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CULTURE DES PRUNES DANS LES DIFFÉRENTES PROVINCES DU CANADA

Nous avors envoyé aux principaux arboriculteurs, dans les différentes provinces canadiennes, une circulaire où nous leur posions certaines questions sur la culture des prunes dans leurs provinces respectives. Nous nous sommes servis de leurs réponses pour rédiger les résumés suivants qui, nous en avons l'espoir, seront de quelque utilité.

Ile du Prince-Edouard.—\.a prune européenne réussit bien dans cette province: les variétés japonaises sont trop tendres, Quant aux espèces indivènes, elles ne sont pas à recommander, La quantité de prunes cultivées sur cette île est limitée car les déouchés locaux ne sont pas considérables. On a expédié des prunes avec succès aux villes minières du Cap-Breton et de la Nouvelle-Ecosse. La récolte souffre parfois des gelées tardives du printen:ps. Règle générale, les arbres produisent abondamment tous les deux ans maïs ils ne durent pas longtemps. Le black knot est la maladie la plus à craindre. Le champignon cribleur cause également des dégâts. La culture des prunes est considérée comme une industrie avantageuse,

Nouvelle-Ecosse—Le climat de la vallée d’Annapolis et des vallées adjacentes ainsi que de certaines parties de la côte sud, convient admirablement à la culture des prunes européennes et quelqnes-unes des variétés japonaises viennent bien également. On pourait cultiver de grandes quantités de prunes, mais les débouchés sont restreints actuellement car nous avons peu de grandes villes. Les froids et l'humidité au printemps, surtout au moment de la floraison, et les hivers rigoureux, affectent parfois da récolte. Les variétés très hâtives et très tardives sont avantageuses car elles n'ont pas à redouter la concurrence des fruits de l'Ontario. Le black knot et la pourriture brune (brown rot) sont à craindre, mais cette dernière maladie n’est pas aussi répandue que dans quelques autres parties du Canada.

Nouveau-Brunswicl.—Les variétés indigènes et les variétés américaines sont celles qui doivent former la base de la culture dans cette province, sauf dans les environs de la rivière Saint-ean, près de la côte. dans le district de Charlotte et dans quelques autres comtés où un petit nombre ie prunes européennes les plus rusti es viennent assez bien. Les hivers rigoureux et les gelées tardives du printemps font parfois tort aux prunes européennes. Le Llackknot est la maladie la plus répandue, Parmi les insectes, c’est le charançon qui cause le plus de dégâts. Les débouchés locaux sont bons, mais la demande est généralement satisfaite par des prunes venant d’autres provinces,

Québec. —A lexception de la rive sud du bas du Saint-Laurent, où les prunes européennes viennent à merveille parce que le fleuve n’est jamais entièrement reccivert de glace. et où l'on nou t cotp plus de prunes qu'on ne le fait actuellement, cette culture est principalement limitée aux variétés indigènes et Americana. Les prunes européennes donnent parfois des récoltes le long de la vallée d'Ottawa, dans le voisinage de Montréal et dans les cartons ce l'Est. mais les hivers sont trop rigou-

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reux pour que l’on puisse faire de cette culture une industrie régulière, sauf dans les endroits les mieux protégés. Dans l'Islet et Kamouraska où se produisent la plupart des prunes européennes et domestica, les eultivateurs font maintenant des conserves avee succès, Dans cette région la saison est très longue, quelques variétés se gardent jusqu'en novembre. Les prunes indigènes se vendent à de bons prix sur les marchés locaux. Quant aux grandes villes elles sont alimentées de prunes européennes par l’ouest de l'Ontario.

De toutes les maladies qui attaquent les prunes, le black knot est la plus répandue et la plus désestreuse. Il y a aussi un peu de brown rot (pourriture brune), la gale et les pochettes font beaucoup de mal aux prunes indigènes, qui, dans certains endroits, arrivent rarement à maturité à cause de ces maiadies, à moins qu'elles ne soient pulvérisées. Souvent aussi le charançon se montre désastreux lorsque les arbres ne sont pas bien pulvérisés,

Ontario.—Une grande partie de l'ouest de l'Ontario offre un climat favorable pour la culture des prunes européennes et japonaises et il se cultive une grande quantité le ces fruits, particulièrement dans le district de Niagara. Les prunes européennes viennent bien le long du jiac Huron, plus au nord. Parfois la récolte souffre des basses températures de l'hiver ou des gelées de printemps. Dans l’est de l'Ontario il est inutile d'essayer d’autres espèces que les prunes européennes les plus rustiques et encore ce n’est qu’occasionnellement que l’on obtient une bonne récolte de ces dernières, sauf dans les endroits très protégés, à cause de la rigueur de l'hiver. Les variétés indigènes et Americana viennent bien dans l'est et dans le nord du centre de l'Ontario. Les espèces hâtives se vendent à bon prix. Dans le nord de l'Ontario on devrait essayer les variétés indigènes les plus précoces.

Dans les districts à prunes la pourriture brune est la maladie la plus grave mais certaines variétés en souffrent peu. Quant au charançon on le combat par la pulvérisation.

Dans tous les vergers de prunes indigènes, la gale et les pochettes rendent la récolte très incertaine, à moins de pulvérisations soigneusement effectuées. En moyenne cependant, d’une année à l'autre, la culture des prunes paie assez bien dans l'Ontario.

Provinces des prairies.—Dans les provinces des prairies, à cause de la rigueur excessive de l'hiver, il n’y a que les variétés Americana et Nigra, les espèces indigènes et les hybrides entre la prune et la cerise des sables qui peuvent révssir. Les variétés hâtives sont les plus recommandables, car les Americana tardives ne mûrissent pas. Souvent les gelées de printemps empêchent le fruit de nouer même dans les espèces indigènes. On donne de bons prix pour les prunes indigènes lorsque l’on peut les obtenir,

Colombhie-Britannique—On peut produire de grandes quantités de prunes en Colombie-Britannique car le elimat est merveilleusement prorice à cette culture dans bien des régions de cette province. Les variétés qui supportent le mieux l’expédition sont les plus avantageuses. La prune italienne (Fellenberg) est la variété la plus cultivée. Les varié’ ‘aponaises réussissent dans les localités plus chaudes. Dans les districts secs, le: rnaladies font peu de äégâts mais sur les terres basses du continent la pourriture brune occasionne souvent de grardes pertes. De même les gelées de printemps réduisent parfois la récolte. Dans les districts humides, la mousse sur les arbres cause parfois des ennuis; on peut y remédier en pulvérisant les arbres avant que la végétation commence.

RECHERCHES SUR LES PRUNIERS A LA FERME EXPERIMENTALE CENTRALE D'OTTAWA.

Depuis 18$$, la culture des prunes à été constamment l'objet de recherche à la ferme expérimentale centrale. Ces recherches ont porté sur les objets suivants:

Essai de variétés en vue de déterminer la rusticité, la productivité et autres qualités. Cet essai, qui est l'un des plus importants, a porté sur un grand nombre de variétés.

Essai de différents genres de greffes et de différents sujets, Po’: conneître les sujets et les greffes les plus satisfaisants pour les diverses catégories de prunes,

Essai de divers mélanges et solutions en pulvérisations, en vue de combattre les insectes et les maladies cryptogamiques.

Nous avons soigneusement pris note des dates de floraison des différentes variétés : ces observations sont précieuses car il a été démontré par Waugh et d'autres investigateurs, que peu de variétés de prunes américaines sont auto-fécondes et qu’il est nécessaire, dans la plupart des cas, pour que les fruits d'une espèce nouent bien, d'avoir une autre espèce fleurissant en même temps.

On trouvera dans ce bulletin un tableau donnant l’époque de floraison des différentes variétés.

Les rendentents de chaque prunier ont été enregistrés séparément, ce qui nous permet de connaître les différences qui peuvent exister dans la productivité des différents arbres,

Nous avons donné beaucoup de temps à la création d'espèces de prunes par voie de semis, principalement des variétés américaines, et à l'essai de ces espèces ; quelques espèces de beaucoup d'avenir ont été produites et présentées. Nous nous occupons plus qu'autrefois de l'espèce indigène Prunus nigra. Enfin les croisements entre variétés ont également été l’objet de recherches expérimentales.

Le sol de notre verger, à la ferme centrale, n’est pas des meilleurs, C’est une terre sablo-argileuse légère: cependant nous en obtenons de bons fruits. Les arbres avaient été plantés au début à 20 pieds d’écartement en tous sens mais d’autres ont été plantés dans les intervalles, de sorte qu'ils se trouvent maintenant à 20 pieds par 10 pieds et quelques-uns à 20 pieds par 15 pieds. Il y a maintenant 323 arbres dans le verger. I ÿ a en outre un grand nombre d’arbres de semis distancés de 10 pieds en tous sens.

Voici le nombre des variétés de chaque groupe et de chaque catégorie dans le verger et la pépinière:

Groupe ou catégorie. Nombre de variétés.

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