LE VERGER
Sol et exposition. —Les prunes viennent bien sur un grand nombre de sols différents mais il est certains sols qui paraissent mieux leur convenir que d’autres, ceci dépend quelque peu du climat de la localité. Dans ces parties de l'Ontario où les prunes Quropéennes réussissent le mieux, ce sont les terrains argilo-sableux, bien égouttés, qui donnent les meilleurs résultats. Le long de la rive sud du Saint-Laurent, en face de la ville de Québec, où les prunes européennes réussissent, elles préfèrent les sols sablo-argileux. Tout considéré, les pranes japonaises viennent mieux sur les terres franches. chaudes, que sur les terres argilo-sableuse: Les prunes Americana et Nigra préfèrent les sols argilo-sableux. mais elles vienr .. bien également sur les sols sabloargileux. Avant tout, il faut un bon égor‘ ent, sinon inutile de compter réussir. Plus le climat est rigoureux, plus il est n. cessaire que le sol soit chaud.
Si les gelées de printemps soné à cra‘ndre, l'exposition au nord où au nord-est dénncra probablement les meilleurs resultats, car les bourgeons à fleurs ne se développent pas aussi vite que sur une exposition au sud. Tes bourgeons à fleurs des prunes européennes et japonaises souffrent beaucoup dans les climats froids, et il n’y a pas de doute que l'exposition au nord est la meilleure pour ces espèces,
Préparation du sol —11 arrive très souvent qu’ur cultivateur ou un arboriculteur se décide tout à Coup à planter un verger: il n'y à jamais pensé Jusqu’iei ou du moins il n’a rien fait pour préparer le terrain à recevoir les jeunes arbres. I] achète donc les arbres, il prépare la terre rapidement et à peu près et il lui confie ses plants. Or, tous les binages que l’on pourra donner ensuite ne serviront pas à grand’chose sur une terre mal préparée. Si l’on veut que les arbres atteignent un développement raisonnable, avant de commencer à porter des fruits, il faut qu’ils poussent rapidement, à partir du moment même où ils sont plantés; or, si la terre n’a pas été bien préparée et si elle n'est pas en bon état au moment de la plantation, Ja croissance sera lente. Si la terre n'est pas en bon état, il vaut mieux attendre une année et donner au sol les soine nécessaires. ]l n’y aura pas de perte de temps car les ar’ res viendront beaucoup mieux. La terre qui a été bien fumée pour une récolte de racines, labourée en automne, Jabou rée de nouveau au printemps, parfaitement aplanie et ameublie à la herse, devrait être en bon état pour recevoir les arbres. Si le sous-sol est près de la surface, la charrue sous-s0l doit passer après la charrue ordinaire, afin d'ameublir le sol à quatre ou six pouces de profondeur de plus que la première.
Le y î ätutomne, recouvert au Printemps d'une bonne couche de fumier de ferme, puis labouré de nouveau et parfaitement ameubli à la herse, devrait être en bon état Pour recevoir Jes arbres. Une très bonne méthode également est
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Disposition du verger. Les pruniers exigent des pulvérisations soigneuses, c'est là un fait dont il importe de se souvenir en plantant, c'est-à-dire qu'il ne faut pas Mettre les arbres trop rapprochés Les uns des autres. Du reste une abondance de lumière est nécessaire si l'on veut que es arbres poussent bien et dennent des fruits dé bonne couleur; or les arbres trop serrés manquent de lumière. Il y à plusieurs “onnes méthodes de plantation.
Si l'on veut planter les pruniers également distancés les uns des autres pour les laisser tous en place on les mettra de 15 à 20 pieds d'écartement, suivant les variétés che isies, Si toutefois le verger comporte un mélange de variétés à végétation étalée et à végétation droite, ce qui peut être nécessaire pour assurer une bonne pollinisation, un écartement de 18 pieds donnera de très bons résultats.
Une autre bonne méthode également est de planter les arbres plus éloignés d'un coté que de l’autre; bien exécuté, ce système donne Satisfaction, On peut, par exemple, laisser entre les arbres 10 pieds d'intervalle dans les rangs et mettre les rangs à 15 pieds d'espacement les uns des autres. Cette dernière distance laisse bien assez de place pour faire les pulvérisations, Quand les arbres deviennent trop serrés on peut enlever chaque deuxième arbre, laissant ainsi à v0 pieds sur 15 pieds les arures qui ‘doivent rester,
Une troisième méthode est de planter les pruniers dans un verger de pommiers, Elle permet de retirer quelque profit de la terre avant que les pommiers entrent en plein rapport.
Si, par exemple, le: sommiers permanents sont placés à 35 pieds d'écartement en tous sens, on peut mettre, entre les rangées de pommiers, une rangée de pruniers espacés de 174 pieds dans le rang. On pourrait également planter des pruniers entre les pommiers dans les rangs, ce qui laisserait les pruniers et les pommiers espacés de 174 pieds. On peut ainsi obtenir de bonnes récoltes de prunes avant qu’il soit nécessaire d'enlever les arbres. Cependant ce mélange de pruniers et de pommiers n’est pas à
recommander car les premiers exigent des pulvérisations plus faibles que les derniers.
Brise-vents.—Si le verger n’est pas naturellement protégé contre le vent par des arbres ou par la pente du terrain, il peut y avoir avantage à planter un brise-vent le long des côtés nord et ouest ou sur tout côté d'où soufllent les vents les plus dangereux. Le but du brise-vent n’est pas d'arrêter entièrement le vent mais simplement de diminuer sa vitesse; il ne faudrait pas un brise-vent très haut et très épais, qui s’opposerait à la circulation de Pair dans le verger, Car il en résulterait des conditions favorables à la propagation des insectes nuisibles et des champignons. D'autre part un brise-vent de bonne dimension diminue la force du vent et protège les arbres, qui restent ainsi plus droits et mieux formés, Il réduit aussi beaucoup la quantité de vent et par là permet de cultiver des varictés qui ne résisteraient pas en terrain plus exposé. Le vent est un des facteurs qui contribuent le plus à dessécher la terre, Mais si la force du vent s'épuise d'abord centre un brise-vent, l'évaporation de l'humidité du sol sera beaucoup moins active,
Un des meilleurs arbres à planter en brise-vent est l’épinette de Norvège (Picea “celsa). C’est un arbre toujours vert, à croissance rapide et qui se montre rustique partout où les pruniers viennent bien. Une seule rangée de ces arbres plantés à $S ou 19 pieds d’écartement est très Suffisante. Bien entretenus. ils devraient pousser à raison de 2 à 3 pieds par année et atteindre une hauteur de 50 à 60 pieds. Dans les endroits très exposés il peut être bon de planter deux rangées d’arbres, ceux qui forment la deuxième rangée sont plantés entre ceux de la première mais à 8 à 10 pieds en arrière. La première rangée peut être composée de thuyas, à croissance plutôt lente. et la deuxième d’épinette de Norvège si on le désire. On peut aussi employer le pin blane et le mélèze d'Europe qui sont des arbres à crois Le pin €
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l'est pas toujours satisfaisant car il se développe assez irrégulièrement, Dans le cas où l'on ne pourrait se procurer aueun de ces arbres, il y a d'autres espèces indigènes qui donnent de bons résultats.
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La distance entre le brise-vent ét la première rangée d'arbres fruitiers doit être d'au moins 40 pieds, Les arbres du brise-vent peuvent être éclaireis un peu plus tard,
si cela est nécessaire,
Sortes d'arbres à planter—Les pruniers d'un an où deux donnent les meilleurs résultats. Ni le planteur se charge Jui-méme de l'entretien du verger, il fera mieux de prendre de petits arbres car ils reprennent plus promptement que les gros, mais s'il
emploie des ouvriers il fera beaucoup mieux de prendre des arbres bien développés ear les petits arbres sont plus exposés à être abîmés ou foulés aux pieds. On fera bien de lire attentivement ee que nous avons dit sur les sujets car le sujet du prunier joue un rôle important dans le développement de l'arl ze.
Plantation—Le printemps est le meilleur moment de l'année pour planter les pruniers. Plus tôt cette opération est faite, pourvu que le sol soit assez sec pour se travailler sans former une pâte, meilleures sont les chances de reprise, Les pruniers souffrent plus d'une plantation tardive que les pommiers. On peut réussir en plantant en automne si l'on s'y prend assez tôt pour que les arbres aient le temps d'émettre des racines avant l'hiver, mais les pruniers plantés en retard sont très exposés à se dessécher et à périr. Comme il est extrémement important que les arbres soient plantés de bonne heure au printemps et comme il est très difficile de se les procurer à l'époque voulue quand on les commande chez un pépiniériste, il est bon de se les faire livrer en automne et de les mettre en tranchée dans un sol bien égoutté jusqu'au printemps. Quand on déterre les arbres au printemps, il faut prendre les plus grandes précautions pour empêcher les racines de sécher avant la plantation sinon l'arbre est
à peu près sûr de mourir. On peut protéger les racines en les trempant dans une pâte claire d'argile et d’eau, mais il faut aussi les envelopper d'une toile mouillée, de vieux saës, où de paille humide. On fera bien également de creuser les trous avant d'exposer les racines des arbres.
Bien des planteurs semblent croire qu'il suffit de creuser un trou tout juste assez grand pour que l’on puisse y faire pénétrer les racines. Parfois les arbres plantés de cette manière reprennent, mais le plus souvent ils ne reprennent pas du tout. Si tout le champ a été défoncé et parfaitement ameubli, il y a moins d'inconvénients, car alors la terre est partout dans le même état d’ameublissement, mais il est très rare qu'il en soit ainsi. En général le trou doit être un peu plus grand qu'il ne faut pour loger les racines complètement étalées. On doit creuser à 18 pouces de profondeur, puis ameublir le sous-50l quelques pouces de plus, mais sans l'enlever. En rejetant la terre hors du trou il faut tenir le sol de surface ou la bonne terre séparée du sous-sol, qui est de la terre de moins bonne qualité. On remet ensuite dans le trou une quantité suffisante de sol de surface pour que l'arbre, une fois planté, soit de un pouce plus profond dans le sol qu'il n’était auparavant. Si l'arbre n'était pas planté à une profondeur suffisante les racines pourraient devenir exposées à l'air et l'arbre mourrait. Mais il faut éviter de le planter trop profondément, Avant de mettre l'arbre dans le trou, il faut reler-- la terre qui y a été jetée pour l’arrondir au centre. Dans un trou préparé de cette façon, les racines de l'arbre s'étalent beaucoup plus facilement et se placent dans une position plus naturelle. Les racines des pruniers n’ont pas beaucoup de fibres, aussi importe-t-il, pour augmenter les chances de réussite, d'étaler soigneuseaient toutes celles qui sont restées sur l'arbre. Avant de planter il faut soigneusement couper toutes les racines cassées ou endommagées,
L'arbre une fois placé bien droit dans le trou et les racines soigneusement étalées, on rejette doucement le sol de surface que l'on éparpille à la main parmi les racines, si cela est néress Il est très important que la terre vienne en contact direct avee lne 6H pois
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ii re CSC x tre prot l les racines bien recouvertes, on applique encore de la bonne terre et lorsque le trou est à moitié plein on tasse fermement avec les pieds, puis l’on continue à remplir jusqu’au niveau de la surface du sol tout en piétinant au fur et à mesure du remplissage. On laisse à la surface une couche de terre meuble friable qui. en retenant l'humidité
comme un paillis, s'oppose au dessèchement de la terre qui a été jetée dans le tre IT n’est pas nécessaire d'arroser les arbres si la plantation a été faite à la bonne époq et si la terre est assez humide et bien tassée autour des recines.
Si l’on plante des arbres d'un an, il faut enlever toute: es branches latérales étêter le tronc à une hauteur de deux À trois pieds du 401 » iui laisse un arbre de dimension d’un fouet. Si les arbres ont deux ans, il faut tailler les branches de face à ne laisser à chacune que quatre bourgeons, mais pour obtenir une bonne tête sym trique il suffit de laisser de quatre à six branches et de sectionner les autres jusqu’ tronc. La méthode Springfellow, qui consiste à tailler fortement les racines, à étêt l'arbre jusqu'à dix-huit pouces du sol et à planter dans un petit trou n'est pas à r commander au Canada. En tout cas elle doit être pratiquée avec prudence,
Si le verger est dans une situation exposée et si les arbres sont gros et élevés, sera bon de les attacher à des tuteurs pour les empêcher de s’ébranler.
Dans les districts exposés à souffrir de la sécheresse ou même dans les endroits o la terre devient assez sèche, et où l'on ne peut donner fréquemment de bons binages, : sera bon d’entourer les arbres nouvellement plantés d'une couche de quatre à six pou ces d'épaisseur de fumier, de paille, de sciure de bois ou de matériaux de ce genre qu ne forment pas une masse Compacte. Cette couche, placée autour de la base de larbr et laissée en été, empêchera l'humidité de s'évaporer, et la croissance de l’arbre ser. beaucoup plus rapide. Un bon paillis de ce genre peut sauver la vie d’un arbre dan une saison très défavorable. Il ne faut pas que le paillis soit trop ouvert quand l’hive commence, Car il est à craindre que les souris ne sx logent et c'est là un danger qui importe d'éviter,