‹ Culture du Chasselas a ThomeryChapitre 8 sur 14 · GOLTUaS DU CHASSELAS · texte numérisé non relu

GOLTUaS DU CHASSELAS

donsiitfërienre^ dès leur jeunesse, de les contrarier par l'ombrage des cordons supérieurs; en sorte que ceux da dessous, privés d*aîr et de lumière, étalent faibles comparativement aux autres. Mon père fut le premier à remarquer cet inconvéaient et à cheroher une disposition cbarpentière plus conTenable. Il conçut lu projet, mais il ne vécut pas assez pour le mettre à exé* cation. Cette besogne nous était réservée.

Il s'agissait de substituer à l'ancien cordon horizonr tal la forme que voici {Jig. 17) : — - Notre cep n^ i forme le premier cordon. Le cep qui vient ensuite porte le n" 3, parce qu'il est destiné à faire le troisième cordon. Par cette disposition, on voit que le premier cordon n'a pas à craindre Tombre projetée par le cep qui avoisine son pied. Vient ensuite le troisième cep que nous nommons le n* 5, parce qu'il est destiné à constituer le cinquième cordon, tout à fait supérieur. Le quatrième cep portant le n** â doit former le deuxième cordon. Le cinquième oep est notre n* 4, appelé à faire le quatrième cordon. Si nous plantons six ceps au lieu de cinq, notre sixième cep devient le n* I d'une autre série. De cette façon, les diflTérents pieds de treille eut entre eux, dans le sens de la hauteur, et pendant leur jeunesse seulement, bien

entendu, l'intervalle vide de deux cordons, tandis que dans le principe, avec la forme ancienne, l'iatei^vallo se réduisait à un seul cordon.

Nous plantons nos ceps à 40 centimètres de distance, et nous ménageons entre nos cordons une distance de 42 à 45 centimètres, selon la hauteur des murs. La

L;iyiiiztjo by LiOOgle

DU CnAnPSNtA&E DES TREILLES. 4»

pins petite distance est pour les murs les mdns élevés^ et la plus grande distance pour les murs les plus élevés..

' Maintenant que nos disjpositions générales sont art

Fig. 17. Cordou h«>risoalAl Rose Charmeai,

rêlées, que nos oeps sont plantés, que la plaee de nos cordons est marquée au mur ou au treillage, si ireil-* lage il y a, il nous reste à exécuter la formation de nos cinq cordons.

On se rappelle que nous avons taillé cfiaque cep à

4« CITLTimB DU GHA8SIU8.

deux yeux en le plautaat, ^e ces deux yeux ont donné d'abord deox rameaox herbacés, et ^oé le plus

faible de ces rameaux a été supprimé au moment de l'ébourgeonnementy lorsqu'il n'avail encore que 8 ou 10 centimètres. L'autre a continué de végéter, et nous a douDc un sarment ligneux ou aoûté, que nous avons dressé contre un tuteur. C'est à ce sarment que noua avons affaire.

Nous commençons par notre jeune cep n* t. Lorsque son rameau herbacé a dépassé le premier cordon de la hauteur de quatre yeux à peu près , nous supprimons, avec la serpette ou les ongles, cette partie de rameau, au-dessus de Toeil qui se trouve à I ou 2 centimètres au-dessous de la ligne de fil de fer qui doit soutenir le cordon. Quelquefois cependant, disons-le bien vite, l'œil n'est pas placé aussi bien qu'on le désirerait, et alors, bon gré, malgré, il nous fjBUt pincer ou plus bas en dessous du fll de fer, ou plus haut en dessus. Dans le premier cas, pour ressaisir le niveau, on doit, au printemps suivant, à Tépoque de la taille, déchausser le cep avec précaution jusqu'aux racines, et le soulever délicatement jusqu'à ce que l'œil soit au

niveau nécessaire. Dans le second cas, le cep doit être

également déchaussé et enfoncé un peu avec le pied,, afin de faire descendre l'œil au niveau en question*

Nous supposons le niveau établi et le pincement exécuté. 11 se développe un rameau anticipé que nous nommims entre^cœur^ à Thomery, et que, sur d'antres points, on nomme aileron. On devra supprimer cet entre-cœur, aussitôt qu'il aura i ou â centimètres de

DU chaupentage des treilles.

longueur. Grâce à celle suppression, l'œil terminal profitera de toute la séve. Dans le cas où d'autres entrecœurs se développeraient au-dessous de cet œil, on les supprimerait également, toujours pour le favoriser.

Notre œil terminal poussera immédiatement et atteindra l'année même un développement suffisant, (juoique variable. Il s'aoûtera et fournira à sa base, à droite et à gauche, plutôt deux yeux qu un, de chaque côté.

Au printemps suivant, au moment de la taille, nous coupons noire sarment pincé Tannée d'avant, et le coupons au-dessus des yeux de la base, comme nous l'indiquons ici {fig. 18).

Ces yeux se développent nécessairement. Nous choisissons parmi les rameaux herbacés qui en sortent, le mieux conformé de chaque côté ; et dès que ceux-ci paraissent à l'abri de tout accident, nous enlevons les autres rameaux herbacés dont nous n'avons plus besoin.

Ce sont nos deux rameaux de réserve, opposés l'un à l'autre, qui formeront les deux bras du cep et lui donneront la forme d'un T. Tant que ces rameaux sont herbacés, on les palisse obliquement, de manière à ne pas les rompre ; puis, lorsqu'ils sont en partie

Fig, 18. — Taille en Tert destinée à former les deux bras d'un cordon.

it ' Cin.TinUB DO G1U98SU8.

lîgaeoz 00 i bois, on les incline doocemenl sur le fil de fer on cordon, aoquel on les accole avec du jonc, sans trop les serrer. On piocc ces jeunes pousses dès qo'cUea ont aiteinieoYiron I mètre de développ^nanu La date de l'opération dépend nécessairement du plus ou moins de vigueur de la végétation. Les entre-cœurs ou ailerons qui poussent sur ces rameaux pendant qu'ils se développent, doivent être pinces au-dessus de leur première feuille, non*seulement afin de favoriser la croissance des rameaux en question, mais aussi dans le but d'empêcher les yeux de se développer par anticipation.

Ce procédé, imaginé par nous, donne des résultats très-satisfaiaantSy parce que la répartition de la séve sefait également par les deux bras. Nous le préférons de beaucoup à ranciea mode qui consistait à former les cordons par la courbure du sarment au-* dessus d'une bourre qui se développait de suite. Par ce vieux procédé, la partie coudée du sarment reçoit moins de nourriture que l'autre bras qui a toujours une tendance à absorber les deux tiers de la séve, même quand il a été soumis à Tarcûre.

Nous venons de parler de la formation des deux bras d'une vigne au moyen du pincemeut. On peut les obtenir encore par un autre moyen qui consiste en ceci : au lieu de pincer le rameau herbacé qui doit nous donner les deux brancbes du T, nous laissons ce rameau se développer, nous le maintenons par l'acoolage et pinçons les entre-cœurs à une feuille, c'est-à-dire audessus de la première feuille. Au printemps suivant^

DU CHARPfiNTAGfi D£S TREILLES. ^ K% .

nous pratiquons la taille «o-dessus de l'œil le pîâi^Mp?*.

proché du cordon. £t^ dans le cas où cet œil serait trop bas ou trop haut, on s'y prendrait, pour l'élever ou l'abaisser, comme Ton s'y prend avec la méthode du pioc^meiA dont il vient d*étre parlé.

Une fois la taille &ite, le$ yeux ou bourres partent des diCférents nœuds qui se trouvent dans toute la longueur réservée. Nous ébourgeonnons en grande partie les rameaux herbacés provenant de ces bourres; nous ne conservons que les trois, quatre ou même cinq sortis des yeux supérieurs. Nous palissons verticalement le rameau de l'extrémité et le pinçons lorsqu'il a atteint un mètre de hauteur. Pour ce qui est deA autres rameaux, nous les palissons obliquement et les pinçons à 50 ou 60 centimètres, suivant la forée de la végétation. Ces rameaux obliques nous donnent du fruit, ainsi que le rameau vertical, et modèrent l'ascension de la aéve vers l'extrémité. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que pendant le cours de la végétation, on doit pincer les entre-cœurs au-dessus d'une feuille et même les rameaux herbacés qui se développeraient par anticipation.

L'année suivante, les sarments que nous venons de palisser obliquement sont taillésau-dessus de deux yeux apparents^ toujours dans le but d'obtenir du fruit. Quant au sarment vertical qui forme tige, nous le cou; poos au-dessus de deux yeux opposés, les plus rapprochés du talon, afin que ces deux yeux fassent en se développant les deux bras du cordon. Nos sarments inférieurs, c'est-à-dire les obliques^ sont taillés de même

5Û GULTUAS 0U CUASSKLA8.

sar deux bourres. Ces deux bourres éraettenl deux rameaux fructifèi*e8 que l'on pince immédiatement audessuade la première grappe, et que Ton supprime Tan* née d'après, afin d'aider au développeinent des deux bras qui doivent être palissés tioriEoiitalement. Chacun de ces deux bras dem être pincé ou arrêté à I mètre ou i",50 de longueur, selon la force de la végétation.

NouBconselIlona surtout le premier mode de formalion en T par le pincement, mais nous faisons remarquer que le second procédé que nous venons de décrire peut être appliqué dans le ças où Pun des deux rameaux destinés à foimer les bras^ viendrait à être enlevé par un accident quelconque, ou bim encore dans le cas où il prendrait fantaisie au propriétaire de retarder d'un an la formation du T.

Quel que soit le mode adopté^mipposons la charpente de noire cordon horizonlal établie. Il s'agit à présent d'obtenir les rameaux fructifères sur les deux bras, A cet effet, au printemps, nous taillons chaque bras audessus de trois yeux bien visibles, à partir de la tige . Le troisième œil au-dessus duquel nous taillons, doit occuper le dessous du sarment, car il servira d'œil de prolongement, autrement dit, il fournira le rameau de Tannée chargé de continuer le bras. Le deuxième oeil, placé en dessus du sarment, fournira, lui aussi, son rameau de Tannée qui, Tannée d'après, sera taillé à deux yeux de la base pour former ce que nous appelons un courson {fig^. 17). Le premier œil qui se trouve en dessous du sarment, au talon,* tout près de la tige,' devra être supprimé lors de Tébourgeonnemenl.

00 CflARPENTAGl im& TR£IU.B8. ti

Il Ta sans dire que TopératioD, pratiquée comme nous venons de l'enseigner, sor un des bras du T, devra être faite en même temps et de la même manière sur l'antre bras.

Nous aurons dbno Tannée suivante un oourson de chaque eolé du T, et de chaque côlé aussi un œil de prolongement destiné à allonger le bras et à donner de nouvdies séries de coursons diaque année. Ces coursons seront éloignés Tun de TautredelOa 12 centimètres environ. Ceci dépendra plus ou moins des variétés cultivées et de l'étendue des entre-nœuds.

Lorsque nous avons formé trois coursons de chaque côté, nous ne taillons plus qu'à deux yeux le rameau de prolongement, de manière à ralentir le plus possible rallongement des bras, à ne plus produirelde coursons que tous les deux ou trois ans, et de manière encore à ce que ie bras du cep n** 1 de gauche ne se rapproche pas à moins de 30 centimètres du bras du cep n° 1 de droite. Quand les deux bras des ceps placés sur le mêmeplan, viennent se rejoindre, la récolte baisse, et il est nécessaire de raccourcir le vieux bois et de le remplacer par de jeunes sarments.

* La seconde année, nous procédons avec le cep n*" â comme nous avons procédé avec le cep n* I . La troisième année, nous formons le T avec le cep n"* 3 ; la quatrième année» nous le formons avec le n? 4, et la cinquième année avec le n" 5, Toutefois, chaque année, nous taillons nos. différents ceps à la hauteur de celui qui va former leT. Il est inutile d'ajouter que chaque année aussi nous laissons aux ceps non formés

5| CULTURE OU GUASSELAS.

des rameaox fnictif&res le long de la tige, runeaox que nous supprimons dcRnitivement la première anaét) de la fonnaliaii du T. Ged n'a d'autre but que de tirer parti des tiges en attendant que les bras soient faits.

Lea opérations dont il vient d'être parlé s'appii* quent i des vignes plantées à Tëtat de ekeveiée en panier ou en couchage peu vigoureux. Mais s'il s'agissait d'un couchage ou marcottage fait avec des pieds vigoureux, fortement enracinés, on pourrait parfoia former les bras des cinq cordons en deux ou trois ans, et même en une seule année.

Gordon vertical simple à coursons alternes. —

Le cordon vertical simple à coursons alternes s'applique aux espaliers de S mètres de hauteur et aux contre-espaliers de i",20 à l'^jSO.

Commençons par l'application aux espaliers. En ce. qui regarde la plantation el la première taille, nous nous y prenons comme avec la forme précédente, el il en sera de même pour toutes lesaulres formesdontnpoa aurons à vous entretenir. La première année, tous les ceps^ plantés à 70 centimètres de distance, ne doi-, vent conserver qu'un rameau bien maintenu sur le tuteur; le rameau le plus faible est constamment sacrifié. Si la végétation de*celui que nous conservons est vigoureuse, nous l'arrêtons à i mètre de hauteur par le pincement.

L'année'8uivante, ,au printemps, c'est-à-dire au moment de la taille^ tous les ceps de Tespalier doivent ctre taillés uniformément un œil au-dessus de la première rangée de fli de fer, c'est-à-dire à 30 ou 3S cen-

DU CiUAPKIfTAGS DBS TEKUUli* I»

rimctres du sol. Tous les yeux se développent nécesaftirement et doiment de jeoneB rameaux faerbacëa;

Fi^, 19. — Cordon vertical iimple à courions alteriitt.

Nous conservons sur chaque cep les trois sapérieurs.

Le plus élevé des trois continuera la tige, celui du milieu formera un courson; le troisième , c'est-à-dire le plus inférieur, sera utilisé momentanément pour appeler la séve dans le cep et le nourrir par conséquent (fig. S0)« Pour ce qui est des autres rameaux herbacés placés en dessous des trois dont il vient d'être parlé, nous les supprimerons tout à Tait avec les ongles à répoque de l'ébourgeonnement, alors qu'ils ont 5 ou 6 centimètres de longueur.

§4 CULTUaS DU CIUS8KI.4S.

Lorsque cette opération est exécutée, nousj>aUâsons verUcalemeni le rameau le plua éle?é, dit rameao de

prolongement; puis nous palissons les deux autres obliquement à droite et à gauche de la tige, et ai la végétation ae développe avec énergie^ noua lea pinçons tous trois à leur extrémité dès qu'ils atteignent 1 mètre de hauteur.

A l'époque de la troisième pooase, au printemps, nous supprimons entièrement le rameau inférieur; noua taillons celui du milieu à deux yeux pour former le courson. Quant au rameau supérieur, nous le taillons

SO. — Taille de 3* année.

un œil au-deiaua du deuxième fil de fer ^i est i on

23 eenmèlres du premier (fig. 20). En admettant que notre premier courson soit établi sur la gauche du cep, tous les premierB oonraona des autres ceps devront

être à gauche également. Afin d'alterner, on aura soin

DU GlURPENTAGB DES TRKILfJtS. S S

d*étab]ir à droite tous les seconds ooarsoils. Souvent on rencontre de petites difBcoltës quand il s'agit de placer les coursons à droite et à gauche dans un ordre régulier. Pour en triompher» on saisit le sarment avec la main, on lui imprime une légère torsion qui change au besoin la situation des yeux, et on l'attache solidement avec un osier pour qu'il ne bouge point de la position forcée à laquelle on rassujettit. De cette façon, on établit indistinctement les coursons à droite et à gauche.

Dans le courant de Tannée, les deux yeux ou deux bourres de notre premier conrson de la base émettent deux rameaux, tandis qu'il en sort (rois ou quatre du prolongement de la tige. A Tépoque de rébourgeonnement, nous' ne touchons pas aux deux rameaux herbacés du courson; nous les conservoas. Nous en gardons trois sur le prolongement de la tige, jamais plus, et sur ces trois nous palissons le supérieur verticalement et les deux autres obliquement, ainsi que ceux du oourson. Nous avons donc en tout cinq rameaux herbacés palissés. Ils s'allongent^ et, au temps venu, ndus pinçons les deux du courson au-dessus du troî* sième fil de fer, et les tniîs autres à I mètre enviitm.

A la taille suivante, on supprime un des rameaux li« gnefix du courson, le plus éloigné de la tige, et on taille Taulre à deux yeux. Cependant, si ce dernier était trop faible, on le taillerait au-dessus d'un œil de la base et on garderait Fautre pour lui faire porter ihiit, en ayant soin toutefois de pincer le plus fort des de ux aftn de fortifier le plus faible par un apport de séve.

Le troisième rameau, qui se trouve à gauche doit être supprimé ; le quatrième, qui se trouve à droite, près

Fig. 21.

du second fil de fer, sera taillé à deux yeux pour former courson; le cinquième, qui est le rameau vertical de prolongement, sera taillé un œil au-dessus du troisième fil de fer, et de manière qu'un œil se trouve à gauche de ce troisième fil de fer pour former le troisième courson, tandis qu'un œil du dessus continuera le prolongement, et ainsi de suile jusqu'au sommet du mur, en procédant toujours comme précédemment. Pour appliquer ce système aux contre-espaliers, on

DO CHAEPSVT16S DIS TBBIUBS. 57

double le nombre des coorsons ; diose facile. Il suffit, en effet, de ne pas supprimer à la taille le troisième rameau inférieur du prolongement dont nous avons conseillé tout à rhemre la suppression {fig.

Gordon vertical Rose Charmeux à coursons alternes. — Cette forme difl'ère de celle qui précède, en ce que les pieds sont plantés à 40 centimètres les ans

des autres, au lieu de Tétre à 70 centimètres, et aussi

Fig, SS. — GoAire-etpalier (eordra verUeal).

en ce qu elle est applicable à des murs plus élevés, c'est-i-dire de S"*,KO à 4 mètres et plus.

Le premier cep prend ses coursons à partir de la première ligne de fil de fer, et les continue jusqu'à la moitié de la hauteur du mur {pg, 23).

Le deuxième cep ne porte pas de coursons depuis la base jusqu'à la moitié du mur; mais, i partir de là, il commence à les prendre et les continue jusqu'en haut ifig, 23).

Le troisième cep prend ses coursons comme le premier ; le quatrième comme le second, et ainsi de suite alternativement {fig. 23).

Ouanl aux ceps qui ne doivent coursonner qu'à par* tir de la Beooode Didlié du mur, on les taille de iaçoo

Fig» tS. — CofdoB vertical Rom Chhnnèui.

à les conduire en*denx on trois ans, et même en une seule anoce, — si la végétation le permet, — jusqu'au

milieu da mur en question, à l'endroit où ils doivent

prendre leur premier couraon. Si on les conduisait plus lentement, Tombrage de leurs feuilles serait contraire aux ceps coursonnës à partir du premier fil de fer.

L'avantage de ce cordon vertical sur le précédent esttrè»-grand, en ce sens que les pieds étant plus

rapprochés, on n'a pas besoin de charger trop fortement chaque pied pour arriver à une forte récolte ; et naturellement les produits y gagnent en qualité. Il est àremarquer, en outre, que les pieds qui prennent leurs coursons à la base, ne s'élèvent pas à une grande hauteur, au préjudice de ces mêmes coursons. Il est k remarquer enfin que, du moment où les pieds les plus élevés ne prennent leurs coursons qu'à la moitié du mur, il est permis de les conduire à une grande élévation, au moins dans notre climat, sans craindre l'étiolage de ces coursons.

Pour ces diverses raisons, nous croyons que cette forme doit être préférée à toutes les autres,

CSordon vertical Rose Gliarmeux & coursons opposés.— La dénomination seule de cette forme indique en quoi elle diffère de la précédente. Le cordon vertical dont nous venons de vous entretenir a les coursons alternes ; celui dont nous allons vous parler a les coursons opposés. Pour l'un comme pour l'autre, la distance entre les pieds est la même (40 centimètres [fig, 24]).

Pour avoir des coursons opposés, on pince comme lorsqu'il s'agit d'obtenir le T des cordons horissontaux.

60 CULTC&B DU CHASSELAS»

Sealemcai» la taille diffère ea ce sens qu'il faut se

Fi$, 14. — Cofdott Tertical Bom ChamMas à eounooi opposés.

réserver un œil de prolongement au-dessus des deux yeux opposés, afin de fonner la tige \fig. 25).

Avec le cordon à coursons allernes, chaque iil de

Liyiiized by

DO GUARPSRTAGE DES TRBIUBS. «t

fer porte wm oaurson, tantôt à droite, tantôt à gauche,

tandis qu'avec la forme qui nous occupe, les coursous se trouvent à la distance de deux fils de fer, afin d'éviter toute confusion et de ne pas étioler les ra* meaux herbacés.

Cette forme, quant aux produits^ n'a pas d'avantage, sur les autres ; elle retarde au contraire la fruclitica* tion, à cause do la formation de ses coursons. Son

Fig.l 25.

unique mérite, c'est la régularité, et c'est à ce titre seul que nous la conseillons aux amateurs*

GUtTCRK 0€ CHA.88BU8.

Gordon oMique de coatre egpaliai' i»yll<mMo

aux vignobles.-* On peut établir les contre-espaliers

/'iy. Sd« — Conlre-cspalier abrilé contre la gelée.

non-seulement avec des cordons verticaux ordinaires^

mais aussi avec des cordons obliques ayant un angle de 30 degrés. A cet effet, ou plante les ceps à ^ centi-

biyilizûu by GoOgI(

DU GHABPBNTAGB DES TRB1LLES. 6)

mètres de distance l'ua de l'autre. Quant à la conduite de chaque cep, elle ressemble pour ainsi dire exactement à celle qui s'applique à la formation du cordon horizontal simple, et pour cela, il suftit de soumettre à la taille totyi les raineanx on sarments qui sortent le long de la tige oblique. Seulement, on double le nombre des ckKirsons.

Si Ton voulait appliquer ce système aux vignobles, c'est-à-dire aux vignes à vin, on devrait palisser les' deux rameaux du courson terminal^ tandis que les autres, sur toute la longueur de la tige, seraient pincds immédiatement au- dessus des dernières grappes. Quant aux rameaux anticipé qui viendraient i se développer, ils devraient élre pincés aussi à un œil audessuâdela base.

Nous recommandons vivement aux cultivateurs de vignobles Tadoption de celte méthode dans leurs plan* tations nouvelles d'abord, et quand ils en auront apprécié les résultats, nous sommes persuadé qu'ils rappliqueront bien vile aux plantations ancieones.

On peut, en examinant la figure qui représente celle forme, se convaincre de ses excellentes dispositions, elremarquerqu'elle se prête très-bien à l'emploi des abris {fi g, 26 et 27).

Bu renouTellement on raJeunissemeAt de la vigne. — Lorsqu'une vigne est trop vieille et que la quantité aussi bien que la beauté baisse, il faut songer à la renouveler ou à la rajeunir. Dans ce but, on sup< prime les cordons jusqu'aux coursons les pins rapprochés de leur insertion sur la tige du T, s'il s'agit d'une

64 GUUTUBE DU CHASSELAS.

forme horizontale, ou jusqu'aux coursons les plus inférieure sur la tige, s'il s'agit d'une forme verticale ou oblique* Les coursons au-dessusdesqueb l'amputation a eu lieu produisent de beaux sarments. Au printemps saiwit, on taille ces sannents à trois ou jquaire yeux, afin d'obtenir de fortes ponsses. On conserve les deux ou trois plus vigoureuses, et, quand ces rameaux ont envircm 1*,50 de longueur, on les pince pour en arré* ter le développement.

L'année d'après, toujoure au printemps, on ouvre an pied du mur une fosse de de largeur sur une profondeur que nous ne saurions fixer rigoureusement; On cesse de creuser dès qu'il y a danger d'offenser la souche souterraine de la vieille marcotte. Gela fait, on couche avec précaution les pieds à, rajeunir ; autrement dit, on les marcotte ou on les provigne, et, la même année, on obtient ainsi deux ou trois nouveaux pieds destinés à renouveler la U:eiUe usée. 11 nous pa* ralt inutile de faire observer que les souches donnant les plus beaux raisins sont celles qu il convient de marcotter ou coucher.

On peut encore, en vue de renouveler une vigne, se servir des rameaux qui poussent au pied des treilles. Au bout de deux ans de taille, on supprime le vieux bois et Ton commence à former les cordons comme si l'on avait affaire à déjeunes plants. Ou bien encore, on renouvelle latreilleeneoucbant le vieux bois dans la terre.

S'il s'agissait de renouveler un cordon vertical sans coucher le pied, on choisirait un couraon au milieu de la tige; on le taillerait à trois yeux pour avoir trois ra-

L;iyiiiztjo by LiOOgle

CilARPËNTAGE DES TREILLES. 6ft

meaox; on palisserait verlicalement celui de l'extré-

mité, et, Tannée suivante, on retrancherait la tête du vieux bois au-dessus de la base de la nouvelle tige. C'est un excellent moyen de prolonger la durée d'une vigne tout eu la maintenant en bon rapport.

De la modlflcation des formes. — Si Ton tenait à changer seulement la forme d'une treille, à modifier sa charpente, il suffirait chaque année de rabattre un des ceps de cette treille à 40 centimètres du sol. On conserverait et on palisserait le sarment le plus vigoureux, et, Tannée suivante, on s'occuperait de la nouvelle forme à donner, sans préjudice de la récolte qui se produirait en même temps.

Opéniloiis àHalre pendant la cours de la végétation. — Ces opérations sont : l'ébourgeonnement, le soufrage, l'évrillage^ la suppression des entre-cœurs, le pincement, le palissage, l'éverrage, le repalissage, le eisèlement et reffeuillage.

Ébourgeonnment — Quand les rameaux herbacés que nous nommons ordinairement bourgeons^ ont 12 ou 15 centimètres de longueur, il faut abattre avec les doigts ceux qui paraissent trbp faibles et ceux qui n'ont pas de fruits. Un coup de doigt suffit pour détacher ces rameaux tout à fait herbacés. Nous n'avons pas bescnn de faireobserver que la suppression ne doit pas être trop générale, et qu'il faut conserver un ou dèùx rameaux sur chaque courson. Pour .ce qui regarde les branches de prolongement, on ébourgeonne les rameaux faibles, on conserve le plus fort pour con-» tînuer la tige et un rameau de côté pour former le

biyiiizuo b

66 GOLTUaE DU GliASSKUS.

coarsoD. Toutefois, quand la vigne se fait vieille et que les coursons tendent, par suite de l'accumulatioii des tftilleSf à prendre trop de développement en haatenr, OD conserve de petits rameaux, soit à la base R, soit au milieu du courson en €r et fi, afin de rapprocfaef

Fig, tSk — Courson à rapprôeher*

eelni-ei après deux années de taille. On aide la végé* talion de ces rameaux de remplacement par le pincement de X« X qui seront supprimé» plus tard.. Ceci s'applique aussi bien au courson sur cordon horizontal qu'au courson sur cordon vertical (fig, 28)»

iSoti/râ^e. On doit commencer Topératioo aiiaait&t que rébourgeonnement est terminé, par une température inférieure à ^ oentigr. en plein air. Sous Tia* flnence d*une chaleur trop intense, la ]iellicuie da

ciurpentage des treilles. 67

raisin serait désorganisée. En plein midi, ie grain

serait brûlé en une hcMire. On peut soufrer par la rosée; il Q y a pas à craindre dj salir le raisin.

Il fie foui pas attendre que l'mdium se nmt déetaré pour faire la première opération, La seconde opération doit élre eileclaée qnand les raisins ont «atteint la grosseur d'un pois, et môme avant, s'il nppai*fl{ssaît de roïdium. Il serait préTérable de sou£rcr pendant la floraison.

L'opL'iiUion se fait au moyen de sonfre sublimé répandu sur la vigne avec ie soufflet projecteur. L'homme

^t^. 19, «- Soufflet projeclear et coupe du MMifflel.

ne dmt pas s'arrêter pour soufrer; il faut monter une

rangée de vigne, descendre l'autre : cela suffit ; de cette façon toutes les parties herbacées de la vigoe ont eu saffisamment de fleur de soufre pour 4tre préservées de l'oïdium.

Dans nos contrées» oik les pluies abondantes détmi^

Digrtizeij Ly <jOOgIe

6i COUTRB DU GHASSBUS.

scDt en partie i'eiïct de la fleur de soufre, il est presque toujours nécessaire de leoommeiioer trois ou quatre fois Topération.

Il ne faut pas s'occuper des endroits où est lancée la fleur de soufre ; en ayant soin de viser sur les parties herbacées, on peut être certain de préserver la vigno des atteintes de Toîdium, et si les grappe étaient reconnues malades^ c'est sur elles qu'il faudrait diriger la fleur de soufre.

Le soufrage doit être pratiqué le matin et le soir, et même pendant la journée s'il ne fait pas de vent.

Nous avons remarqué que, pendant le soleil, Toîdium était presque complètement détruit en une heure. Nous altribuons ce résultat au prompt dégagement du gaz acide sulfureux provoqué par la chaleur solaire : il est même possible de sauver la récolte d'une vigne qni aurait été négligée, pourvu que les grains n'aient pas encore été noircis par la maladie.

Un hectare de vigne, à Thoraery, est composé de 10 à 12,000 ceps. £n admettant que la journée de travail soit de 10 heures, et le prix de la dépense serait très-minime, puisqu'un homme peut soufrer au moins un demi-hectare par jour. — Pour trois opérations, on emploie 60 kilog. de fleur de soufre par hectare.

. Nous ne saurions trop recommander aux propriétaires d'apporter les plus grands soins à surveiller les vignes, afîn qu'au premier signe annonçant lamaladie, soit avant, soit pendant et après la floraison, le remède

quQ nous indiquons soit immédiatement appliqué. .

GHàRPBlTTAGB DBS TRBILLBS. 69

Évriliage^ êuppression des entre-cœurs et pincement. — Ces diverses opérations se font d'ordinaire une

qniazaioe de jours après rébourgcoimement, un peu

Fig. M. - TriUe «t tntM-eont.

plus tôt OU un peu plus tard. On coupe les vrilles, même celles qui tiennent au talon de la grappe (fig, 30, n*â), avec les ongles et le pins près possible du rameau. Ensuite on abat avec les doigts tous les entreqœurs (/^y. dû, n"" i) sur les vignes d'une végétation modérée, c'est-à-dire ayant environ une dizaine d'an-' nées, tandis que sur les vignes jeunes ou sur les variétés vigoureuses, on se contente de pincer les entre-cœurs au-dessus de la première feuille, attendu qu'une suppression trop complète pourrait provoquer des pousses anticipées. Cette suppression partielle est aussi très-avantageuse pour les variétés d'une fructification tardive, parce qu'elle agit favorablement sur l'œil. ♦

Le pincement, qui se fait en même temps que l'é-

biyi

70 CULTURB DU GHASSUS.

vrillage et la suppremon des entre-oœurs, consiste à rogner les eklrémités de tous les nuneaax herbacés

Fi§, 31 « «-^ PioocmtBt*

qui dépassent 43 ou 45 centimètres, c'est-à-dire deux intervalles de fil de fer (fig. 31), que la direction soit verticale comme en A ou oblique comme en B(/î^. 31).

Il n'est pas nécessaire d'ajouter que le procédé de pincement dont il est question ici , s'applique à des vignes formées, et que s'il s'agissait de vignes en for* mation , on pincerait au moins i un mètre, crafkne nous l'avons indiqué précédemment.

Palissage. — Huit ou dix jours après le pincement, ordinairement du 20 au 25 mai, on commence le palissage. Supposons que nous ayons affaire à un cordon horizontal , nous palissons, autrement dit nous acco« Ions avec du jonc l'extrémité de chaque bras B (fig.3\) dans une direction oblique. Quant aux rameaux des coursons A et C (fig. 31), les uns doivent être palissés plus ou moins obliquement, et les autres verticalement, afin de couvrir le mur le mieux possible. Voyez d'ailleurs la figure ei-dessus. «

Pour ce qui est des cordons verticaux en général, les deux ou trois rameaux de l'extrémité de chaque

CUAllPiîNTAGE DES TREILLES. 71

piod doivent être palissés verticalement, et tous ceux

des coursons obliquement.

Éi>errage. — On appelle ainsi le travail qui consisie à rechercher et à détruire une larve dont il a été fait

mention à l'occasion des insectes et animaux nuisibles.

Repalissage, — Le repalissage consiste à attacher ou accoler les rameaux qui n'avaient pas atteint assez de développement au moment du palissage. II va sans dire qu'on ne les palisse qu'après les avoir pinces à la même hauteur que les autres. Les pousses anticipées ou faux rameaux qui se seront développées à Textrë* mité des rameaux palissés en premier lieu, seront coupées ou cassées.

En môme temps que l'on procédera à cette opération, on devra enlever quelques-unes des feuilles qui, à ce moment, jettent la conrusion entre le mur et le feuillage tout à fait extérieur. Ce sont ces feuilles gê* nées, gênantes et mal développées, à causedeleur situation, que noue nommons, à Tbomery, feuilles frisées.

Cisèleinent. — Lorsfjue les plus gros grains du raisin sont du volume d'un pois, on cisèle. Ce travail consiste à enlever avec les ciseaux que nous figurons ici {fig» 32), les plus petits grains des grappes qui ne sont pas trop serrées. Quant aux grappes qui sont par trop serrées, il faut leur enlever tons 1rs grains petits, et souvent encore un tiers ou un quart des^utres. Celle ^suppression profite aux grains restants; die en augmente le volume et en aciivo la maturation. On ne se . borne pas toujours à éclaircir les grains ; il est d'usage,

71 GCJUTUEE DU CHASSELAS*

en outre, de couper 2 ou 3 centimètres de l'extrémilé des grappe» de chasselas, qui sont assez souvent d'une

Fig. st.

longueur démesurée, lorsqu'elles proviennent d'une

vigne jeune et fougueuse.

Pour opérer le cisèlemeot dans les parties élevées des espalion, on se sert d'une espèce d'échafaudage à roulettes, dont voici l'image (fig, 33). Quand il fait trop chaud ou quand il pleut, deux circonstances qui n'arrêtent point le travail, on abrite les ciseleuses au moyen de toiles tendues comme dans la figure 34 ciaprès. Pendant le cisèlement , on dégage encore les vignes des feuilles de derrière.

Effeuillage. — Nous avons déjà enlevé des feuilles aux treilles à deux reprises différentes, afin de favoriser le développement du raisin. Nous ne devons y toucher de nouveau qu'au moment de la complète maturité, ou tout uu moins très -prudemment ù l'ap*

DD GHARPSRTAaB DBS TBSIUJSS. 71

proche de cette maturité , soit pour la coiupiéter , BoU pour dorer le raisia el iuî donner par consé-

Fyi% 3â. — Ëchàlaudage à roulettes.

quent celte, nuance appétissante que Ton recherche tant. A cet effet, on ne découvre les raisins que partiellement, en ayant soin de laisser un bout du pétiole (qneue de la feuille) au sarment. Si Tcm découvrait par trop et brusquement, la chaleur solaire, alors très-intense encore, pourrait, dans cei^ tains cas^ altérer le raisin et nuire à sa consenrar tion.

Vers les premiers jours d'octobre seulement, on pourra découvrir chaque grappe plus complètement^

Digitize^

7 4 CULTUBS DU G1U8SBLAS.

ufia de la soumettre aux influeDces du soleil, de la rosée el da brouillard, qui contribuent à sa belle coloration, et parfont sa qualité.

Nous n'avons pas besoin de rappeler que si la rosée

Fig. 3i« » Abri des ciseltoMt.

et le brouillard améliorent le raisin mûr, les pluies le

délcriorent quand il mûrit, et que pour empêcher celte détérioration^ on a dû placer les abris sous les chaperons, à partir du 15 septembre et même avant.

Cueillette ou récolte des raisins. — On cueille les raisins à diverses reprises, deux ou trois fois par semaine, à mesure que les grappes sont bien mûres et bien dorées. On commence cette cueillette par les grappes des cordons de la base, non point pour une raison de maturité qui, ù Tiiomery, sinon partout, ar-

CHAEPXNTA^JI DES TELILLES. 75

rive à la même date en haut et en bas, mais parce que les raisins des premiers étages se conservent moins bien sur la treille et moins bien au fruitier que ceux des étages supérieurs. Nous coupons les grappes avee de petites serpettes le plus souvent» ou quelquefois avec dos ciseaux, en ayant Lien soin de ne pas déflorer les grains. C'est surtout le matin et le soir que l'on exécute cette besogne, attendu que les espaliers ont de l'ombre, et que la leiute du raibiu est plus faeile à distinguer. Par un temps couvert, on cueille à toute heure du jour.

Ce sont le plus ordinairement les propriétaires euxmêmes qui font la récolte à Tespalier. Us tiennent de

Fig» 35. — Crochel à rai^iu^.

, la main gauche un petit panier d osier blanc à deux anses, et garni au fond de feuilles de vigne. De la

main droite, ilb détachent le raisin , de piéiércnce avec

Digrtizeij Ly <jOOgIe

76 GULXUA£ W GkiÂ&SELkS.

la petite serpette, et mettent ce raisin dans le panier qui doit e& contenir envircm i kilqgramme et deim fois cette quantité caeillie, on dépose le panier sur la plate-bande de la treille ; on en reprend un autre, et on conlinoe ainsi la besogne. Un aide enlève les panieis pleins, trois par trois de chaque main, et les transporte, soit au milieu du jardin, soit à l'entrée, pour en former une charge de douze ou de seize panim que Ton arrange sur des gradins à claire voie et à quatre étages qui rappellent un peu le miierando d'un vitrier, et que l'on emporte sur son dos, à l'aide de bretelles. On appelle cela un crochet à raisins {fig. 35). Pour ce qui concerne les raisins inférieurs, provenant des contrc-espaliers, on prend moins de précautions; on les transporte tout simplement dans de petites tapissières suspendues, à un cheval, ou même à bras.

Les paniers pleins sont apportés dans une chambre spéciale, nonunée magasin. C'est là qu'on emballe les raisins pour les conduire au marché de Paris.

Emballage des raisins. — £n ce qui regarde les raisins de premier choix, on les sort gnq>pe à grappe des paniers qui ont servi à la cueillette, et on épluche les grains défectueux ou altérés par des insectes. On place ensuite les grappes, une à une, dans des boites que Ton garnit de papier blanc intérieurement, au moment d'y mettre le raisin. On dispose les grappes en question l'une à côté de l'antre, de façon que le plus beau côté occupe le fond. Ënsuite, on cloue la boite, on la retourne sens dessus dessous, de sorte que le fond devient la belle face de l'emballage. C'est par la

CHARPEIfTAGB BE8 TBÏtLLES. 77

qu'on l'ouvre, ei il s'ensuit que les raisins exposés se présentent à Tacheteiir sous tair aspect le plus séduisant.

Chaque botte, tare déduite, ou, si mieux tous aimez,

poids net des raisins, contient I'^'V^^î pesé à la balance-ba8cule« poids que l'on maintient, dans les usages commerciaux, du mois de septembre au mois de janvier. Plus tard, la plupart des boites sont réduites dans leurs dimensions et ne contiennent plus qu'un kilogramme, ou même 800 grammes seulement, quand arrive le mois de mars.

Pour ce qui concerne les raisins de deuxième choix, on peut aussi les mettre dans des boîtes; mais le plus ordinairement, on les emballe dans un petit panier conique très-clair d'osier, et garni au fond et sur les côtés, soit de fougère desséchée à l'air, soit do regain de prairie naturelle. Par-dessus la fougère ou le regain, on étend une feuille de papier; puis on arrange les raisins avec beaucoup de précaution dans ce papier, dont on rabat les extrémités par-dessus. On recouvre le panier avec de la fougère, du foin ou de la paille d'avoine et une feuille de chou; après quoi, on maintient cette couverture avec un lien d'osier qui fait le lacet. Chaque panier contient l''",500, poids net de raisin.

Quant aux raisins de troisième qualité, on les emballe, soit dans des paniers de l'''^,50û, comme les précédentB, soit dans de grands paniers de 7^*^500. Ces

derniers sont, pour la plupart , brouettés et vendus dans les rues de Paris.

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Conservation des raisins à r&fle fraîche. — La

pièce destinée à servir de fruitier doit occuper le premier étage, et, autant que possible, le milieu du bâti-

Fig. 36. — lutérîeur du fruitier.

ment, afin d'être sauvegardée de deux côtés contre l'huraidité. Deux fenêtres suffiront à la rigueur, lune au midi, Tautre au nord. On les tiendra fermées constamment, dès que tout sera plein ; puis, quand les froids viendront, on matelassera ces ouvertures avec des toiles remplies de mousse ou dè varech. L*usage principal des deux fenêtres, c'est de favoriser le nettoyage du fruitier et d'y renouveler l'air pendant l'été, lorsqu'il ne s'y trouve plus de raisins.

en ARPENTAGE BES TRBILLBS. 99

£ii raison dea rigueurs de Thiver, qui parfois pourraient compromettre la conserve, il est pradent de ménager, dans une cheminée voisine du fruitier, une ou plusieurs bouches de chaleur, suivant la grandeur de la pièce. Sans cette précaution, on se verrait forcé de recourir à des moyens directs, foyers ouverts ou poêles, pour élever la température: moyens trop énergiques et contraires à la conservation du raisin.

Nous prenons pour raisins de garde ceux qui occupent principalement les étages supérienrs des treilles. L'influence des abris contribue certainement à les rendre de longue durée.

Il ne faut pas cueillir les premiers raisins de garde avant le 20 octobre. On doit choisir pour cela un beau temps, légèrement couvert, pourvu qu'il n'y ait pas de rosée. On commence par couper les plus beaux raisins, comme volume et comme grain, et l'on a soin de les couper avec un bout de sarment, ayant trois yeux sous la grappe et deux au^lessus. On ôte les feuilles tout aussitôt, puis on met les raisins avec précaution dans de grandes boites on de grands paniers. Alors on les transporte au fruitier, oîi chaque sarment est plongé de suite par le gros bout dans une petite fiole allongée, de la contenance de 125 grammes d'eau. Dans cette fiole, on a dû mettre l'eau jusqu'au goulot, deux ou trois jours à Tavance, et, dans cette eau, une cuillerée à café de charbon de bois en poudre.

Les fioles sont ensuite suspendues comme notre figure l'indique {fig. 37); après quoi, les précautions à prendre sont ccilcs-ci : — ne pas les remuer, les

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80 GlOtTOEK DU CHASSELAS.

soustraire aux couraniâ d'air et à la lumière, et ne point pennettre au ibennoniètre de deaoe&dre au» dessous de -|- I ou ^ oentîgrades.

Pas n'est besoin de chaoger l'eau des fioles. Elle ne baisse qne de 5 ou 6 cenCûnètres au plus, du mois de novembre au mois de mai, époque où la coiisommatioa

Fig, 37, — Fiole couleiuiot le Mnnent de la grappe.

doit finir. £t cependant on ne bouche ni on ne cachette ces fioles.

Conservation du raisin à râfle sèche.— On se sert

du même fruitier; les étagères de l'intérieur y sont employées. Ces étagères sont garnies de boites à coulisses, iiiclinccs de 10 centimètres environ, d'arrière en avant, et garnies au fond de fougère bien sèche, ou, à défaut de fougère, de paille de seigle {fig, 38). Quelques jours après que les fioles out été remplies, on coupe le raisin successivement, jusqu'au moment des gelées qui, à Thomery, arrivent ordinairement du

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GHARPENTÂGE DBS TREILLES. SI

6 au IS novembre. On place ces raisins dans des paniers pouvant eu conteuir euviron 2 kilogrammes; on les apporte ayec soin sur les crochets que vous con-

Fig. 38. — Gomervatioo do raitia & rifle tèelM.

naissez déjà; on les dépose au fruitier, et les grappes sont rangées dans les boites, les unes à côté des autres et de manière à ce qu'elles se touchent le moios possible. Chacune de ces boites, ouverte par le haut, contient environ 6 kilogrammes de raisin.

Tout le temps que la conserve dure, il faut avoir soin d oter avec les ciseaux tous les grains altérés par une cause quelconque. Si Ton craignait l'humidité dans la pièce, on pourrait placer aux deux extrémités de ce fruitier un tonneau rempli à moitié de chaux vive.

On conserve le raisin des oontre-espaliers par les

mêmes moyens que le raisin d'espalier; mais depuis que nous conservons si bien ce dernier, nous trouvons que l'autre n'a pas assez de durée.

Il arrive parfois que l'atmosphère du fruitier prend une odeur désagréable de moisi. Pour prévenir cet inconvénienl et rendre la pirce plus saine , nous avons pris, dans ces derniers temps, le parti d'y placer des ventilateurs qui, bien entendu, ne fonctionneront qu'à la dernière extrémité, c'est-à-dire seulement lorsque l'odeur de moisi se fera sentir.

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