos treilles sont établies, rappelona-nous que chaque courson a donné dans l'année un ou deux sarments. Il s'agit donc de tailler ces sarments. Si nous en avons deux, nous supprimons le plus faible h la base, nous gardons le plus fort pour porter fruit et nous le taillons à deux yeux, y compris l'œil du talon. Si^ cependant, le sarment le plus fort que nous venons de conserver, était moins bien placé que le plus faible, nous devrions tailler le plus faible audessus de l'œil du talon qui produira le sarment à fruit pour l'année suivante, sarment dont il faudra favoriser le développement, en pinçant l'autre^ c'est-à-dire le plus fort, immédiatement au-dessus de la dernière grappe.

Si, au lieu de deux sarments, nous n'en avons qu'nn^

nous le taillons également à deux yeux. Lorsque le courson se trouve trop allongé et qu'une pousse s'est faite à la base sur le vieux bois, nous la protégeons

par le moyen indiqué plus haut, autrement dit, nous

94 CVLT01I DU GIUSSBLA8.

on favorisons le développement en plnçaal les sarments de l'année au-dessus des dernières grappes, et Pannée suivante, ou bien au bout de deux ans, quand on suppose le rameau de remplacement assez fort pour porter fruit, nous rabattons le oourson à |Nroximitc de ce rameau ou sarment.

■ntreUen dn nol pendant la ▼ésètatlon. — Après la taille, dans le courant d'avril, nous donnons un unique labour avec le crochet^ dont voici la figure.

Fig. 15. « CroelieL

Par ee labour, nous enterrons nécessairement les cn*> grais qui peuvent se trouver en couverture. Au lieu de le pratiquer avec le crochet, c'est-à-dire à bras, rien n^empéche de se servir d'une petite charme à un dieval. La besogne est moins parfaite, sans doute, mais en revanche, l'économie de main-d'œuvre devient très-sensible dans la culture des contre-espaliers.

Digitizeu Lj ^jQOgle

11 D'est pas nécessaire d'aioater qu'au fur et i mesure des besoins, nous débarrassons nos vignes des mauvaises herbes par des binages superficiels. Pour ce qui est des autres travaux d'entretien, tels que pincement, éboiirgeonnemenl, suppression des entrecœurs, des vriUes, cisellement» effeuillage partiel, etc., il en sera question dans la seconde partie de oe livre^ à Toocasiou de la conduite des treilles sous différentes formes et des soins i donner au fruit. Cette première partie est consacrée aux généralités essentielles ; nous ne pourrions sortir du cadre que nous lui assignons, sans • nous exposer plus tard à des redites qui ont le double inconvénient de fatiguer le lecteur et d'obscurcir les descriptions les plus claires. Quand un mot suffit pour caractériser une chose ou exprimer une idëe, il n'y a pas nécessité d'en dire deux ou trois, de se répéter. Ce n'est point le volume du papier qui constitue la valeur d un travail de ce genre ; c'est rexaclitude et la concision de ce qu li contient.

Insectes et antmftnx nnislliles. — Pour en finir avec les soins généraux d'enlrelien, il ne nous reste plus qu'à vous en- ^

insectes et animaux nuisibles sont certainement moins nombreux à - *^"'n«'pe.

groHi.

Tbomery que dans les grands vignobles à vin du midi et de l'est de la France, mais biuu qu'en petit nombre, ils nous donnent de grands soucis

tretenir de la destruction des insectes et animaux nuisibles à la vigne ainsi que de ses maladies. Les

36 GUI.TUBM DO GllAS6£liàft.

ei nous preaaeot plus de temps que nous ue voudrions leur en donner.

Veumolpe de la vigne {écrivain ou gribouri) ne se rencontre pas en grand nombre dans nos jardins. 11 existe sortont dans les serres on le Yoîsinage des serres à forcer. Nous avons donc à nous en plaindre un peu, mais ses ravages n'onl pas encore de gravité. Nous croyons saToir le moyen de le détruire. Il suffi* rait d'accorder une libre entrée aux poules ; mallieureosementy nous cultivons des fraisiers de choix en bordure de uos plates-bandes, et les fraises mûrissent au moment oU l'eumolpe s'attaque aux feuilles et aux jeunes grappes de la vigne. C'est pourquoi^ nous nous contentons de les guetter et de les faire tomber sur une bande de toile ou dans la main.

Notre principale occupation du même genre, c'est l'échenillage et la chasse aux attelabes ou urbecs^ au moment du départ do la végétation. Les chenilles dites chenilles à bagues ou fiieuses se découvrent parfaitement le soir à la lumière. On passe doucement, à bas bruit, devant l'espalier, la lanterne en avant, et on les aperçoit se laissant glisser le long de leurs fils. On les saisit au passage avec la main et on les écrase. Ces chenilles font un petit trou sur le sommet ou le côté de la bourre et paralysent la végétation.

Une chenille que nous nommons ici chenille jardi-nière^ longue d'environ 3 à 4 centimètres, grise, rayée en travers de lignes d'un vert sombre, fait de grands ravages. Elle est en petit nombre heureusement; elle vit bolituirc, se cache le jour et se montre

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OONIIAIWAHW ISaiNTIELUBS ÂVZ VJTIGULTEUJI8. 87

la nuil à partir de 9 heures du soir. £Uepeut dévorer trois à quatre bourres dans une nuit, .

Une autre chenille, plus grosse que la précédente, de couleur jaune et i poils noirs, longue de 6 centi« mèlres, et vivant souvent dans le mouron des oiseaux (ttellaire moyenne des botamstes), ne se cache pas dans le jour et coupe les bouiffeons.

Quant aux urbecs, ils se tiennent pendant la journée derrière les treillages ou derrière les pieds de vigne. Ils ne sont pas nombreux heureusement, car tout le monde est intéressé à leur faire et leur fait une guerre active.

Nous avons encore i nous plaindre d'un insecte désigné ici sous le nom de ver. Au moment de la floraison, ordinairement à la suite des temps humides, de petites larves d'un blanc jaunâtre envahissent les grappes, s'y fout un logis avec les débris de la Ûeur, mangent les petits grains, s'introduisent souvent dans la râfle et les gros grains, et causent un préjudice assez important. Alors, on les cherche avec soin, on les retire avec les doigts et on les écrase. Telle est l'opéra^ tion que nous nommons éoerrage.

Le moment de la maturité commande une surveillance active. Nous avons à nous défendre alors des guêpes et des ipoineaux. On fait rechercher de tous cdtës dans la commune, par les gardes et les enfants, les nids de guêpes qui peuvent se rencontrer sur le territoire. A mesure qu'on en découvre, on les marque avec un échalas, et le soir on se met en mesure de les détruire. A cet effet, tandis qu'un homme verse de l'eau

t8 CUi.TUa£ iHJ GUASS£LAS.

froide dans le guêpier, un aulre fourgonne à Tintérieur avec un bâton ou un morceau de fer. De cette manière, les guêpes périeeent asphyxiées ou noyée» dans la boue. On les détruit également avec une mèche soufrée que Ton allume et que Ton introduit dans le trou. Pèur le petit nombre de guêpes qui échappent i ces massacres, et que nous ne voyons guère que dans les jardins avdsinant la forât ou la rivière, nous suspen** dons aux fils de fer des espaliers des carafons au tiers ou à moitié remplis d'eau miellée.

On sait que les épouvantails ne peuvent rien contre les moineaux, qui parfois portent l'audace jusqu a faire leurs nids dans le ventre des mannequins. Nous sommes donc forcés de les combattre à coups de fusil, et noue ajoutons que la Société protectrice des animaux aurait de la peine à nous persuader que les moyens de donceur seraient préférables à cette dure extrémité.

Nous avons à nous plaindre quelquefois de petites sauterelles vertes qui attaquent la pellicule de nos rai* sins avant la maturité, ce qui détermine la pourriture «de quelques grains; mais le dég&t se borne à peu de chose, et nous n'en parlons que pour mémoire. Le soir ou le matin, on s'en empare à la main, et on les tue. Vers le milieu du jour, elles se cachent sons les feuilles, dont elles ont la couleur, et ne sont pas faciles à découvrir.

Parmi nos plus rudes ennemis, nous devons citer

aussi les souris, les mulots, et surtout les loirs qui fout un dégât considérable au moment de la maturité. Pour

se délivrer des souris et des mulots, on se sert de pi^^ea

Liyiiizuo by LiOOgle

C0NNA1SSAZ«G£S ESSËNXJJiXLKS AUX VlTiCLLTEUUS. 3 9

ordioaires, ou bien de pète phospborée que Ton met par terre, au pied des murs, dans de petits godets masqués par une tuile^ aCa que les animaux disnesti? qoes n'y touchent point.

Pour ce qui est des loirs^ leur destruction est moin;i fadle. L'arsenic ne réussit pas bien; la noix Toniique vaut mieux. Pour l'employer, nous faisons une omelette au lard, et, en guise d'assaisonnement, nous y mettons une bonne dose de cette noix vomique en poudre. On coupe ensuite Tomelette par petits morceaux du irolume d'une nmx ; on les met dans de petits godets que Ton suspend en haut des murs au dernier ûi de fer, car les loira se promènent sous l^s chape* ffons et ne commettent leurs ravives qu'a la partie supérieure des espalici*s. On peul encore les prendrç en tendant de grandes souricières sous les chaperons. On amorce ces souricières avec de Tomelette ou du lard.

Yoici un mo^isn encore inusité qui est efficace et que nous préferons aux précédents : on fait cuire des œurs au dur; quand ils sont cuits, on les coupe transversalement par le milieu; on y ajoute une certaine dose de mâx vomique, et on suspend ces moitiés d'oçufs entre le mur et le dernier fil de fer.

Quelques praticiens détruisent les loirs à coups de fusil, quand ceux-ci sortent, après le couçber du.soieil, pour idler prendre leur nonrrituré. D'autres enfin se contentent de leur barrer le passage, au moyen de branches de houx engagées entre le chaperon et le dernier fil de for. Ce dernier stratagème les éloigne.

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Mauoiis db la yiorb. — La plus grave de toutes eal

certainement Voïdium. £lle date chez nous de 1849 ou 1850. £Ue ocmunenoe quand les bourgeons ont à peu près 30 ou 40 centimètres de longueur, et s'annonce par de petits points grisâtres sur les feuilles. Au bout de huit ou dix jours, ces petits points s'élargissent et finissent par envahir toute la feuille, qui , alors, perd sa nuanoe gaie et s'assombrit. C'est surtout par le revers de la feuille que Taffeetion se produit ; puis elle traverse le tissu du limbe, qui prend l'aspect d'une moisissure. Le bois sè macule de noir. Quelquefois les grappes sont atteintes, sans que le feuillage trahisse l'invasion de la maladie. Une poussière bianche à la surface, grisfttre en dessous, offrant à la loupe l'aspect d'une multitude de petits champignons, cou* vre les grains de la grappe, et présente toujours à la loupe l'aspect d'un pointillé brun. Le développement du grain s'arrête; il durcit, se fend, et finit par laisser entrevoir les pépins. La grappe devient noire^ et se dessèche complètement.

En 1850, nous employâmes contre i'oidium la fleur de soufre, après avoir mouillé la vigne, ce qui rendait le raisin sale et invendable. Nous employâmes aussi l'hydrosulfate de chaiix ou eau Grisou. En 1851, l'eau manqua, et nous nous servîmes de fleur de soufre seule, sans mouillure préalable, sur environ iOO mètres de mur. Le résultat fut excellent. L'année suivante, nous reprîmes le même procédé, et au lieu d'en faire mys* tère, nous laissâmes ouvertes toutes les pattes de nos jai*dins, afin que cbacun pût voir notre manière d'o*

përer. L'exemple fut bientAl suivi. Pftr cela même que

notre méthode de soufrage dispensait de l'eau ainsi que de 80Q pénible et coûteux traneport, les viticulteurs de Thomery en saisirent de suite l'avantage capital.

La première année du soufrage, alors qu'on mouillait la treille d'abord, on de servit du souflSet Gontier pour lancer et éparpiller la fleur de soufre. L'année suivante, nous fîmes améliorer ce soufflet par le zingueur Gaffé, de Fontainebleau ; et cet instrumeiit mo* difié est resté le meilleur jusqu'à présent.

Dans ses derniers temps, M. Pauwels a imaginé un ventilateur portatif, facile à manier, et qui peut-élre détrônera le soufflet.

Quant à la houppe , très-recommandée dans les vignobles, elle ne saurait nous servir pour le soufrage des treilles. On Ta essayée, et l'on s'est aperçu qu'elle ne répartissaît pas le soufre d'une manière convenable.

L'opération du soufrage fait nécessairement partie des travaux dentretien exigés par la vigne pendant le cours de sa végétation. Nous y reviendrons donc en temps et lieu.

MMlée. — Avant Tapparition de Toldium , on remarquait sur les treilles des terrains légers, sablonneux, et depuis plus de cinquante ans, une affection particulière, appelée mUliée. Elle consistait en une croûte grise sur le dessus des grains, et les feuilles étaient également tachées. La végétation s'arrêtait, et le grain se crevait comme avec l'oïdium. Depuis l'emploi du soufre, la miellée a disparu.

Jaimim et panaehure. — Lorsqu'une vigne a porté

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trop deniteiiM et qu'on n'a pas eu eoin de la soulager, voici ce qui se passe l'année suivante : la feuille de* vient janne ou se panacdie, les jeunes rameaux s'é* tiolent et se recroquevillent à Texlrémité; les raisins sont niaigres, la pellicule est d'un jaune clair transpa- Irent, et les grains ne grossissent' pas. Le mieux est de supprimer la récolte pour rétablir la treille. Il est donc avantageux de ne jamais laisser une surcharge de fruits, puisqu'elle entraine un sacrifice Tannée suivante. ' '

On doit fmner k l'automne, et même pîendant l'été, ces vignes malades.

Maladie de mtière. — Quand un sol sablonneux ei léger est épuisé, les pieds des treilles ne grossissènt plus, les feuilles restent petites et sont dentelées comme des feuilles d'ortie; les raisins sont maigres. Pour rétablir ces vignes, il faut mélanger des terres argileuses avec du fumier, ouvrir une fosse de â mètres de largeur au pied de l'espalier, jusque sur les pieds mères, y mettre de ce mélange sur une épaisseur de âO centimètres, recouvrir avec de la terre ordinaire, et compléter Tq^ération par un paillis copieux.

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